YES AYAM, TIPAT CANTOK, BALIBOLA

PARTAGER SUR

YES AYAM, OU COMMENT UN WARUNG FRANÇAIS DE QUARTIER SE DISSIMULE DERRIERE UN JEU DE MOTS ANGLO-INDONESIEN
Dans un quartier populaire de Sanur où l’on croise autant d’expats que de Balinais se trouve actuellement le petit warung Yes Ayam. Petit est un qualificatif qui leur va bien en ce qui concerne la taille mais à celui-ci on pourrait aisément ajouter chaleureux ou décontracté. On y mange une cuisine française de tradition avec des plats qui tiennent au ventre comme au cœur : si je vous dis cassoulet, magret de canard, porc à la bière, poêlée campagnarde, escargots, terrine de poulet, filet de bœuf sauce forestière, tartare de bœuf… Cela a de quoi vous mettre l’eau à la bouche ? non ? Cette carte alléchante change quasi tous les jours. Vous pouvez même faire partie du groupe WhatsApp sur lequel vous recevrez le menu du jour. Ils sont souvent complets dans ce petit warung qui n’ouvre que 5 soirs par semaine alors n’hésitez pas à réserver. Et c’est donc pour cela que Damien qui œuvre en cuisine et sa femme qui vous accueille et vous sert toujours avec son charmant sourire vont bientôt déménager leur estaminet dans un espace plus grand. Ce sera un peu plus loin dans la même rue, Yes Ayam deviendra Paris’I (comprendre « par ici », eh oui Damien est fan de jeux de mots ! ) Ils ne souhaitent pas changer leur formule qui fonctionne plutôt bien mais y apporter quelques améliorations notamment dans la déco du lieu qui est effectivement pour le moment un peu spartiate. Paris’I aura une capacité d’accueil plus importante, un jardin et l’on y trouvera même un coin plus relax où prendre l’apéro. Le déménagement est prévu pour le mois de février, gageons que le succès sera au rendez-vous.
Yes Ayam, Jl. Batur Sari n° 27, Sanur. Ouvert le soir du lundi au vendredi. 0821-4407-3399

LE TIPAT CANTOK D’UNE HAPPY-GO-LUCKY
Pour 7000 roupies, eh oui 41 centimes d’euros, on peut s’offrir un vrai voyage qui ne permettra peut-être pas de concurrencer Marcel Proust et sa recherche du Temps perdu, mais pour moi, le tipat cantok de Bu Edy a tout de la madeleine de ce cher Marcel. Ibu Edy est généreuse et insouciante, elle a tout de ce Bali qu’on aime et qui s’effrite avec le temps. Elle refuse d’augmenter ses prix et sert souvent des portions trop copieuses. Au lieu d’acheter comme certains restaurateurs la sauce aux cacahuètes toute prête, elle met un soin particulier à passer au mortier ses arachides et à les écraser avec les épices et un ou deux piments selon le palais de ses convives. Dans ce warung comme il y en a des milliers sur l’île, on ne vient pas seulement pour manger bon marché mais aussi pour se reconnecter avec ce Bali qui échappe à la standardisation, aux citations sur les murs, à l’instagrammisation générale. Et puis, ce tipat cantok est une des icônes de la cuisine balinaise. L’art de ce simple mets consiste d’abord au tressage habile du récipient végétal qui servira à cuire le riz à la vapeur. Le riz très compact est ensuite accommodé avec du tofu, des germes de soja et des légumes et couvert de sauce comme un gado gado. Ne ratez pas en dessert son kolak pisang, un vrai délice à base de banane, lait de coco, sucre et feuille de pandanus, il vous en coûtera 5000 roupies de plus, une vraie fortune !
Warung Bu Edy, Jl.gunung Salak, Kerobokan (non loin de l’école SLK)

BALIBOLA, CONCEPT ET FLEXITARIEN
C’est le dernier lieu à la mode de Petitenget, tout y est tiré au cordeau pour les beautiful people qui sont visés par ce concept. Décor pastel à la façon des Parapluies de Cherbourg, citations incontournables sur les murs, jolies serveuses qui font tourner la tête et surtout décoration des plats poussés à l’extrême. Au moment où le mouvement anti-spéciste français sortait des tranchées pour donner l’assaut aux bouchers charcutiers du Nord (info ou intox ? aurait déclamé Ardisson), on se délecte à Bali de nouvelles saveurs végétariennes. Ou plutôt, on proclame ici une déclaration de foi flexitarienne. Kesako ? Certains entendent par là une certaine flexibilité dans le régime végétarien avec de rares écarts du côté du poisson ou de la viande, d’autres comme dans ce restaurant entendent ce terme au sens de remplacement de la viande par des substituts au soja ou avec d’autres protéines végétales pour imiter la viande. Ainsi, dans ce restau, les sate au porc du nasi campur trompent leur monde avec leur saveur mais n’ont pas entrainé la mort d’un des trois petits cochons ! Autre particularité de la carte, la « bola » qui compose le nom du restaurant, c’est une des 6 boules aux épinards, betteraves et autres saveurs qu’on peut commander en hors d’œuvre. Quant au reste de la carte, on y trouve la comfort food habituelle à Bali à base d’avocat et de wraps. Il y a une vraie volonté dans ce restaurant branché de rendre la cuisine végétarienne tendance, et ce ne sont pas les animaux qui vont s’en plaindre !
Balibola, Jl. Petitenget 8X, Seminyak. Tel. +62 812-9167-2276

PARTAGER SUR

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE