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Mon entreprise : les embouteillages

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Pour environ 10 000 roupies, les propriétaires de véhicules ne comptant pas trois passagers utilisent les services d’un ou deux joki, ce qui leur permet de pénétrer les fameux quartiers « 3 in 1 » du centre de Jakarta aux heures de pointe, le matin ou à la fin des horaires de bureau.
Ce système a été instauré afin d’offrir une solution aux célèbres embouteillages. Mais la ville accuse désormais les joki de rendre ce trafic encore pire. Les autorités leur font la chasse depuis longtemps et les envoient dans des centres de détention où ils doivent balayer et faire des pompes pendant quelques jours. Mais désormais la ville réfléchit à un nouveau système de cartes électroniques qui de fait rendraient les joki inutiles.

Le compte à rebours a donc débuté, et pas seulement pour les joki. En effet, les autorités de Jakarta estiment qu’en 2011 la ville devra faire face à une paralysie complète de la circulation. Déjà actuellement, les embouteillages coûtent 1,2 milliard de dollars à la ville en temps et carburant perdus, ainsi qu’en problèmes de santé. Rien pourtant n’a mis un frein au business florissant des joki. « Je ne pense pas que le système « 3 in 1 » fonctionne parce que le nombre de joki et de voitures augmentent en même temps, explique Asep, joki depuis l’âge de 10 ans, qui travaille aux heures de pointe le matin et en fin d’après midi et se relaxe à la mosquée entre temps. Mais même si cela ne fonctionne pas, je voudrais que les horaires soient élargis parce que le système est bon pour nous les pauvres ». Asep se place tous les jours au même endroit, comme des dizaines d’autres joki de tous âges et de tous sexes, à l’entrée d’une artère principale de Jakarta, et essaye de convaincre les automobilistes à l’aide de son index pointé vers eux. Les joki se replient quand une voiture de police passe à proximité mais reprennent leur place avant même que les lumières bleues ne disparaissent complètement dans le trafic.

C’est la manière dont Jakarta avance, lentement, avec un trafic routier en lambeaux que beaucoup comparent à l’Indonésie elle-même, au moins pour cette incroyable capacité à contourner ou se servir des lois et la force de son économie informelle. D’après les données fournies par la ville, 236 nouvelles voitures et 891 nouveaux deux roues apparaissent quotidiennement à Jakarta pour un accroissement annuel de 9.5%. Dans le même temps le nombre de nouvelles routes construites par le gouvernement local se situe juste au-dessus de zéro. Hendah Sunugroho, qui supervise les transports terrestres à l’agence locale des transports, explique que la ville veut remplacer le système « 3 in 1 » par un système de cartes électroniques appelé « Electronic Road Pricing », ou ERP, afin que les revenus aillent « aux gouvernements locaux et non aux joki. »

Mais des experts indépendants en transport affirment que le réel problème de Jakarta est dans l’inexistence d’un système de transports publics digne de ce nom. Selon eux, à cause d’un management défaillant et d’une mauvaise utilisation des fonds publics, les propositions concernant le développement d’un système ferroviaire ou d’un monorail n’ont jamais dépassé le stade de l’étude. Il fait peu de doutes que les joki ont donc probablement encore de beaux jours devant eux.

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