MARIAGES A BALI : DU GRAND SHOW INOUBLIABLE ORCHESTRÉ A LA BAGUETTE

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Avec les années, Bali a continué à conforter sa place mondiale dans le groupe de tête des « wedding destinations ». C’est une tendance de plus en plus en plus marquée que de profiter de la célébration de son mariage pour passer des vacances avec sa famille et ses amis. La spécificité de Bali sur ce marché repose non seulement sur l’extraordinaire concentration d’hôtels mais surtout sur l’offre de villas de rêves qui proposent un cadre enchanteur pour un événement exceptionnel. Karen Quarello-Morgan figure parmi les 5 premières wedding planners à avoir exercé à Bali depuis 2007 avec sa société Cher Ange Weddings and Events. Rencontre avec une pro qui a placé l’art de l’organisation du mariage au plus haut niveau…

Bali-Gazette : En donnant un nom français à votre société, cherchiez-vous à ne toucher que le marché français ?
Karen Quarello-Morgan : J’ai choisi une consonance française, douce et romantique, et je ne voulais surtout pas que figure le mot wedding sur mon nom de domaine, une manière de me distinguer de mes concurrents. En fait, en plus de 10 ans, je n’ai organisé que 5 mariages français. C’est beaucoup trop loin pour des Européens de réussir à déplacer 50 personnes pour leur mariage. Notre marché est presqu’exclusivement basée en Asie et en Australie. Et mes clients adorent entendre mon accent français quand je parle anglais, ça donne un petit côté chic qui correspond aux prestations que je fournis.

B-G : Sur quel créneau vous êtes-vous placée ?
K Q-M : Je fais du sur-mesure haut de gamme dans de magnifiques villas, je n’organise en moyenne que 20 événements par an qui sont concentrés sur la belle saison. Ça demande un an de travail en amont pour que chaque détail corresponde exactement aux caractères et aux goûts de mes clients et que nous atteignons l’excellence. Nous commençons par réserver la villa, les plus belles sont très demandées et de là découlera la date du mariage et l’organisation de l’évènement. Ce que les gens retiennent en premier d’un mariage, c’est respectivement le lieu, la nourriture et la boisson et enfin la décoration, alors nous donnons le maximum parce que Bali nous le permet, nous avons toutes sortes de prestataires haut de gamme et fiables qui nous permettent d’atteindre ce niveau.

B-G : Combien de prestataires en tout ?
K Q-M : Au moins huit. Bien sûr un traiteur qui gérera repas et boissons ; une société de location de meubles pour fournir les tables, chaises, sofas et autres ; un fleuriste décorateur; l’animation avec un DJ et/ou un groupe et parfois du feu d’artifice ; son et lumière avec la piste de danse ; un coiffeur maquilleur et son équipe ; une société de transports pour amener les invités ; et enfin photographe et videographe. Parfois, j’organise deux jours avant un apéro-sunset pour que les gens des familles respectives et les amis puissent faire connaissance et le lendemain du mariage, un post wedding BBQ qui permet en général aux mariés de vraiment profiter de leurs invités parce qu’ils sont trop stressés et occupés le jour du mariage. Parce que les gens viennent de loin, il faut les occuper, donc ça recouvre parfois des prestations complémentaires mais je refuse d’organiser les voyages de noces. Je veux rester concentrée sur ce que j’aime, le mariage, et tout ce que cet événement nécessite de maîtrise, d’exigence et d’expérience pour éviter les imprévus.

B-G : Jamais eu aucun raté ?
K Q-M : Non (avec un air très assuré), nous n’avons même jamais été désorganisés par la pluie. Si un client émet le désir de se marier au milieu des rizières, je vais doucement le ramener à la raison en lui parlant des moustiques et d’autres désagréments pour le convaincre de louer plutôt une villa avec vue sur de magnifiques rizières. Je dis toujours à mes clients dès le début que je suis là pour absorber leur stress. J’ai de l’expérience, j’anticipe, j’ai un background dans l’hôtellerie 5 étoiles et j’ai eu la chance de travailler avec Doudou et Said au lancement de Bali Catering Company juste avant de monter ma propre activité de wedding planner.

B-G : Pourquoi vos clients choisissent-ils Bali ? Est-ce l’effet « Eat Pray Love » ?
K Q-M : Il m’est arrivé d’organiser des mariages pour des couples qui n’avaient jamais mis les pieds à Bali, effectivement pour eux, ça relevait du fantasme et de l’imaginaire d’une île romantique, mais tout s’est bien passé. Pour tous les autres, ce sont les raisons que nous connaissons tous pour avoir la chance de vivre ici : une île magnifique, une religion hindouiste qui donne à voir, la gentillesse des habitants, un choix unique de villas de rêves, des prestataires haut de gamme et une concentration de restaurants et d’activités qui permettent de faire passer un séjour inoubliable. J’ajouterai aussi que pour beaucoup de clients, c’est un endroit de compromis un peu neutre qui rappellera aux Américains les vagues d’Hawaï ou aux asiatiques les rizières de leur enfance… Ce qui décide nombre de mes clients à opter pour Bali, c’est aussi que nous fournissons un événement haut de gamme, en général autour de 25 000USD pour 50 personnes (hors villa), dont l’équivalent exact en termes de prestations coûterait entre 40 et 50 000 euros en France.

B-G : Et pourquoi pas la Thaïlande par exemple ?
K Q-M : La Thaïlande ne propose quasiment que des packages dans les hôtels, c’est très standardisé et plus cher qu’ici bizarrement alors que l’hôtellerie est meilleur marché là-bas. Depuis 2012, Bali s’est vraiment imposée en Asie comme une destination phare pour se marier.

B-G : Alors justement, est-ce que les gens se marient vraiment ici ?
K Q-M : Non bien sûr (rires), c’est trop compliqué administrativement sauf pour les Australiens et les Néo-zélandais qui disposent d’un consulat général. D’habitude, on fait une bénédiction avec un prêtre, rarement avec un religieux balinais, ou bien même, c’est un ami ou un cousin qui va officier. Les couples se sont mariés administrativement dans leur pays d’origine et viennent ici uniquement pour réaliser un bel événement.

B-G : Le jour J, comment ça se passe ?
K Q-M : Outre les trois personnes qui travaillent avec moi en permanence, j’ai recours à 5 à 6 free-lances le jour du mariage. Nous nous relayons de 10h du matin jusqu’à minuit, les yeux rivés sur le run-down de l’événement qui a été finalisé une semaine avant, nous sommes tous reliés par talkie-walkie. On sait dans le détail qui se fait coiffer à telle heure et où, à quel moment arrive chaque prestataire. Au moment du point culminant de l’événement, nous serons tous les 6 sur le pont pendant la cérémonie, le cocktail et le début du dîner.

B-G : Comment fait-on pour choisir un bon wedding planner ?
K Q-M : C’est le bouche à oreille qui fonctionne le mieux mais j’avoue que j’ai réalisé des mariages avec des gens qui m’avaient trouvé sur Instagram ces deux dernières années. A l’occasion d’un événement au Mulia il y a deux ans, qui rassemblait les wedding planners de Bali, j’ai eu la surprise de déboucher dans un ball room plein à craquer où il y avait environ 350 à 400 wedding planners. Dans les faits, il y a une quarantaine de professionnels sérieux sur Bali.

                                                               Socrate Georgiades

www.cherange.com

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