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KOPERNIK : À chaque problème, sa solution ?

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Par Jeanne Dauthy

Il existe des dizaines d’innovations pour remédier à chaque problème en matière d’éducation, de santé, d’agriculture, d’environnement… Difficile alors de s’y retrouver lorsqu’on ne dispose pas de solides compétences techniques. L’association Kopernik s’est donc donnée comme mission de sélectionner des solutions efficaces et peu coûteuses, spécifiquement adaptées aux défis quotidiens que doivent surmonter des populations isolées dans l’archipel.

Recycler des bouteilles d’eau pour irriguer les cultures, accélérer le séchage des récoltes avec de nouvelles technologies, apprendre aux femmes à créer leurs protections hygiéniques… Pour Kopernik, il y a une solution à tout et pour tout le monde. «On travail sur place pour comprendre les besoins et les moyens d’une population. Nos équipes analysent, se documentent, parlent avec des experts et des universitaires et ensuite expérimentent plusieurs solutions sur place jusqu’à trouver la meilleure. On cherche la moins coûteuse, et la plus facile à reproduire avec les moyens disponibles», résume Cokorda Gede Bagus Suryanata, concepteur industriel et chef de projet pour Kopernik. 

Avec 90 % de leurs projets en Indonésie, l’association née aux États-Unis, a élu résidence à Ubud. Depuis dix ans, chercheurs et techniciens effectuent un travail de proximité avec les populations indonésiennes enclavées et défavorisées.

En plus du volet social initial, l’organisation s’est récemment lancée un nouveau défi : trouver des solutions environnementales, avec Bali comme zone pilote.

L’inquiétante plongée des coraux 

4 % des récifs coralliens de la planète se situent en Indonésie. 2.5 millions d’hectares de récifs, nourrissent et abritent de nombreuses espèces marines, protègent les côtes. Et surtout, ils représentent un atout touristique majeur de l’archipel.  Selon le “Bogor Agriculture Institute”, les récifs coralliens dans cette zone rapporteraient 54.000 USD par hectare et par an à l’économie indonésienne – 94% des recettes provenant des activités touristiques comme le snorkeling ou la plongée.

Mais aussi beaux soient-ils, les fonds marins sont extrêmement fragiles : en 10 ans, le récif corallien de l’Est de Bali, s’est vu totalement anéanti par le réchauffement climatique et le tourisme de masse. Alors Kopernik a sorti l’équipement de plongée. Depuis le mois de mars, l’équipe travaille à la régénération des coraux entre Candidasa et Padang Bay.

Leur solution ? La méthode dite de l’araignée de corail. Des morceaux de coraux  sont accrochés à des modules en métal(en forme de toile d’araignée) et à des bouteilles de bière vides . « La forme du support et leur stabilité, aide le corail à se fixer et se régénérer plus rapidement. C’est une technologie simple à mettre en place et trouver des bouteilles de bière à Bali, ce n’est pas bien compliqué », ajoute avec humour, Cokorda Gede Bagus Suryanata.

Cette méthode a été sélectionné après le succès du projet de réhabilitation du corail à Makassar, au sud de l’archipel. Là-bas, le nombre de coraux vivants est passé de moins de 10% à 60% en deux ans. Un design simple, des matériaux peu coûteux et une solution applicable sur différents sites. C’est ça l’esprit Kopernik. 

En partenariat avec Livingseas Bali, ils ont fabriqué et installé quarante structures dans la zone endommagée entre la plage de Candidasa et Padangbai. Si cette expérience se révèle être un succès, l’association espère pouvoir récolter des fonds et étendre leur méthode sur de nouveaux récifs.

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