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Renaissance de Margot Anand à Ubud

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Bali a toujours été hippie chic. Ce n’était pas pour rien l’ultime destination des routards des années 60-70, cette sorte de « terminus, tout le monde descend ! » sur la route qu’il fallait « faire », en partant de notre vieille Europe conservatrice et sclérosée, sur les chemins de Marrakech, d’Istanbul, de Kaboul, de Katmandou et de… Kuta, ces nouveaux horizons qu’ouvrait cet Orient salvateur pour la jeunesse. Margot Anand n’a pourtant découvert Bali qu’à la fin des années 90, à l’invitation d’un ami, mais cela a suffi pour qu’elle décide quelques années après de s’y installer. « J’ai tiré les tarots et c’était très positif. Je me suis dit que c’était là que j’allais vivre », explique-t-elle dans sa maison décorée par ses soins, où elle peint également de temps à autre, et qui se situe sur les hauteurs d’Ubud. Margot Anand a vécu dans tous les endroits essentiels à sa génération et il ne manquait plus que Bali à sa carte géographique des années contestataires.

Ses instituts d’éveil au sexe tantrique (France, Angleterre, Etats-Unis, Canada, Suède, Allemagne, Suisse, Autriche et Pays-Bas) tournent sans elle. Sa méthode, développée comme une science dit-elle, est reconnue et valorisée dans le monde entier. « Ils n’ont plus besoin de moi alors je suis là », dit cette Française née à Vevey en Suisse, parisienne pendant l’enfance, Rouennaise par sa mère et qui a connu le San Francisco mythique des années 60. Diplômée de la Sorbonne en philo, socio, psycho et histoire de l’art, elle a commencé sa carrière par le journalisme, étant basée notamment à New York pour couvrir la contre-culture américaine pour Paris Match. C’est elle aussi qui est envoyée au festival de Woodstock en 1969 pour le célèbre news magazine français. En 1970, elle cosigne avec Jean-Pierre Cartier « L’univers des hippies », sorti chez Fayard. Déjà, elle apprend le yoga, puis s’initie à l’école d’Arica, un enseignement spirituel sud-américain, au soufisme, puis surtout au tantrisme, en Inde, avec le maître Osho Rajneesh. A Madras, elle apprend « la voie de l’Unicité » avec Bhagwan et Amma, puis découvre le Zen avec Adyashanti, le shamanisme en Equateur et le bouddhisme avec Kalu Rimpoche et le Dalai Lama.

« Maintenant, ce qui m’intéresse, c’est la pointe de la méditation, une méditation basé sur l’indescriptible », explique-t-elle en fermant les yeux dans un langage qui échappe à la compréhension de votre modeste serviteur, néophyte en la matière. Margot Anand a donc un projet de méditation expérimentale et compte bien le développer ici à Bali. Elle a également un projet de CD musical avec un compositeur allemand et a commencé à travailler « une musique basée sur l’énergie et la conscience, Shiva et Shakti, alignée avec les fréquences planétaires. » Alors que le monde se tord dans les convulsions de crises économiques et financières à répétition, créant l’illusion que tout peut manquer de façon chronique, Margot Anand est persuadée à l’inverse que notre monde est celui de l’abondance et souhaite le faire savoir dans son prochain livre. « Je reçois des messages encore très flous sur cette notion d’abondance mais il y a une autre réalité, plus lumineuse » dit celle qui fut surnommée « le chemin de l’extase ».

Parmi les autres projets de cette grande dame, figure charismatique d’une génération et amie du gourou Deepak Chopra, une ligne d’objets de rituels mêlant, Feng Shui, Zen et hindouisme balinais. « J’aimerais créer une sorte de magie sacrée pour la maison avec des artistes balinais. Les gens devraient sacraliser plus dans leur maison », explique encore celle qui se dit dans « une renaissance, une mutation » à Bali. « A Ubud, j’ai planté une graine importante, j’ai eu une illumination au moment du défilé des Ogoh Ogoh avant Nyepi. Une transmission directe, l’appel. Ubud est un point central. Si on parle de cycle, c’est là que ça se passe », confie-t-elle au sujet de l’idée qu’Ubud est devenu la Mecque mondiale du New Age. « Je me sens très soutenue par les Balinais », ajoute-t-elle encore, reconnaissant à cette île et aux rituels pratiqués par ses habitants la valeur d’un modèle. « Je suis même plus touchée par la saveur de cette spiritualité des Balinais que je ne l’ai jamais été par celles des Indiens », confie-t-elle.

« L’art du rituel est important pour moi. C’est créer un mandala pour la conscience, tu entres alors dans un domaine magique », continue Margot Anand, assise en tailleur dans la grande pièce centrale de sa maison qui fut précédemment une galerie d’art. « Ici, j’ai découvert gratitude, simplicité, synchronicité. Cette île m’apporte douceur de vivre. J’ai pu faire un travail profond sur moi, un travail sur cette peur qui vrille nos sociétés occidentales. L’éveil, c’est un contentement stable, c’est ce que je vis ici », explique Margot Anand. Depuis trois ans, la créatrice du Sky Dancing est restée plutôt en retrait. Elle a seulement participé aux deux premières éditions du festival de méditation créé par Anand Krishna, l’auteur et philosophe indonésien (cf. La Gazette de Bali n°56 – janvier 2010). Alors qu’elle sort de cette léthargie volontaire, qu’elle s’ébroue et met en place ses différents projets, Margot Anand fait un dernier point devant nous : « Je me suis tue trois ans. Bali allait m’enseigner. J’ai laissé faire tout ce qui se passait, pour apprendre. Maintenant, je suis prête à mettre mes projets en marche. La vie m’a toujours amenée où je dois être. » La mue semble s’être opérée là, presque devant nos yeux ébahis. Bienvenue à la nouvelle Margot !

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