Papouasie : manifestations contre le racisme et pour l’indépendance

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——————UPDATE // 27 morts et 77 blessés en Papouasie suite aux manifestations à Wamena

La police nationale indique qu’au moins 27 personnes ont été tuées et 77 autres blessées suite aux manifestations ayant eu lieu dans la ville de Wamena, capitale de la régence de Jayawijaya, en Papouasie lundi 23 septembre.
“23 sont morts à Wamena, 4 à Jayapura – l’un d’entre eux était un militaire indonésien. ” a déclaré le porte-parole de la police.  Le lieutenant-colonel Chandra Diyanto, a ajouté ce mardi que les victimes sont mortes soit de coups de couteau, soit brûlées dans un incendie.
Dans ce contexte des milliers d’habitants de Wamena ont décidé de quitter leur maison et de se réfugier au quartier général de la police et de l’armée pour se protéger. 
Le chef de l’église de Wamena, Yohannes Djonga, a déclaré à BBC News Indonesia que tout a démarré lundi avec un incendie criminel au bureau du régent, mais aussi  dans les locaux de PLN et dans plusieurs kiosques de bord de route.
Selon Rudolf A Rodja -le chef de la police de Paouasie-  ces heurts et incidents seraient la conséquence d’une manifestation des élèves du lycée PGRI pour protester contre les déclarations racistes d’un enseignant. L’inspecteur général Rudolf A Rodja a indiqué à l’agence Antara que l’enseignant en question a été interrogé et qu’il nie les faits. 
Le général de brigade Dedi Prasetyo, chef du bureau de l’information de la Division des relations publiques de la police, a déclaré aux journalistes que la situation était « gérée par la police et le personnel militaire dans le but de réduire les mouvements anarchistes ».
Ces heurts ont entraîné l’arrêt temporaire des opérations de l’aéroport de Wamena lundi a déclaré le chef de l’aéroport de Wamena, Joko Harjani, à Antara.
A noter que le ministre de la Sécurité, M. Wiranto, a rencontré le commandant militaire indonésien Marshall Hadi Tjahjanto, chef de l’armée de l’air, le général Tito Karnavian, chef de la police nationale, et Budi Gunawan, chef de l’agence nationale Intelligence, pour discuter de la situation actuelle en Papouasie. 

Affaire à suivre.

——————Rappel des faits : manifestations Papouasie

Cette semaine, des manifestations pacifiques ont eu lieu à travers tout l’archipel. Les manifestants ont scandé : « nous ne sommes pas des singes » et « luttons contre le racisme ». En Papouasie, des milliers de personnes ont défilé dans quatre régences, y compris dans la capitale de la régence de Jayawijaya, pour demander au gouvernement de poursuivre immédiatement les auteurs de violences raciales contre les Papous. 

Pour rappel, après avoir accusé des étudiants d’université papous d’avoir endommagé un drapeau indonésien lors des célébrations du Jour de l’Indépendance, des groupes nationalistes les ont provoqués avec des insultes à caractères raciste, les appelant « singes », « cochons » et « chiens ».

Une rébellion indépendantiste sporadique contre le gouvernement indonésien fait rage depuis plusieurs semaines en Indonésie. Une série d’émeutes ont éclaté en Papouasie et dans plusieurs autres régions. L’un des derniers évènements en date étant la protestation contre l’arrestation de 43 étudiants indépendantistes. 

Mais la lutte contre le racisme est aujourd’hui mêlée à celle pour l’indépendance. Arborant le drapeau interdit du Morning Star, symbole d’indépendance, ils criaient également « la liberté pour la Papouasie ». « Lorsque nous parlons de lutte contre le racisme, nous devons aussi parler de la lutte pour décider de notre propre destin», a déclaré Albert, qui a dirigé les manifestations dans la capitale Jakarta.

Le dirigeant exilé de la Papouasie occidentale, Benny Wenda, a pour sa part déclaré que le traitement des étudiants papous n’était « qu’un exemple de ce que nous vivons quotidiennement depuis près de 60 ans ».

SOURCEantara
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