VILLA-BALI.COM, DAVID EN PASSE DE DEVENIR GOLIATH ?

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Depuis quelques années, Bali est devenu le laboratoire mondial de la location de villas. On compte aujourd’hui pas moins de 5000 villas sur l’ile des dieux. Et ça n’est pas fini… David Chambat, fondateur du site villa-bali.com et dirigeant de la société Villa-Finder basée à Singapour, est en peu de temps devenu un des acteurs majeurs de la location de villas à Bali. Il passe en revue avec nous les spécificités de ce marché à travers son expérience et son parcours.    

Bali-Gazette: David, dites-nous un peu qui vous êtes ?
David Chambat : je suis expatrié à Singapour avec ma famille depuis 2006, j’y ai notamment travaillé pour le groupe Air France, ce qui m’a donné envie de m’y installer. En 2012, j’ai eu envie d’acquérir une villa à Bali et j’ai pu rapidement constater qu’il existait peu de solutions pour leur commercialisation via internet. A l’époque il n’y avait aucune offre qui soit à la fois globale, claire et transparente et qui proposait une synchronisation des calendriers et la possibilité de réserver et de payer directement. D’où l’idée de créer en 2012 le site villa-bali.com.

B-G : Quelle est votre existence légale à Bali étant donné que votre société mère est basée à Singapour ?
D.C : nous avons une société locale basée à Bali et qui assure un service téléphonique 24h/24. Elle emploie 25 personnes, dont 10 commerciaux et 8 personnes en conciergerie, le reste étant dédié au marketing. Notre développement local passe également par l’élaboration d’une offre de services et d’expériences pour nos clients.

B-G : Par expérience, vous entendez « l’expérience villas »?
D.C : oui, effectivement Bali est une vraie destination pour « l’expérience villas ». Les clients veulent vivre quelque chose, ils veulent être ouverts sur la vie locale, sur le village… Des tendances se dessinent pour Bali, on veut faire des séjours yoga, des retraites spirituelles, un stage de surf, du kite surf…

B-G : Comment vous distinguez-vous de vos concurrents ?
D.C : par notre exhaustivité. Nous travaillons avec une centaine de propriétaires en direct et nous étayons également notre offre via des partenaires tels que Elite Havens, ce qui nous permet aujourd’hui de proposer environ 600 villas sur notre site. J’ajouterai aussi que nous nous distinguons par nos services aux propriétaires. A notre démarrage en 2012, il y avait environ 600 villas à Bali. Aujourd’hui, il y en aurait environ 5000. Deux raisons à cette explosion : des nouveaux projets qui voient le jour continuellement et l’apparition de nouvelles plateformes tel que Airbnb permettant à tout un chacun, propriétaire d’un bien immobilier, de le mettre facilement en location. Cela a eu pour effet un afflux énorme de biens sur le marché tant à Bali que partout dans le monde. Pour les propriétaires cela a changé beaucoup de choses, en particulier en termes de rentabilité. Les taux de remplissage et les prix baissent tandis que les coûts de fonctionnent ont doublé en 5 ans suivant l’inflation indonésienne. Les propriétaires sont moins relax qu’avant. C’est là où nous intervenons avec une offre ciblée de distribution commerciale et marketing au sein de Villa-Finder. On diffuse leurs offres sur de nombreux sites et on gère aussi la relation clients, en particulier la réponse aux emails qui est une activité chronophage.

B-G : Si le temps, c’est de l’argent, vous devez coûter très cher à vos clients ?
D.C : on peut considérer que le coût de la commercialisation correspond aujourd’hui à environ 25% des revenus générés par la location. Ce qui est évidemment une moyenne mais cela reste encore intéressant pour le propriétaire.

B-G : Quel est aujourd’hui l’avantage de passer par une structure comme villa-bali.com ?
Aujourd’hui avec Airbnb pour obtenir un taux de remplissage intéressant il est nécessaire de baisser les prix. Airbnb se veut le Google du voyage, cela passe par des prix toujours plus bas pour générer du volume. Nous, nous travaillons au cas par cas, et arrivons à remonter les prix des villas en multipliant les supports de diffusion.

B-G : Airbnb, c’est l’ennemi à abattre ?
D.C : je suis très admiratif de leur réussite et si aujourd’hui, le marché de la location saisonnière a explosé mondialement, c’est grâce à leur business model.

B-G : Comment qualifiez-vous votre société aujourd’hui ? Comme une agence immobilière ou comme une pure activité on line ?
D.C : là aussi il y a une évolution due aux changements du marché avec notamment l’arrivée d’Airbnb. Avant nous étions une pure société internet. Aujourd’hui nous sommes une société à mi-chemin entre les services hôteliers et l’agence de voyage. Nous avons réellement 2 métiers : la génération de trafic internet, un métier marketing qui est fait à Singapour, et l’autre, plus opérationnel qui est liée aux voyages, aux services clients, et à la conciergerie.

B-G : D’où vient principalement votre clientèle ?
D.C : pour Bali, l’Australie reste notre premier marché. Viennent ensuite les expats situés en Asie, une clientèle assez fidèle. On trouve également les asiatiques qui aiment les voyages tel que les singapouriens ainsi qu’une bonne part d’Indonésiens de Jakarta et des Malaisiens. Pour les européens, cela se limite à la France, aux Pays-Bas et à la Grande-Bretagne. On ne travaille pas la clientèle chinoise qui pourtant commence à voyager beaucoup sur Bali, notre offre catalogue n’étant pas adaptée à leurs goûts.

B-G : Est-ce que les goûts de la clientèle ont évolué ?
D.C : depuis 1 an environ on constate une nette évolution dans le type de villa louée, plus moderne plus claire et au style épuré. Avec l’arrivée incessante de nouvelles villas, les clients deviennent plus exigeants et certaines villas qui se louaient très bien sont en perte de vitesse.

B-G : Comment progresse votre business?
D.C : nous sommes encore à plus 30% par an de croissance qui sont dûs à la progression de la destination Bali qui elle-même croît de 5 à 10 % par an. Faisant partie des deux trois plus gros acteurs locaux, nous avons également bénéficié du report des clients des petites structures vers les grosses marques.

B-G : Et le futur de Villa Finder ? la destination finale de votre développement ?
D.C : nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins. Un vrai dilemme se pose pour nous : à savoir se limiter à l’Asie, nous avons ouvert la Thaïlande, le Sri Lanka et récemment l’île Maurice ; ou bien conquérir l’Europe et l’Amérique. Au niveau mondial, la difficulté reste la consolidation régionale. C’est avant tout un vrai business local et peu d’entreprises arrivent réellement à avoir une offre globale. Nous avons un portefeuille de 50 000 clients dans nos bases de données. Plus nous élargirons notre offre catalogue, plus nous pourrons développer le ré-achat de nos clients sur d’autres destinations via notre société. Ouvrir le Japon, l’Australie, Goa en Inde est en projet. Et d’ici 2 à 3 ans pourquoi pas un rapprochement avec une marque internationale. Nous sommes encore en plein questionnement sur notre développement, il y a beaucoup de problématiques locales à gérer.

Propos recueillis par Laetitia Fabreguette

www.villa-bali.com

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