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Une frégate s’informe en passant…

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La vue d’un bateau de guerre battant pavillon français à quai dans le port de Benoa n’a rien d’extraordinaire. Il s’agit d’une visite de routine. « La dernière fois, en 2002, c’est la frégate Nivôse qui était venue et il y aura d’autres visites encore », explique le commandant de la Floréal. Ces navires, basés à la Réunion, patrouillent depuis mars dans le cadre d’un déploiement décidé par l’amirauté. « Nous sommes là pour surveiller les détroits sensibles, comme le détroit de Malacca, observer le trafic maritime, renforcer la police des pêches et aussi évaluer les dangers liés à la piraterie », poursuit ce père de trois enfants qui est entré à l’Ecole Navale en 1985. Redoutablement équipée de toutes les dernières technologies de surveillance et dotée d’un hélicoptère Panthère, la Floréal est un bâtiment de près de 100 mètres de long qui embarque un équipage de 93 marins. Forts de tous leurs capteurs, la Floréal et son hélicoptère compilent un nombre extraordinaire d’informations. Des données qui peuvent être communiquées le cas échéant, aux autorités indonésiennes.

Outre la surveillance, le bateau français est aussi dans l’archipel pour effectuer une visite de « courtoisie » auprès de ses hôtes indonésiens. La France et l’Indonésie ont eu dans le passé des accords de coopération militaire tombés depuis en désuétude. Ces mouvements de bateaux français dans les eaux indonésiennes ont donc été l’occasion de renouer des liens et des « petits programmes d’exercice en commun ont eu lieu, notamment lors de l’escale à Jakarta », explique Marc Pennamen. Au programme : évolution combinée, émissions de signaux formatés, treuillage et exercice de recherche. Ces manœuvres sont aussi l’occasion de mettre en avant le matériel de guerre français et éventuellement de décrocher des contrats. « C’est vrai, nous avons également une mission de VRP de la technologie made in France », poursuit-il.

Le dernier volet concerne sa mission d’évacuation des ressortissants français. Une situation qu’il convient de réétudier à chaque visite en fonction des besoins. « Le consul honoraire Raphaël Devianne m’a fait part du nombre sans cesse croissant des Français qui résident à Bali », confirme Marc Pennamen. En cas de coup dur, catastrophe naturelle, instabilité politique ou problème sanitaire grave, un bâtiment comme la frégate Floréal devrait être en mesure de procéder à une évacuation. Mieux encore, explique le capitaine de frégate, puisque, si les circonstances l’exigent, « un commando peut être envoyé à terre à tout moment pour une intervention discrète et rapide ». Cependant, la capacité d’accueil à bord étant de seulement 200 personnes, ce n’est pas une frégate qu’il faudra envoyer en cas de pépin, mais une véritable armada…

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