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Trois boum qui changent tout

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Samedi 1er octobre : à nouveau, la Paix à Bali a été balayée en trois explosions mortelles. Trois explosions qui nous rappellent l’horreur du 12 octobre 2002. Trois boum qui changent tout et qui blessent même ceux qui, comme moi, ont eu la chance de ne pas se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Blessures au cœur, à l’esprit humain mais blessures quand même. Trois hommes, Indonésiens, jeunes, qui sacrifient leur vie pour mieux semer la mort et la terreur. Et nous restons stupéfaits avec une interrogation. Pourquoi ? Nous sommes sans réponse. Ou plutôt si, nous en avons, tellement multiples et barbares qu’aucunes ne nous satisfait. Bali, Madrid, Londres, Bali encore. Demain, ailleurs, ici, peu importe, il faut se rendre à l’évidence : nous sommes entrés dans l’ère de la terreur. Ces hommes-la sont programmés pour nous l’imposer, c’est leur guerre. Nous étions prévenus en 2002, on nous le confirme atrocement en ce premier jour d’octobre 2005. Les bombes, est-ce notre futur ici à Bali ?

Dimanche matin, la maison est calme, les enfants dorment encore et je suis assise au « bale » ; je sirote lentement le café noir qui doit me réveiller, jouissant de la beauté et de la sérénité du jardin dans la lumière brumeuse du petit matin. Je regarde nos colombes apprivoisées qui partagent paisiblement avec ces oiseaux libres (moineaux, tourterelles, et autres passereaux) venus comme chaque matin profiter de l’aubaine, les graines que j’ai éparpillées dans le gazon. Elles dansent en sautillant autour des grains dispersés, et mes yeux à peine réveillés admirent le blanc immaculé et vaporeux de leur plumage qui confère à leur allure un air de ballerine. Leur grâce m’émeut, mais d’un coup, une autre pensée calamiteuse m’envahit. La grippe aviaire. Ces douces colombes, symbole universel de Paix, vont-elles devenir une menace ici à Bali ?

La Terre elle-même nous rappelle avec force depuis des mois qu’elle est vivante et que nous ne sommes que ses hôtes. L’Homme méprise trop souvent Celle qui le nourrit et l’abrite. A hôtes malades, Terre malade. La planète a la fièvre, elle tousse, son sol tremble, ses océans se soulèvent et ses vents dévastent. Il serait inconscient de croire qu’ici, à Bali, nous sommes à l’abri de ces sautes d’humeur cosmiques, telluriques ou divines. Les volcans nous dominent, les failles nous cernent. La Terre se rebellera-t-elle, ici à Bali ?

Ce ne sont que des défis, connus ou inconnus mais toujours des défis que l’humanité doit affronter sur cette planète qui l’a vue naître, grandir et se développer. Cette Terre reçue en cadeau et dont Bali est un des plus beaux joyaux, allons nous la perdre, par folie, par maladie, par catastrophes plus ou moins naturelles ? Serons-nous assez forts et assez sages pour rester le peuple intelligent de la Terre ? Et serons-nous assez intelligents pour arrêter la terreur, prévenir les épidémies et sauver notre Terre qui est si belle ?

Je suis assise sur mon Bale, le soleil se lève, les oiseaux picorent, mes enfants se réveillent, viennent m’embrasser et je veux le croire de toutes mes forces.

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