LE TRAIN-TRAIN PAS QUOTIDIEN

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J’imagine que beaucoup d’entre nous ont une anecdote ou deux à raconter sur cette période si particulière de l’éruption du Mont Agung. Moi, je n’ai pas fait partie des gens qui ont – malheureusement – fui notre belle île mais de ceux qui, impatients d’y revenir après un séjour à Java, se sont trouvé bloqués par la fermeture de l’aéroport. Fermeture fort brève mais, comme on nous avait aussi annoncé une tempête tropicale, mon chéri et moi avons préféré l’option « lentement mais sûrement » : le train. De nuit. Et pas l’itinéraire le plus court mais celui où il y avait de la place : Bandung-Surabaya. Je n’avais pas pris ce moyen de locomotion ici depuis 1999 ; c’était donc une occasion pour moi de tester la modernisation du système ferroviaire et d’admirer ce qui reste des bananeraies et des rizières.

Au départ de Bandung, troisième ville de Java, on a appris incidemment que notre voie était celle du fond. On a dû vite traverser les rails sans supervision, franchir un wagon désaffecté puis redescendre de l’autre côté pour monter dans le nôtre. Original ! Lorsque, après un long détour, le train a bifurqué vers l’Est, tous les passagers se sont levés, ont fait pivoter leur siège à 180° et hop ! On était de nouveau tous assis dans le sens de la marche – la classe ! En revanche, j’ai moins apprécié les néons éblouissants toute la nuit mais ceux qui craignent les voleurs et les esprits ont dû se sentir rassurés. Sinon, je m’étais demandée auparavant si on allait crever de chaud ou peler de froid : c’est le deuxième cas qui s’est produit, il y avait l’air conditionné.

En fait, pas grand-chose à voir avec mon expérience précédente où j’étais également en classe Eksekutiv, ce qui m’avait donné droit à un siège de bois lisse mais glissant tandis que des dizaines d’Indonésiens passaient, eux, la nuit allongés par terre et jusque dans le couloir. Et pourtant les plus souriants au réveil, c’était eux, éblouis et ravis des premiers rayons de soleil éclairant les bananeraies – une vraie leçon de vie pour moi !

Les Indonésiens ont, semble-t-il, bien sauté dans le train du 21ème siècle : il y a partout des prises pour brancher son smartphone… alors tout le monde a son nez dessus. Plus trop d’incidents, mais plus de rencontres non plus ! On s’y ennuie désormais comme dans nos élégants TGV français – la perfection n’est pas de ce monde ! Du coup, je vous écris du train. Un peu d’aventure nous attend cependant : il parait qu’à Surabaya, on risque d’être bloqués par des inondations…

Nancy Causse

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