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Tous des malades !

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Le billet de Didier Chekroun

Comme le suggère toute cette mascarade aux aéroports, le peu sexy Covid-19, dernier cri des produits “made in China”, fait un tabac ! A vrai dire, c’est moins le virus lui-même que tout le cinéma autour qui me rend malade. Ici point de pontage, mais un pompage coronarien en règle : alors bas les masques car toute cette paranoïa me donne la nausée ! Pourtant, contrairement à TOUS les autres pays limitrophes, les autorités nous assurent que la vilaine bactérie n’a pas réussi à tromper la vigilance des douaniers de l’archipel. Le miracle à l’indonésienne ! De toutes manières, la contagion de la maladie est moins néfaste que celle de l’ignorance. Si l’absence de touristes bouffeurs de chauves-souris ne représente pas un traumatisme pour la vie nocturne (puisqu’en dehors des toko oleh-oleh, ils ne visitaient rien), profitons de l’occasion pour prendre la température de la night balinaise et procéder à un check-up de sa santé. Ici, à défaut de Corona, sévit la Bintang et son féroce marcel. Selon les chiffres de l’OMS, on dénombrerait plus 10.000 victimes porteuses de l’horrible vêtement en club, et ce, sans que la communauté internationale ne s’alarme ! Au très aseptisé Omnia, pas d’infection, mais si la soirée du trop commercial label Defected n’avait rien a voir avec le fait de déféquer, qu’on se le dise: la musique, c’était de la merde ! Autre épidémie sur l’île: la surenchère de noms débiles donnés aux clubs. Ibiza in Bali a été le premier foyer infectieux, rapidement suivi par Who’s Your Daddy. Mais que dire de ShiShi qui veut littéralement dire “pipi” en chinois (encore eux !) ? En parlant d’urine, soucieux de la santé des clubbers, les stups ont procédé à quelques tests ces derniers temps. Mais ils ont été pris en grippe par le dance floor. Autre pathologie en vogue, les DJ requests, maladie qui consiste à confondre disc jockey et jukebox. Un mal symptomatique du besoin d’attention et du manque de curiosité musicale. Par pitié, ne faites pas de vos frustrations une maladie contagieuse. Autre fléau nocturne, les crétins torse nu, enragés et agressifs qui roulent en moto à Canggu, imbibés de vodka low-cost. Pour eux, même Pasteur ne peut rien: il faudrait les piquer ! Après examen plus approfondi, il a été constaté que les maux ne sont pas les mêmes selon les quartiers. Pour les porcelets de Kuta, c’est rougeole et obésité. L’asthme frappe surtout les victimes des embouteillages devant la Favela. A Jungle, c’est la consanguinité qui guette les Russes, à force de rester entre eux. L’hypertension artérielle s’attaque aux excités survitaminés d’Opera.
A Red Ruby, passée une certaine heure, méfiez-vous des MST. Et puis au réveil, le lendemain, c’est Alzheimer qui attend toutes les épaves de la nuit. Enfin quelques nouvelles médicales pêle-mêle. Halte aux dresscodes contraignants qui traitent les vacanciers en tongs comme des lépreux. Gare au nez qui coule à force de confondre WC et Medellin. Attention, le suisse allemand n’est pas une langue mais une maladie de la gorge. A Vault, après des débuts prometteurs, la machine s’est sérieusement grippée et les nuits y sont bien calmes. Enfin, si vous êtes jeunes mais que vous vous sentez un peu différent de la masse en claquettes, rassurez-vous, ce n’est pas une maladie. Par contre la conformité est contagieuse. 

Diagnostic final ? Nul besoin de quarantaine ou d’amputation. Vous l’aurez compris, tout va plutôt bien pour la night balinaise. Et même si c’est parfois n’importe quoi, c’est un peu le but recherché… une médecine parallèle contre les maladies les plus courantes: la diarrhée verbale et la constipation mentale.

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