MON BALI Raphaël Marti aka DJ Raff Track

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Né en 1986 à Marseille, Raphaël Marti grandit dans une famille à la fibre artistique très développée. Son grand-oncle n’est autre que le danseur et chorégraphe Maurice Béjart. Après des études de techniques de commercialisation qui ne le passionnent pas…il trouve sa voie à Bali et devient DJ Raff Track : DJ et producteur musical. Ses platines diffusent de la techno minimaliste et de l’électro, il se nourrit particulièrement de l’underground berlinois et la scène techno française. Ce musicien à deux cordes sensibles : la protection de l’environnement et les animaux. Mettez votre casque et ouvrez grands vos oreilles pour suivre un musicien engagé, dans ses bonnes adresses du sud de Bali !

Propos recueillis par Meryam El Yousfi

Qu’est-ce qui vous a amené à Bali ?
La moitié de ma famille est basque et c’est comme ça que dès 8 ans je me suis mis au surf. Ca fait partie de ma vie. Et il y a des vagues partout à Bali. C’est un peu comme si un Dieu avait posé un doigt sur l’île en disant : “ici, ça sera la perfection pour le surf”. A partir de 2008, j’y viens et reviens plusieurs mois par an, régulièrement, jusqu’à définitivement y poser mes valises en 2014. L’occasion pour moi de vous donner une super petite adresse familiale où j’ai vécu les deux premières années : Thomas Homestay (Uluwatu). C’est très simple et modeste, pour les petits budgets et les surfeurs, mais avec une vue à couper le souffle! Et les pieds dans l’eau.
Une autre bonne adresse pour les surfeurs c’est le “Drifter surf shop” à Uluwatu, Seminyak et Berawa (https://driftersurf.com/). Mais ça nécessite un certain budget puisqu’ils surfent sur la vague du hippy. Oui car il faut avoir un peu d’argent pour être hippy de nos jours. (Rires)

Et c’est à Bali que vous trouvez votre voie professionnelle ?
De part le milieu dans lequel j’ai grandi, j’ai toujours été fasciné par les gens qui dansent et c’est comme ça que j’ai rêvé de jouer de la musique pour les danseurs, dès 15/16 ans. Donc la musique est arrivée très tôt dans ma vie. J’ai commencé à mixer vers 17 ans mais ce n’est que bien plus tard, à Bali, que je songe à en faire un métier. Au club Jenja, j’assiste à une soirée du DJ britannique Damian Lazarus que j’appréciais particulièrement et là, face à cette énergie de la scène, en direct, avec un public, c’est la révélation. Pour ceux qui veulent comprendre et découvrir la musique électronique, je vous recommande d’écouter ses podcasts sur http://lazpod.com/.

Alors les bonnes soirées à Bali, ça se passe où ?
D’abord, je ne sors pas tant que ça puisque je joue moi-même, difficile d’être partout en même temps et je tiens aussi à garder une certaine hygiène de vie. Et puis, je vais être franc : il y a beaucoup de mauvaise musique dans les clubs à Bali, pas besoin de les nommer. Pour moi, le cadre n’est pas vraiment important, ce qui compte c’est le DJ qui joue. Les grands lieux incontournables étaient feu le Koh et le Jenja. Et ceux qui ont des crew de qualité maintenant ce sont La Brisa à Canggu (et quel cadre !), le Red Ruby (à Seminyak) sous la direction musicale de James Taylor et aussi un crew underground auquel j’appartiens : Desoner (Instagram : desonerbali). On fait des soirées 7/7, jusqu’à 4h du matin, sur le parking en face du Island Beach bar (Canggu). C’est pour ça qu’on est 21 DJ membres de ce collectif. On est trois à mixer tous les soirs et on a l’un des meilleurs sound system du milieu.

Tout ce surf et ces soirées ça doit creuser l’appétit… des tables à nous conseiller ?
Le restaurant Casa Asia à Ungasan tenu par un couple d’italiens qui nous régalent dans une ambiance conviviale. Je le dis : c’est la meilleure pizza de Bali ! Et non ça n’est pas de l’exagération marseillaise. A cette table, on se sent comme à la maison. Ils pratiquent des tarifs très raisonnables, avec des produits de qualité. Il y a aussi Warung Yeye’s (Pecatu) car j’ai un coup de coeur pour leur Indian curry et aussi leur Nasi Campur qui est un peu plus élaboré que dans un warung classique. Et quand je veux faire un dîner avec une fille, simplement, c’est le genre de restaurant que je choisis : le cadre est très agréable, en plein air. Pour une table plus romantique et sophistiqué, allez au Mana (Pecatu). Ce sont les mêmes propriétaires que Uluwatu Surf Villa : une super adresse pour une escapade avec une vue imprenable sur Uluwatu depuis la falaise.

Vous suivez un régime alimentaire en particulier ?
Je suis végétarien, suite à un longue réflexion, ça ne s’est pas fait en un jour. De manière générale, je milite pour que chacun choisisse des bons produits, non transformés, il faut arrêter avec cette bouffe industrielle qui détruit la planète et nos corps. La super adresse pour les courses, c’est donc la chaîne Bali Buda qui a 5 magasins ici (http://www.balibuda.com/). Ils font partie des pionniers sur l’île et font un super travail auprès des producteurs locaux pour promouvoir l’agriculture biologique. Et puis, il y a bien sûr The Shady shack (Canggu) quand on veut se faire plaisir sans trop penser aux calories.
Sinon pour ceux qui souhaitent faire des cures spécifiques, je conseille Alkaline (Canggu) qui est donc une alimentation plus exigeante basée sur l’acidité des aliments. Ils proposent une cuisine alcaline, crudivore, vegan, sans gluten, sans sucre. Cela fait du bien à mon corps de temps à autre.

Vous n’êtes pas vraiment dans la mouvance des DJ bling bling, comme cela se traduit au quotidien ?
Je trouve l’idée de la starification complètement ridicule et dangereuse. Ce qui compte c’est le contenu qu’on joue, peu importe notre personne. J’ai toujours été préoccupé par le sort de cette planète parce qu’à Marseille, dans mon quartier au coeur d’une pinède, la nature est toute proche, idem au pays basque, et pareil à Bali. J’ai toujours vécu dans des lieux où je pouvais vite me mettre à l’eau et me ressourcer.
J’observe l’évolution de Bali et ce que je vois m’inquiète. Mais il y a des acteurs qui vont dans le bon sens. Eco Bali (https://eco-bali.com/) fait un travail formidable en proposant notamment des poubelles de tri et leur collecte hebdomadaire, dans le but de promouvoir et développer le recyclage. C’est l’une de mes contributions pour la planète. Il y a aussi R.O.L.E (http://rolefoundation.org/) qui sensibilise à la cause environnementale. Je vous invite à donner de votre temps ou votre argent à cette fondation. Pour du shopping intelligent à base de cassava et qui lutte donc contre le plastique à base de pétrole : Avani Eco (https://www.avanieco.com/) : poncho, sac, paille, vaisselle biodégradables. Enfin, l’association Bawa (http://bawabali.com/) qui protège les animaux et notamment les chiens.

Autre manifeste visible de votre engagement, votre maison en bambou.
C’est grâce à la Green School qui m’a permis d’en apprendre énormément sur le bambou. Ils ont une société de design : Ibuku (https://ibuku.com/) et donc l’architecte Elora Hardy a conçu ma maison qui est presque biodégradable, y a très peu d’apport de matériel supplémentaire au bambou. L’agence repousse les limites de cette matière tout en se reposant sur les compétences et les savoir-faire ancestraux d’artisans locaux. Tout est fait main. Attention, bâtir une telle maison et surtout déléguer tout le projet de A à Z, cela représente un budget important. Environ
120 000 euros pour ma maison de 150m2. Ça a été très
serré pour moi de rester dans le budget. C’est beaucoup mais c’est une forme d’engagement envers l’environnement dans lequel je vis. Je ne me voyais pas construire une maison trop polluante.

Alors, Bali c’est le paradis?
Haha…c’est une très bonne question mais qui demande réflexion.
Le paradis on se le crée au quotidien et dans la tête aussi. J’ai la chance de pouvoir beaucoup voyager et je me suis rendu compte qu’il n’y a pas d’endroit parfait. On a toujours besoin un peu de batailler pour atteindre cette notion de paradis ou de bonheur. Ici, je peux pratiquer mes deux passion (surf et musique), peu d’endroits m’offrent une telle possibilité, donc oui j’ai trouvé mon petit paradis. Mais Bali en soi, c’est un paradis qui est en train de se perdre, une île qui doit gérer des défis écologique, démographique et de gouvernance. C’est un paradis qui peut tourner au cauchemar très vite pour beaucoup de gens. Un paradis menacé, à protéger de toute urgence !

Les productions de DJ Raff Track https://soundclound.com/rafftrack
Son podcast https://soundclound.com/rafftrack/sets/naturelast-dreams

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