MON BALI par REBECCA-VICTORIA SANSOTTA

PARTAGER SUR

Qu’est-ce qui vous a amenée à Bali ?
Le hasard des rencontres aux Philippines sur une plage, j’ai suivi une amie espagnole. Mon premier séjour ici, c’était en février 2018, l’an dernier, pendant deux semaines, je n’avais pas vraiment accroché sur le moment. Mais quand je suis repartie aux Philippines, j’étais habitée par le côté spirituel d’Ubud, une idée fixe, j’avais vraiment envie de retourner à Bali avec l’objectif de vivre à Ubud mais pas en nomade, je cherchais un vrai job légal dans une société avec pignon sur rue et j’ai trouvé rapidement.

Que faites-vous maintenant ?
Je suis arrivée en mai dernier et je travaille à présent pour une société de gestion de biens immobiliers, nous nous occupons du recrutement et de la formation du personnel, de la maintenance des villas et de tout l’aspect comptable. C’est un monde nouveau pour moi, ça me plaît, ça va vite et ça me permet surtout de travailler avec des Indonésiens et de connaitre leur monde de l’intérieur. Avant je travaillais dans le marketing et la communication pour pour des entreprises qui font du chocolat, rien à voir.

Avez-vous réalisé votre rêve de vivre à Ubud ?
Non, pas du tout [rires] Je vis à Kerobokan, pas trop loin de mon entreprise. J’ai tenté un peu Canggu à mes débuts mais ça ne me convient pas du tout, je n’ai pas trop d’affinités avec le monde des nomades digitaux qui sont des privilégiés qui vous regardent de travers parce que vous mangez un nasi goreng et que ce n’est pas assez healthy et superfood. J’aime l’authentique et la rencontre avec les locaux, pas envie de vivre dans une bulle dans une « superficialité sous stéroïde » comme je l’appelle, je trouve que ça manque d’équilibre de se couper à ce point du pays qui vous accueille. Bref, je me plais beaucoup à Kerobokan et je vais aussi souvent que possible me perdre à Ubud, manger des glaces à la coco chez Tuki’s ou du babi guling chez Ibu Oka.

Vous aimez beaucoup les chiens et il y a à faire à Bali dans ce domaine, n’est-ce pas ?
Les chiens, c’est ma vraie passion. En fait, quand j’ai décidé de quitter la France en 2017, je suis d’abord passée par le Québec, je m’occupais de chiens de traineaux là-bas par -30°C, un vrai bonheur. A Bali, bien sûr, il y a beaucoup à faire pour le bien-être d’une des plus vieilles races de chien au monde. Une partie de mes loisirs, je les passe avec une association du nom de Seva Bhuana qui fait de l’éducation au sujet des chiens et qui travaille aussi avec Bali Pet Crusaders et Mission Paws’ible pour la stérilisation. Un programme intitulé Proyek Peduli a été lancé il y a un mois demi dans le nord de Bali dans la région de Buleleng parce que c’est là qu’il y a le plus à faire. D’abord, il faut savoir qu’il n’y a aucun vétérinaire au nord d’Ubud parce qu’il n’y a pas de marché lucratif pour eux, les propriétaires solvables d’animaux vivent tous dans le sud de l’île. La deuxième chose que j’ai découverte aussi, c’est que certains propriétaires balinais ont peur de faire souffrir leurs chiens en les stérilisant, donc on les sensibilise au fait que c’est indolore. En faisant ce travail d’éducation, on permet aux Balinais de comprendre qu’il faut réguler la population de chiens errants, non seulement pour réduire les abandons mais aussi pour maîtriser la rage encore présente dans le nord. La dernière partie de notre travail concerne un sujet un peu tabou, c’est la viande de chien qui est censée donner de meilleures érections en vertu de sa qualité super-protéinée… Bali figure en cinquième position sur la liste des lieux d’Indonésie où on consomme le plus de viande de chien. C’est devenu interdit dans le sud de l’île mais dans le nord, c’est encore très répandu entre autres parce que ça rapporte plus de vendre des sate de chiens que de travailler comme manœuvre. Alors, on explique que la viande de chien est dangereuse en raison de la rage, du poison parfois utilisé pour les tuer et que ça donne le cancer parce que ça contient trop de protéines… Un dernier mot sur l’initiative de deux Indonésiens qui ont ouvert un refuge qui s’appelle The Bali Dog Halfway House grâce à des dons de dog lovers du monde entier, il faut les soutenir et puis arrêter d’adopter des chiens si on ne peut pas s’en occuper à long terme, ce sont des animaux sensibles qui s’attachent.

Et pour les sorties, toujours avec les chiens ?
Si vous voulez sortir avec votre toutou, vous pouvez aller chez Nook ou Milu by Nook, les chiens sont les bienvenus ainsi qu’à Milk and Madu. Moi j’aime bien partager avec les copains un watermelon cocktail à Ling-Ling’s sur Petitenget, on vous sert un grand cocktail dans une pastèque à partager avec vos amis, l’ambiance est fun, bonne musique des années 90-2000 et on peut même danser. Sinon, c’est le 707 sur la plage de Batubelig pour la house et la deep house, une ambiance assez mélangée, indo et expats de tous les âges, ça fait du bien.

Pour vous, est-ce que Bali rime avec paradis ?
Si c’est un paradis, je dirais qu’il est à la fois bordélique et organisé. C’est un endroit extraordinaire pour vivre et en fait très équilibré mais cet équilibre ne frappe pas au premier abord. C’est parfois aussi choquant qu’enivrant, c’est cet équilibre des extrêmes qu’on trouve à Bali et qui me plaît infiniment. Il faut aller gratter derrière les images de rêve de Facebook et d’Instagram et se faire une idée par soi-même.

PARTAGER SUR

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE