MON BALI par JANE CHEN

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Jane Chen - Bali-Gazette

Qu’est-ce qui vous a amenée à Bali ?
Ca fait 34 ans que j’y habite, je suis née à Jakarta.
J’ai fait des études d’art à Jakarta et je me suis spécialisée dans la céramique. A la fin de mes études, j’ai travaillé à Jenggala Keramik pendant 5 ans. Rétrospectivement, je dirais qu’on n’arrive pas à Bali par hasard, j’ai ressenti vraiment comme un appel très profond, il y a énormément de potentiel à Bali, et toute la vie repose là-dessus. J’ai été fascinée dès mes débuts sur l’île par l’esprit de création qui règne ici.

Que faites-vous maintenant ?
J’ai été pionnière depuis 1988 dans la création de savon et d’encens avec ma marque Nacha Naturals qui existe toujours. Pour le reste, je cultive mon développement personnel à travers la pratique du yoga de la voix,
la danse, les masques et toutes sortes de retraites et de séminaires que j’accueille chez moi, je dispose d’un grand joglo dédié à cet usage.

Cultivez-vous aussi vos racines chinoises à Bali ?
J’ai grandi dans une famille où on célébrait Imlek et la fête de la pleine lune qui a lieu en septembre.
En 1965, lors du coup d’état, l’école que je fréquentais à Jakarta a été fermée comme toutes les écoles où on enseignait en chinois, et nos livres ont été brûlés. Je ne me sens ni chinoise, ni indonésienne, juste la résultante de toutes les couches de culture qui m’habitent et qui entrent en résonance avec les lieux que je fréquente. Par exemple, la découverte du tembang javanais (une sorte d’opéra et de mise en musique de poème) a été une révélation pour moi et j’ai vraiment senti que c’était une partie de ma culture. Pour revenir à votre question, je ne célèbre plus Imlek intentionnellement, je suis un peu dans la célébration de la vie tous les jours et je ne vois pas où est le caractère sacré de la fête dans tous ces cadeaux recouverts de plastique qu’on trouve dans les supermarchés pour Noël ou le Nouvel An chinois. Mais j’ai gardé précieusement la dernière enveloppe rouge que m’a offerte ma mère avec un billet
de 20 000 roupies.

Le plastique, c’est un cheval de bataille ?
Je fais la chasse aux plastiques chez moi, c’est un combat que nous devons tous mener personnellement. Même quand je vais au warung, j’apporte mes containers en inox plutôt que d’utiliser les boites en styrofoam.
Mais malgré tous les plastiques qui jonchent les plages de notre chère île, Bali continue à attirer.

Pour vous, est-ce que Bali rime avec paradis ?
Bali est une sorte de catalyseur d’énergie, qui vous aime ou vous rejette, entretenu par toutes les cérémonies et offrandes qui y sont réalisées chaque jour. Je participe moi-même à des cérémonies du cacao ou du tabac, chacun fonde ici un peu sa propre religion. Bali est un endroit où on apprend à être meilleur, pour soi et pour les autres.

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