Melting pot

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« Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains…Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur ! » Le village auquel je pense n’est pas en Armorique et la révolte que j’exprimais dans mon billet du mois dernier, est partagée par les habitants de Berawa, qui combattent bel et bien l’invasion de béton, pourtant inéluctable hier encore. Rien n’est joué, et à l’heure où vous lirez ces lignes, la loi de l’argent aura peut-être pris le dessus sur la raison, car bien mal acquis ne profite jamais qu’à ceux qui sont assez malins pour ne pas se faire épingler. Mais je tenais à souligner la beauté du geste. La légendaire magie balinaise va-t-elle opérer ? Parfois je me dis que la manière corse de protéger le littoral a son charme. Ah le plastique c’est fantastique ! Loin de ses menhirs, la Bretagne s’est invitée à Bali cette année. De mémoire de marin, on n’avait jamais vu ça : depuis des semaines, il pleut tous les jours à partir du sunset. Et des cordes, à faire frémir les amateurs de bondage. Oubliez transats et cocotiers : sur les plages, c’est ambiance Pointe du Raz et ramassage de bigorneaux en cirés et bottes en caoutchouc. A défaut de cocktails, on sirote du chouchen près de la cheminée. Les têtes de bulots qui faisaient des selfies dans les beach clubs branchés sont au bord du suicide et les réseaux sociaux ont beau bombarder des photos de rêve pour attirer les mouettes aux différentes fêtes ; c’est du pipeau !
A moins de trouver une potion magique pour dire « kenavo » à la pluie, il va falloir attendre que Toutatis soit mieux disposé ou qu’un hypothétique anticyclone des Açores fasse son apparition. A ce sujet, voilà que le Portugal déboule aussi. En effet, le très lusitanien Bpm festival débarque. Poisson d’Avril ? Non ! Point de porto ni de sardines, mais quelques maquereaux, pas mal de morues, beaucoup de crevettes et de la bonne techno à défaut de fado: Stacey Pullen à Jungle, Marco Carola à Courtyard et de nombreuses « before » et « after parties » à Kudeta, Double-six Rooftop, Old Man’s ou The Lawn sont annoncées. Vous l’aurez compris, le plus moustachu des festivals electro va largement occuper nos nuits printanières. Caramba! Autre tendance forte du moment: en plus des intempéries, il souffle un vent latino. Apres Barrio & co., Escobar ou Rebenga, voici Destino et el Nacional pour compléter le cartel des bars à fiesta. Cuba libre, tequila shots, tapas tex mex, cohibas, soirées salsa et Machete lui-même, version Laskar Bali en videur à l’entrée : dorénavant il va falloir de belles paires de « cojones » et un look « bandido » pour draguer les chicas et leur en mettre plein la vue! Mais, rassurez-vous, comme au royaume des aveugles, les borgnes sont mal vus, le marcel Bintang devrait toujours fonctionner ! Vous l’aurez compris, pour le meilleur comme pour le pire, Bali reste fidèle à elle-même : cosmopolite mais ancrée dans ses traditions. Facile à vivre mais exigeante à la fois. Car comme dit le fameux proverbe tchétchène : qui boit sans soif vomira sans effort.

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