MASAKO SWEETS, UNE PATISSIERE JAPONAISE DE PASSAGE A BALI

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Les pâtissiers japonais ont conquis leurs lettres de noblesse depuis de nombreuses années au niveau international. Avec deux médailles d’or et sept d’argent remportées à la coupe du monde de pâtisserie qui se tient tous les deux ans à Lyon, et la victoire de Meilleur Pâtissier 2018 de Mori Yoshida qui détient un célèbre établissement dans le 7ème à Paris, la contribution japonaise à cet art si précis et sophistiqué est plus qu’indéniable. Nous avons eu la chance de rencontrer le mois dernier Masako Kunimatsu, une artiste pâtissière de Tokyo qui organisait pour des amis un buffet de pâtisseries dans la villa Bulan à l’occasion de ses vacances à Bali. Quatre questions entre deux bouchées à cette femme de grand talent.

Masako, est-ce courant au Japon de convier ses amis à des buffets de desserts comme celui-ci ?
Nous ne mangeons pas de dessert à la fin des repas mais c’est de plus en plus tendance de se rendre à des buffets de desserts dans les hôtels ou des réunions privées. C’est une grande partie de mon activité et pour parfaire la présentation des desserts, je fais même appel à un fashion designer qui m’aide à disposer les plats et ajoute des accessoires, végétaux et autres.

Votre site internet s’appelle « allons-y.jp », quel est votre lien avec la France ?
A la sortie du lycée, au moment de choisir mon orientation scolaire, j’ai opté pour la pâtisserie. Je cuisinais chaque jour des génoises et ça rendait mon entourage heureux, alors j’ai décidé d’embrasser cette carrière, direction Paris. C’était le seul endroit il y a 35 ans où on pouvait sérieusement apprendre la pâtisserie. Et là, j’ai découvert un véritable univers, tant de techniques de cuisson, de goûts et de présentation, un vrai miracle. Le gâteau qui m’a le plus marqué, c’est le gâteau basque, je ne saurais pas dire pourquoi mais je continue à en faire. Au fil des années, j’ai imprimé ma propre touche à mes gâteaux, introduit des saveurs japonaises comme le sésame noir, et surtout en matière de décoration florale, j’ai même suivi un cours en Thaïlande pour me perfectionner.

Pourquoi avez-vous toujours refusé d’ouvrir une pâtisserie ?
Je suis un peu artiste, je ne fais que des gâteaux sur mesure pour des événements et j’aime les livrer moi-même. Chaque gâteau est unique, j’écoute mes clients, je suis leurs désirs au plus près. Et puis, jamais je ne pourrai être coincée dans une cuisine professionnelle avec une brigade, j’ai besoin de ma liberté, ça ne m’empêche pas d’être capable de sortir 25 gâteaux par jour si nécessaire. J’accorde une grande importance à la décoration, beaucoup de mes gâteaux sont véritablement dessinés. Et le caractère unique de mon travail fait que je gagne très bien ma vie tout en restant chez moi et en travaillant à mon rythme, il faut compter environ l’équivalent de 2 millions de roupies pour 10 personnes.

Les Français méritent-ils toujours leur première place dans l’art de la pâtisserie ?
Votre pays est celui de la pâtisserie, nous vous avons beaucoup copié et à présent, je crois modestement que l’élève a dépassé le maître. [rires]

Masako sweets, Tokyo. sweets@allons-y.jp

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