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Mannekepis au pays de Vishnu

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L’endroit. Un magnifique carrelage noir et blanc, un décor très épuré pour mettre en valeur un bar immense, des cuivres, de hauts tabourets, quelques portraits de jazzmen et bluesmen sur les murs. Au plafond, un aquarium au travers duquel on voit la couleur du ciel. Et puis un très beau billard à l’étage, prisé par tous les amateurs de Bali. 120 places assises, des clients à toutes les heures du jour et jusque tard dans la nuit les soirs de live.

La carte. Spécialités belges avant tout. En vedette, le filet de bœuf (tenderloin) à la sauce au poivre. Recette : « une fois ta viande cuite au beurre, tu la réserves au four. Tu déglaces, tu flambes au cognac, tu verses de la crème et tu fais réduire un tout petit peu, toujours à la minute ». L’autre grand succès, c’est bien sûr le waterzoi, au poulet ou au poisson. Puis les hamrollekes (poireaux – à défaut d’avoir des chicons (endives en français) – gratinés à la sauce Mornay et accompagnés de purée). Enfin, les bolletjes in tomatensaus (boulettes de bœuf à la sauce tomate). Et les moules, où elles sont ? Réponse de Yannic : « si les gens sont prêts à payer, moi je suis OK pour faire un festival de la moule une fois par mois, il faudra s’inscrire à l’avance ! » Et les fameuses bière belges, pas une seule à la carte ? « En Belgique, nous avons 380 sortes de bières et autant de verres pour les accompagner, c’est le cœur de notre culture. Malheureusement, depuis un an et demi, il est impossible d’en trouver en Indonésie. Avec Rudy (Café des Artistes à Ubud, l’autre établissement belge de l’île), nous nous démenons pour tacher d’en importer, ça me fend le cœur de ne pas en avoir à proposer à nos amis et clients ».

Le bonhomme. Un sacré bonhomme. Objecteur de conscience pendant deux ans malgré ses quatre enfants à charge, il est toujours aussi farouchement anti-militariste. 30 ans dans la restauration dont 15 dans son propre restaurant à Bruges. Un professionnel. Il a connu une période très dure après son divorce il y a 20 ans : « J’ai touché le fond, j’avais tout perdu. J’ai gardé de cette époque beaucoup de considération pour les plus démunis. Un homme reste un homme. Je ne traitais pas mieux l’ancien premier ministre qui venait dîner dans mon restaurant que mes autres clients ».

La musique. « Le live, c’est ma vie ». Yannic Van Meckeren invitait les meilleurs groupes américains dans son restaurant de Bruges, ici, c’est plus difficile. Il a mis la main sur trois groupes de bon niveau (Yuri quintet, Komo blues Band et David’s jazz trio) qui endiablent les jeudis et les samedis soir du Mannekepis.

Bali. « On y fait des rencontres magnifiques, je ne regretterai jamais d’avoir fait le choix de m’y installer ».

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