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Lorsqu’il y a du sucre, il y a des fourmis

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Les fourmis ! On dirait qu’elles sont partout, sur ma serviette après la baignade, se promenant sur mon bras lorsque je suis assis devant mon ordinateur, ou sur mes jambes quand je marche pieds nus. Lorsque par accident, j’en écrase une, de cette espèce grosse et noire, la douleur peut être très vive et la plaque dure et urticante rester sur mon pied pendant des jours. Les fourmis feront leur nid à peu près partout dans la maison, y compris dans les meubles, les chaussures et les sacs. Si vous avez des piles de vieux trucs inutiles entassés dans une remise ou à l’extérieur, vérifiez à l’occasion pour voir si des fourmis s’y sont établies. Ce n’est pas rigolo de sortir un vieux sac d’un tiroir et d’y trouver une colonie de fourmis en colère ! Mais malgré cela, je les trouve quand même fascinantes.

Les fourmis, semut en indonésien, ont un rôle important dans l’environnement, assimilant les cadavres d’animaux et les matières végétales. J’ai vu des minuscules fourmis rouges réduire complètement le corps d’un serpent mort à son simple squelette en moins de douze heures. Les fourmis représentent une évolution des guêpes et abeilles d’il y a environ 120 millions d’années et leur physionomie intacte peut être observée dans des morceaux d’ambre transformés en bijoux aujourd’hui. Dans le monde, il y a plus de 20 000 espèces de fourmis, la plupart d’entre elles vivant sous les tropiques. Le nombre d’individus qui constituent une colonie va de quelques uns à des centaines de millions, et consiste en « travailleuses » stériles et mâles, ou « faux-bourdons » comme on dit pour les abeilles, et d’une unique et énorme reine. Quand les fourmis avancent en masse à la recherche d’un nouvel abri, aucun animal sur leur trajet n’est en sécurité.

Elles patrouillent en cercles grandissants à la recherche de nourriture ou d’un endroit où vivre. Chacune d’elle laisse derrière elle une trainée de phéromones que les autres suivent. Elles se nourrissent de nombreux nuisibles des maisons ou des champs, dont les cafards et les termites, et protègent bien des espèces de plantes de la prédation des herbivores. Certains insectes, comme la mante religieuse et certaines araignées, ont même évolué afin de ressembler à des fourmis et ainsi détourner certains prédateurs qui ont appris à identifier les fourmis comme un danger potentiel !

Elles peuvent aussi provoquer de nombreux dégâts lorsqu’on les expulse de leur habitat. Je suis allé un jour sur l’île Christmas, à deux heures d’avion de Jakarta, pour y voir la fameuse migration annuelle des crabes. Cette île minuscule au milieu de l’Océan Indien était connue pour cette migration de millions de crabes des forêts vers la mer où ils se reproduisaient et pondaient leurs œufs. Mais, depuis une vingtaine d’années, la singulière vie sauvage de cette île a été considérablement endommagée par les « fourmis folles » qui ont été amenées accidentellement par bateaux d’Afrique avec des conséquences désastreuses. Les forêts ont été rasées, les reptiles, oiseaux et mammifères ont disparu lentement et la population de crabes a été décimée. Avec les phosphates de l’île presque épuisés et l’infâme casino fermé, les habitants s’étaient reconvertis dans l’écotourisme, et les fourmis étaient en train de détruire cette ressource naturelle… Vous rendez-vous compte que tout cela est arrivé à cause des fourmis ! Comme les voyages autour de la planète deviennent de plus en plus faciles et rapides, de tels actes sans précaution peuvent avoir de sérieuses conséquences économiques pour l’environnement. C’est pourquoi de nombreux pays ont des règlements très stricts concernant l’importation d’espèces étrangères.

Les Oecophylla longinoda travaillent ensemble à la fabrication d’un nid en collant ensemble des jeunes pousses de feuilles. On peut les repérer facilement dans les arbres et les buissons des jardins balinais et peuvent être aussi gros qu’un ballon de foot. Une fois, alors que nous étions en train de faire une randonnée à travers la jungle, notre ouvreur a dérangé un de ces nids avec son sac à dos et la branche qu’il venait juste de plier est revenue vers moi comme un coup de cravache me criblant de centaines de ces insectes en colère. La seule chose que j’ai pu faire fut de me déshabiller et de me jeter dans la rivière. Les fourmis en colère s’accrochaient à moi de leur puissante mâchoire et j’ai dû les retirer une à une de tout mon corps. Ce fut une expérience douloureuse et je fais très attention depuis quand je marche en forêt !

Alors, que doit-on faire quand on est piqué par une fourmi ? Il y a plein de remèdes de bonne femme, comprenant soude caustique, eau de javel et même vinaigre et vous pourrez toujours demander aux villageois du coin quels sont les soins traditionnels qui utilisent des herbes locales – il y en a vraiment beaucoup ! Mais aucun n’a été vraiment efficace sur moi jusqu’à maintenant et aucune quantité de feuilles écrasées, d’onguents pour piqure ou de crèmes antihistaminiques n’ont jamais réduit la douleur ou le gonflement. Une bonne raison pour porter des chaussures en toutes circonstances ! Et même si la douleur va décroitre après un moment (un peu de glace fait du bien !), le gonflement, qui devient dur et démange à rendre fou, va durer pendant plusieurs jours. N’importe qui de sensible ou d’allergique aux piqures d’insectes ou qui est la proie d’une réaction plus violente encore, doit aller chez le médecin rapidement, tout particulièrement si la piqure est dans la bouche ou la gorge ! Les granulés Kemut qu’on peut acheter ici sont efficaces pour se débarrasser des fourmis, ainsi que les craies de kapur ajaib Bagus. On peut les utiliser sans contaminer tout le reste autour comme c’est le cas avec du Baygon !

Les fourmis sont des insectes « sociaux » parce que, comme d’autres espèces d’abeilles, de guêpes ou de termites, elles agissent comme un « super-organisme » géant, travaillant ensemble à construire d’énormes structures, à traverser des ruisseaux, à explorer de nouveaux territoires et à se protéger des prédateurs.
A regarder leur comportement collectif, on serait tenter de les comparer aux humains, un visiteur extraterrestre y penserait d’ailleurs à coup sûr ! On réalise de grandes choses en coopérant les uns avec les autres, on construit des gratte-ciels, des routes, des cathédrales et on produit des technologies complexes que personne ne pourrait créer tout seul. Cependant, les fourmis font ça depuis des centaines de millions d’années et notre espèce humaine est bien jeune en comparaison ! Mais ne sommes nous tous pas que de simples supports pour que l’ADN s’améliore d’elle-même ?

Une expression indonésienne dit : « Ada gula, ada semut », lorsqu’il y a du sucre, il y a des fourmis. Cela fait référence à notre capacité à nous humains de saisir des opportunités, tout spécialement lorsqu’il y a de l’argent à prendre. En effet, vu comme ça, au sujet des forces vitales qui nous animent, il y a là une similarité avec les fourmis qui va bien au-delà de ce que nous sommes prêts à admettre !

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