L’OMBRE D’UN DOUTE

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Eh ben alors… On n’est pas bien là ?
Paisible ? À la fraîche ? Décontracté du calendrier ? Et on fera un check-in quand on aura envie de faire un check-in… Depuis le temps qu’on disait que ça ne pouvait plus durer. A bien y regarder, ça faisait au moins 10 ans.

10 ans de tourisme en surchauffe durant lesquels on aura cru chaque année être arrivé au bout du bout de ce que l’île pouvait endurer. 10 ans de construction, d’inflation, de pollution, de congestion… Puis vint la fumée blanche. On avait une éruption. Pas un cataclysme mais juste de quoi signifier à une industrie toute puissante dont les ambitions n’avaient pu jusque-là être modérées par rien ni personne qu’elle venait de tomber sur plus fort qu’elle. De quoi lui rappeler aussi son ultra-dépendance à son aéroport, faute de réseau routier digne de ce nom.

Alors si personne ne va se réjouir du coup de frein subi par une économie trop stéréotypée, d’autant que ceux qui trinquent le plus sont ceux que l’on n’entend pas, ceux qui servent de variable d’ajustement en étant licenciés ou passés à mi-temps, et bien sûr ceux qui par dizaines de milliers sont toujours sous des tentes au-delà de la zone d’exclusion, on peut quand même faire contre mauvaise fortune bon cœur et se satisfaire de voir l’île reprendre son souffle.

Et puis faut pas pousser, si le nombre d’arrivée a bel et bien chuté, il se situe au niveau de 2010. Année où déjà ça ne pouvait plus durer, année d’un moratoire sur la construction d’hôtel qui n’aura jamais été respecté, année où Bali a fait le choix de la course aux chiffres et où le mot d’ordre était « Construisez tous, dieu reconnaitra les siens ». Eh bien voilà, on y est. Une sélection naturelle s’opère et les lieux les moins compétitifs risquent de disparaitre. Pour les autres, le cours des choses reprendra dans quelque temps.
3 mois, 6 mois, 1 an, impossible à dire. Mais il reprendra indubitablement.

1 an ? Pas plus tôt ? Pourtant « Bali is Safe » ? Ce slogan répété ad nauseam par des autorités semblant croire que le turis, ce petit être fragile et crédule, planqué chez lui et apeuré par les fake news de médias malveillants, ne sert évidemment à rien. Le tamu ne vient pas parce que rien ne l’y oblige. Il n’a que l’embarras du choix pour passer ses vacances. Alors forcément, le doute qui plane sur la capacité de l’aéroport à fonctionner normalement est pour lui un tue-l’amour. La perspective de se taper en bus l’équivalent d’un Paris – Barcelone pour prendre un avion à Surabaya est tout sauf une solution. Et le fait que nombre d’assurances ne couvrent plus des voyages à Bali, un coup de grâce.

Ainsi Bali est aujourd’hui comme une voiture de location avec un voyant orange allumé sur le tableau de bord et dont le loueur vous assure qu’elle est safe. En tout cas, qu’elle ne risque pas d’exploser. Par contre, on ne va pas se mentir, il y a une petite chance que vous tombiez en panne au milieu de l’autoroute. Ceci dit, pas de panique, toutes nos voitures sont équipées d’une trottinette de secours en cas d’urgence.

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