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Les plaisirs de la photographie animalière

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En cette période de Noël, cela vous donnera peut-être une idée de cadeau et pourquoi pas, susciter une vocation ? J’imagine que ça doit être merveilleux de gagner sa vie en faisant des photos d’animaux. Bien que simple amateur, je prends des photos quasiment tous les jours et cela m’a donné une certaine expérience sur la façon d’obtenir ce que je désire, dans les limites de mon équipement et de mon talent. Mon but n’est pas de faire une image artistique de l’animal mais d’essayer de mettre l’accent sur ses traits généraux afin d’en faciliter son identification. Et si je peux produire une image de quelque chose qui n’est pas habituellement photographié, je suis content.

Tous les jours, je reçois des demandes d’identification de serpents ou tout autre animal local, souvent basées sur de sommaires descriptions générales. Je demande toujours aux gens d’essayer de me faire parvenir des photos de la bête en question mais la plupart du temps elles sont de piètre qualité et me rendent la tâche difficile afin de déterminer de quoi il s’agit. Il est très important que la réponse que je donne aux gens soit précise, particulièrement quand il est question de sécurité, par exemple quand on me demande si un serpent est venimeux ou pas. Je ne peux que souhaiter que les gens soient capables de prendre de meilleures photos !

La plupart de mes images ont été prises dans la nature. La difficulté réside dans le fait qu’approcher un animal avec un appareil le fait inévitablement fuir. Sans l’aide d’un zoom coûteux (et lourd), on apprend à se faufiler sans faire peur au sujet. J’ai tendance à prendre les premières images à distance, et puis de plus en plus au fur et à mesure que j’approche. Bien sûr, il n’est pas conseillé de s’approcher le plus possible d’une bête potentiellement dangereuse, ce qui est une des raisons pour lesquelles les professionnels utilisent un assistant qui gère l’animal pendant la session. Pour moi, faire des photos animalières requiert un nombre colossal de tâches à exécuter, tout particulièrement dans l’obscurité. Lorsque je fais les réglages de mon appareil et de mon flash, je garde aussi un œil sur l’animal et fais en sorte de ne pas m’en approcher de trop près afin de ne pas l’inciter à m’attaquer. A regarder l’image dans le viseur, on n’oublie facilement où on est. Je me suis souvent laissé prendre en faisant des photos au point de trébucher ou de tomber dans un trou que je n’avais pas repéré.

La solution est alors de prendre des photos de bêtes en captivité. On doit être sûr de pouvoir attraper le sujet sans lui faire mal ou se mettre soi-même en danger ! Certains photographes mettent les animaux comme les reptiles, les amphibiens et les insectes un court moment au frigo afin de les refroidir et ralentir leurs mouvements. Une grande attention est nécessaire pour une telle manœuvre parce que si l’animal est laissé trop longtemps, il peut subir des dommages graves pour sa santé, voire mourir ! Faire soi-même son studio à la maison n’est pas non plus sans certains problèmes. Par exemple, je voulais faire l’image d’un jeune cobra sans trop de difficultés et sans danger et le seul endroit dont je disposais était des WC minuscules. J’ai dû mettre le reptile sur le siège, l’obliger à se dresser et ensuite prendre mes photos sans qu’il ne me crache dessus. Tout ça dans un réduit de moins de deux mètres carré. J’ai fait cinquante images avant d’avoir celle où il sortait sa langue mais pour moi, le résultat valait la peine endurée.

A Bali, avec tout ce développement, c’est facile de faire des images de paysages qui se modifient avec le temps et je crois que cela fera partie d’une documentation sur la métamorphose de Bali à l’avenir. La petite forêt près de chez moi me procurait bien des joies pour les promenades, c’était une mini jungle avec de vieux arbres majestueux, d’immenses haies de bambous, refuge d’une large variété d’espèces, incluant plein d’oiseaux et une colonie de singes. Il y a 5 mois, en l’espace de seulement 4 jours, elle a disparu, ne laissant qu’un sol marron. Pas une branche, pas une feuille ne restait. Tous les insectes, serpents, lézards, oiseaux et singes sont maintenant partis (mais où ?). Et maintenant je regarde seize maisons se construire sur le site. J’ai réalisé trop tard que j’aurais dû prendre plus de photos de ce précieux bois, comme un témoignage sur la façon rapide dont les choses changent ici.

A l’époque des appareils SLR et des films 35 mm, j’avais l’habitude d’acheter tous mes rouleaux en Angleterre et de les apporter ici parce que les films à haute sensibilité étaient introuvables. Les pros pouvaient se permettre d’aller à Singapour ou en Australie pour acheter des films, les faire développer, afin de bénéficier de la meilleure qualité ou d’éviter la perte de leurs précieuses images. Après un voyage en Papua, j’ai fait le pari d’essayer de faire tirer une coûteuse série de diapositives à Jakarta, mais mes images inestimables ont été saccagées et perdues pour toujours. Ce fut une erreur de prix que je n’ai jamais réitérée.

De nos jours, on peut faire autant de photos qu’on veut, sans penser aux frais ni au nombre d’images, sans parler du développement. Cette révolution fait qu’il y a aujourd’hui plus d’images que jamais prises par les gens depuis l’invention de la photographie. Utiliser un compact DSLR ou même un smartphone est si facile ! Si on se borne à quelques règles toutes simples, on peut déjà obtenir de bons résultats. Et malgré cela, je suis sûr que de nombreux appareils numériques dorment tranquilles, oubliés dans des tiroirs.

Je suis subjugué par la haute définition des appareils photo des smartphones modernes parce qu’elle permet d’agrandir l’image finale pour des vues très détaillées. Pareillement, les appareils numériques de poche produisent de magnifiques résultats et ils sont bien plus maniables et discrets que les gros DSLR. Il y a des milliers de sites de conseils photographiques sur Internet si on est à la recherche de simples mais utiles secrets pour s’améliorer. Mon conseil sera d’inciter les gens à obtenir le maximum de leur appareil et de penser à ce que les photos qu’ils prennent aient une valeur à l’avenir pour nos descendants. Il y a plein de belles et puissantes images à faire là dehors mais elles ne seront pas là pour toujours, alors gardez votre appareil à portée de main !

Pour toutes questions sur la vie naturelle en Indonésie, posez vos questions par courriel à [rphlilley@yahoo.co.uk->rphlilley@yahoo.co.uk], ou sur Facebook à
« Ron Lilley’s Bali snake Patrol »
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