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Les papilles gustatives des Indonésiens

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A ce que j’ai pu voir les Indonésiens sont assez conservateurs en matière de nourriture. Ils n’aiment pas être bousculés par de nouvelles odeurs (ils fuient le camembert mais raffolent du durian) ou de nouvelles saveurs à l’exception près de la pizza et autres variations autour du pain. Et encore, bien souvent, ils s’aventureront une fois mais pas deux ! 

Pourtant, un jour, j’avais confectionné une brioche légère et appétissante que j’ai voulu partager avec mes voisins balinais. Certains m’ont assuré qu’il ne leur restait plus un millimètre carré de libre dans leur estomac d’oiseau deux heures après avoir mangé leur nasi goreng, ce riz frit dont ils ne se lassent jamais; d’autres ont juste picoré de tout petits bouts avec une infinie précaution ! Il faut aussi dire que ce sont de grands timides ! En tout cas ils respectent leur sensation de satiété, ce qui est tout à leur honneur – pas comme moi qui, après le plus gros des gueuletons, trouverai toujours de la place pour une petite mousse au chocolat ! 

Et sinon, quand ils vous disent « nanti saja » (= plus tard) ne vous fatiguez pas à renouveler votre offre : c’est non ! En fait, c’est l’équivalent du « I’m afraid… » anglais, c’est à dire qu’ils ne craignent rien sauf de dire « no » ! 

Quand mon ex, Javanais, partait pour la France, il bourrait sa valise de paquets d’instant mie, ces nouilles instantanées raidies de cire et pas folichonnes pour la santé. Apparemment il n’était pas le seul accro à ça car je me suis laissée dire qu’aux Pays-Bas, où il y a une forte immigration d’Indonésiens, les hôpitaux ne prennent plus en charge financièrement les troubles liés à l’abus de ce junk food asiatique !

Sinon mon ancienne femme de ménage, Ketut, était une fan de la mode française. Elle venait au travail vêtue de Dior et de Pierre Cardin, un sac Louis Vuitton à son bras. Miss Contrefaçon rêvait d’épouser un « bule », un blanc, pour devenir enfin riche et oisive et elle me cassait les pieds pour que je lui en présente des échantillons. J’ai cru bon de l’initier à des mets occidentaux mais, les rares fois où elle acceptait d’en goûter, elle fronçait le nez et faisait une telle moue que j’ai fini par lui faire remarquer que si elle épousait un bule il faudrait bien qu’elle s’habitue un peu à la nourriture de son pays ! Ca a été rédhibitoire, elle ne m’a plus jamais demandé de l’introduire à qui que ce soit et elle a épousé un Balinais pure souche – en fait, le voisin d’à côté.

Nancy Causse

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