LA TERRE TREMBLE A LOMBOK ET NOS CŒURS SE FENDENT

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Des dizaines de tremblements de terre, dont quelques-uns mortels, ont touché Lombok le mois dernier, conséquence du mouvement d’une faille qui passe au nord de Lombok et de Sumbawa. A l’heure où nous bouclons cette édition, le bilan provisoire s’élève à 460 morts, principalement au nord de Lombok où certains villages ont été totalement rasés tandis que la vie continuait paisiblement au sud, du côté de Kuta, en plein cœur de la saison touristique. En Indonésie, nous sommes coutumiers de ces catastrophes,
il n’est pas une année où la Nature n’exprime pas ses tourments telluriques et n’exige son quota de misère et de sang. Ces tremblements de terre de Lombok ont affecté aussi les esprits à Bali parce que nous avons ressenti les principaux d’entre eux. Comme toujours en Indonésie, une grande solidarité supplée les insuffisances et les carences de l’état et beaucoup d’aide privée continue d’affluer vers cette île voisine de Bali. Bien au-delà de l’émotion provoquée par les images diffusées à chaud de la catastrophe, nous avons voulu rendre compte du quotidien des habitants de Lombok et de l’étendue des dégâts hors de l’épicentre, de leurs besoins immédiats dans les semaines et mois à venir. Nous en avons profité aussi pour faire le point sur les îles Gili, touchées elles aussi par ces tremblements de terre. Voici donc les témoignages de quelques personnes de Bali, des Gili et de Lombok venues apporter leur aide, participant à la reconstruction quand c’est possible ou bien simplement témoignant de la vie dans leur village.

EN IMMERSION DANS UN CAMPEMENT DE FORTUNE

Billy Obée, 28 ans, a noué une amitié avec un Lombokais lors de son premier séjour à Gili Trawangan peu de temps avant le premier tremblement de terre. Quand il a appris que le village de son ami situé au nord de Lombok avait été ravagé par un premier tremblement de terre, il s’y est rendu avec son père et y a passé 5 journées d’affilée très éprouvantes mais d’une grande humanité.

Comment avez-vous pris la décision de partir à Lombok ?
Quand j’ai demandé des nouvelles à mon ami Mangei que j’avais rencontré quelques jours plus tôt à Gili Trawangan, il m’a dit qu’il ne restait plus une seule maison debout dans son village. J’ai immédiatement décidé avec mon père d’aller porter de l’aide à sa famille. Nous avons donc rempli des sacs à dos d’expédition et deux autres sacs avec 50 kilos de riz, des pâtes, des bonbons, des couches… et nous avons pris un fast-boat pour Bangsal [petit port situé derrière les îles Gili]. Le bateau était presque vide, il n’y avait que des membres d’une association canadienne qui venaient porter secours aux chevaux restés seuls sur les Gili.

Avez-vous facilement trouvé des transports sur place ?
Oui, mon ami était venu nous accueillir avec deux motos mais le trajet était épique compte tenu de notre chargement et de l’état des routes, souvent cassées. Nous sommes finalement arrivés dans le village de mon ami, à Selengen, au nord de Lombok et là, sur les 6 à 7km sur lesquels s’étend le village en direction du volcan, il ne restait pas un seul édifice debout, ni maison, ni mosquée, ni magasin, rien. Un vaste champ de ruines. Et puis des failles dans les routes et un peu partout, on se penche dessus et on ne voit rien, le vide, le néant. Je n’avais bien sûr jamais rien vu de tel dans ma vie et je n’y étais pas vraiment préparé.

Est-ce que le gouvernement a apporté de l’aide dans ce village ?
Non, rien de rien, les villageois n’ont reçu que l’aide des associations privées qui passent de temps en temps porter de la nourriture et de l’eau potable. Il y avait de la nourriture en quantité mais très peu d’eau potable, 8 à 9 cartons pour 600 personnes, c’est vraiment peu.

Dans quel état sont les habitants ?
C’est loin d’être le village qui a le plus souffert mais ils ont perdu 35 personnes et absolument tous leurs biens. Pour vous donner une idée de ce qu’ils ont enduré, il y avait une maison dans laquelle le père était en train de baigner ses enfants pendant que la femme s’affairait dans la cuisine. Lors du tremblement de terre, la maison s’est coupée en deux et une partie s’est effondrée de 20 m en entrainant le père et ses deux enfants. Le père a été retrouvé mort rapidement mais les enfants seulement dix jours plus tard quand j’étais là, ça m’a choqué, je ne m’y attendais pas, des hommes les ont sortis des décombres, je me suis retourné, je suis parti pleurer. Certains sont traumatisés mais je dirais dans l’ensemble qu’ils sont fatalistes et acceptent leur sort avec un grand sourire. En fait, ce qui m’a le plus frappé pendant mon séjour, c’est le sourire des enfants et leur bonne humeur. Je n’avais jamais réalisé à ce point-là la beauté du sourire des enfants.

Que font les habitants pendant la journée ?
Ils déblaient un peu les décombres et tâchent de récupérer les ferrailles, le bois et tout ce qui servira à reconstruire. Ils sont concentrés sur leur survie en communauté, il y a un très bel esprit de solidarité, c’est magnifique. La plupart des habitants vivaient de la pêche alors même que ce n’est pas un village de bord de mer mais ils ne peuvent plus travailler, leur survie accapare toute leur énergie et ils dépendent donc de l’aide extérieure.

Ont-ils commencé à reconstruire ?
Non, c’est impossible pour le moment, tant que les tremblements de terre durent. En ayant vu les ravages de ces tremblements de terre, je me suis dit que ça serait stupide de construire encore en dur, du moins sans essayer de suivre des normes anti-sismiques. Selon moi, pour réduire l’impact de ce genre de catastrophes, ils devraient reconstruire en bois ou en bambou mais je sais que ce n’est pas leur culture, ils vont reconstruire à l’identique sans doute.

Courent-ils encore des risques ?
Malheureusement, oui. Le point d’eau est situé sous la colline qui s’est effondrée, ça peut continuer et risquer d’ensevelir les habitants. Et puis, même si tout le monde dort dehors, il y a aussi les risques de la terre qui s’entrouvre ou qui s’effondre, c’est vraiment flippant. Il y a des secousses tous les jours mais on n’en parle pas. On s’accroupit ou on s’allonge, et quand c’est fini, les gens se mettent à prier et à remercier d’être encore en vie.

Avez-vous craint pour votre vie ?
Pas vraiment quand on était dans le village mais à notre retour, à Bangsal, nous sommes rentrés dans un petit magasin pour acheter des boissons et à ce moment-là il y a eu un tremblement de terre. Je me suis extirpé de là en deux temps trois mouvements mais mon père a été un peu plus long que moi. Quelques secondes plus tard, le magasin s’est effondré, on l’a échappé belle tous les deux et il n’y a pas eu de victimes d’ailleurs.

Avez-vous dormi avec eux ?
Oui bien sûr et nous avons été reçus comme des rois, nous avons vraiment passé 5 jours d’affilée avec eux, nuit et jour. Nous avons dormi à même le sol dans leur campement de fortune, sous des abris réalisés avec des bâches mais nous avions des oreillers, c’était les sacs de riz. C’était très difficile de dormir, à cause des secousses incessantes, du bruit et des prières, jamais plus de deux heures d’affilée. Mais nous avons vraiment senti que c’était important pour eux qu’on partage leur quotidien, qu’on les fasse rigoler, qu’on joue au foot avec les gosses.

Vous avez mentionné ce bel esprit communautaire et solidaire, y a-t-il cependant des choses qui vous ont choqué ?
Oui, quand nous sommes allés essayer d’acheter de la nourriture dans d’autres villages, j’ai été choqué sur le moment de voir que les commerçants en profitaient pour augmenter les prix, au moins du double. Je leur disais, on est là pour vous aider, pas pour que vous profitiez de nous, mais c’était difficile de leur faire entendre raison. Finalement, j’ai bien compris qu’ils avaient besoin d’argent pour reconstruire. J’ai vu aussi des pillages.

Que pouvez-vous recommander à ceux qui ont envie d’aider et de soutenir les gens de Lombok ?
Les gens sont sous le coup de l’émotion en ce moment, ils font des dons et c’est très bien. Mais il va falloir des mois avant que la situation retourne à la normale et puis la saison des pluies va arriver, leurs bâches ne vont pas tenir le coup et ils auront les pieds dans l’eau, c’est sûr. Donc, il faut continuer à aider. Pour ma part, je vais y retourner mais je ne veux pas lever de l’argent, je ne me sens pas capable de gérer les dons de mes amis et des gens qui m’entourent, je vais y retourner avec mes fonds propres

Que retenez-vous de cette expérience ?
Je suis en état de choc, vraiment, je n’étais pas du tout prêt à cette immersion au milieu de ces gens qui ont tout perdu et qui continuent à vivre avec la peur au ventre. J’ai vu des enfants morts, c’est extrêmement choquant et puis nous avons échappé à la mort dans ce magasin qui s’est effondré à Bangsal. Mon père me dit qu’il a encore ce goût âpre de poussière, de terre, de ruines dans la bouche. Puis ce sentiment de sentir les âmes parties autour de soi… c’est difficile à expliquer. Bien sûr, on relativise nos petits malheurs quand on revient sur Bali, notre Mojito mal dosé et notre steak pas assez saignant. Je retiens les sourires de tous ces beaux enfants, la légèreté, l’espoir, le bonheur de l’instant présent qu’ils donnent au monde.

PREPARER LA SAISON DES PLUIES 

Joaquim Omar Mjeid vit et travaille dans le sud de Lombok, il y possède plusieurs affaires de restauration. Quand le premier tremblement de terre a causé les ravages dans le nord, il a rempli sa voiture d’aide de première urgence et a filé rapidement porter secours.

« Le premier tremblement de terre a causé aussi un coup de panique dans le sud, c’est normal, mais aucune structure n’a été endommagée à Kuta et d’ailleurs dans les jours qui ont suivi, les touristes n’ont pas déserté, la saison battait son plein. Le lendemain, j’ai donc rempli ma voiture avec de l’eau, des vivres, des couvertures, des bâches et j’ai foncé. Sur la route côtière entre Mataram et Bangsal, le petit port du nord-ouest, j’ai vu au fur et à mesure les dégâts du tremblement de terre. Au-dessus de Bangsal, le taux de destruction était inimaginable, tout a été détruit dans le nord et ce qui ne l’était pas est tellement fracturé et endommagé qu’il faudra tout abattre et reconstruire. La route qui contourne le nord de l’île n’a pas été abimée mais les petites routes de l’intérieur se sont parfois détériorées au point d’empêcher les camions d’aide gouvernementale d’accéder. J’ai suivi mon instinct et j’ai pris des petites routes et j’ai débarqué dans un village qui n’avait pas encore reçu d’aide de l’armée ou du gouvernement. Toutes les maisons étaient par terre mais sur les 70 familles, il n’y avait qu’un seul mort à déplorer, un petit vieux qui n’avait pas eu le temps de sortir de chez lui. Tous les tuyaux d’alimentation en eau étaient cassés. Ce jour-là, je n’ai entendu qu’un hélico passer, les secours semblaient débordés et manquer sérieusement de moyens. Mais heureusement, un énorme élan de solidarité s’est mis en place et l’aide privée afflue. Mais les gens manquent de tout : vêtements, couvertures, bâches, médicaments, jouets pour les enfants, etc. Je suis très inquiet pour la saison des pluies, rien ne semble pouvoir être reconstruit d’ici là, il faut vraiment les aider à préparer la saison des pluies. C’est mon île d’adoption bien sûr alors je me sens plus que concerné par le destin de ses habitants. Nous collectons de l’argent de France et d’Australie et j’y vais chaque semaine avec ma voiture remplie à ras bord d’aide de premier secours. »
Pour contacter Joaquim par WA : +6281917609651

EPARGNE SUR LES CONTREFORTS SUD DU VOLCAN

Martin Bastide vit et travaille à Lombok dans un petit village sur les contreforts sud du mont Rinjani.

« Je travaille dans une exploitation d’agriculture bio sur les pentes du mont Rinjani, voilà pourquoi je vis dans un petit village de la province de Lombok-Est. Notre village a été peu touché par les tremblements de terre malgré notre proximité des lieux dévastés. Seulement 5 maisons ont été jugées inhabitables après le deuxième tremblement de terre et personne n’a été blessé. En revanche, tout le monde campe dehors de peur d’être pris au piège dans les maisons la nuit en cas de gros tremblement de terre. Pour ma part, je me sens très en sécurité dans la mesure où je dors dans un bungalow en bois. J’ai vécu par le passé d’importants tremblements de terre à Sumatra et surtout celui qui a ravagé le Népal en 2015 et qui a causé plus de 8000 morts. J’ai entendu du bruit du côté de la mosquée pendant la nuit mais il pleuvait et l’électricité était coupée. Le lendemain matin, je me suis rendu compte que tout le monde dormait dehors. Les gens ont affrété des pickups pour aller porter de l’aide aux villages qui avaient le plus souffert au nord du volcan. C’est inévitable d’être confronté à des tremblements de terre dans les pays situés sur la ceinture de feu du Pacifique, et en particulier en Indonésie qui est le cœur sismique de cette ceinture de feu. Voilà pourquoi je ne serais pas très rassuré si je devais vivre dans un immeuble à Mataram en ce moment. »

A GILI, ON REPARE ET ON REOUVRE

Gili Trawangan, Meno et Air, destination prisée des vacanciers de Bali, sont des îles situés au nord-ouest de Lombok qui ont elles aussi été affectées par les tremblements de terre. Dès la survenue du premier tremblement de terre, elles ont été évacuées et interdites au public. Depuis on s’active pour rouvrir d’autant que les liaisons en fast-boat sont censées reprendre au début du mois de septembre. C’est Stéphane Lebaube, bien connu de nos lecteurs et de la communauté expatriée de Bali, qui a joué aux envoyés spéciaux pour nous sur ces petites îles.

« C’est surprenant de voir les Gili aussi désertes et silencieuses, ça n’était jamais arrivé auparavant. Il y a quelques dégâts mais rien d’insurmontable, en l’espace de deux semaines, tout sera d’aplomb. Les Gili ont été évacuées à cause de la panique qu’a créé le premier tremblement de terre, les dégâts n’ont absolument rien à voir avec la catastrophe qui s’est passé dans le nord de Lombok. Avec ce lieu de villégiature très fréquenté par les touristes, les autorités n’ont pas voulu prendre de risque. Conscient de l’importance économique de Gili pour la population de Lombok, le gouvernement a mobilisé des moyens pour que l’activité reprenne au plus vite, entre autres en allouant deux pelles mécaniques qui ont tout déblayé rapidement à Trawangan. Les Lombokais sont encore choqués et sont auprès de leurs familles, ils ne sont pas encore revenus d’autant qu’ils prêtent l’oreille à des rumeurs relayées par FB qui leur prédisent une nouvelle catastrophe pour le dimanche 26 août. Plusieurs étrangers, australiens, anglais et français sont retournés sur les Gili et ont retroussé leur manche pour rouvrir au plus vite début septembre en même temps que la reprise des liaisons en fast boat. Nous dormons sur les Gili depuis plus d’une semaine, non pas parce que nous sommes des super héros, mais simplement parce que nous sentons que le plus dur est passé  et cela est important pour le retour de nos personnels respectifs. Ce qui m’a le plus choqué, alors que tout le monde se montre solidaire et tâche d’apporter son aide et de soulager la peine des habitants de Lombok, ce sont les plate-formes de booking on line qui vous contactent immédiatement pour vous demander de rembourser alors que tout le monde est encore sous le choc et se demande financièrement comme faire pour payer les salaires de tout le personnel qui est reparti à Lombok et qui a besoin d’aide. Pour notre part nous faisons travailler 200 personnes sur trois resorts différents. Le pire étant Airbnb qui rembourse ses clients sans vous demander votre avis et se fout de savoir si vous avez subi des pertes tant humaines que financières. D’autres comme booking.com vous somment de rembourser vos clients sous peine de vous retirer de leur site. Cruelle réalité… »

L’HEURE N’EST PAS ENCORE A LA RECONSTRUCTION

Valérie Buchert a levé de l’argent pour aider son équipe d’ouvriers tous originaires d’un village de Lombok-Centre. Elle s’est rendu compte sur place que l’argent initialement prévu pour la reconstruction devait d’abord servir en partie à apporter de l’aide d’urgence.

« Lombok est bleue vue du ciel. C’est impressionnant de voir depuis l’avion en arrivant toutes ces bâches bleues sous lesquelles dorment des centaines de milliers de personnes. Sur place, le prix des terpal (bâches) est passé de 100 000 à 500 000 roupies, tout comme les billets d’avion qui ont doublé, on se demande si tout cela est bien justifié. J’ai levé 53 millions auprès de mes amis et de mes proches pour soutenir mon équipe d’ouvriers et les aider à reconstruire leurs maisons. Ils habitent dans le centre de Lombok, à environ 30 mn de l’aéroport. Les dégâts sont mineurs dans leur village de Mertak Tombok, des craques par ci, un toit tombé par là mais j’ai compris dès mon arrivée que l’heure n’était pas du tout à la reconstruction à cause de la terre qui continuait à trembler mais plutôt à apporter de la nourriture à ceux qui en ont besoin, soit parce qu’ils ont perdu leur maison, soit surtout parce qu’ils doivent rester près de leur famille et ne peuvent donc plus travailler et faire bouillir la marmite. J’ai donc emboité le pas de mes ouvriers qui sont partis aider les gens les plus en détresse autour de chez eux, dans des villages parfois entièrement détruits où toute la population vit dehors. Les gens sont amassés autour des POSKO et dépendent intégralement de l’aide. J’ai consacré la moitié de mes fonds à acheter une tonne de riz mais il nous a fallu l’acheter dans plusieurs endroits différents et négocier avec vigueur. Il y a une entraide formidable et en même temps beaucoup de profiteurs. Le gouvernement n’aide pas vraiment et d’ailleurs, un de mes ouvriers se bat pour monter une pétition afin de faire reconnaitre Lombok-Centre comme une zone sinistrée afin de bénéficier d’aides financières pour la reconstruction. Ils font contre mauvaise fortune bon cœur, tout se fait dans la bonne humeur. La situation est triste mais ils sont fatalistes. Tout se passe au jour le jour, ils s’attendent à de plus gros tremblements de terre. Pour ma part, je vais continuer à lever des fonds et à les aider à trouver des solutions pour construire des habitations plus solides, nous avons commencé à chercher sur internet et allons peut-être travailler avec une ONG sur un projet pilote anti-sismique . »

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VIVRE AU « TEMPS DU CROCODILE »

Jusqu’à ce que des évènements exceptionnels récents secouent l’île de Lombok, j’étais déjà dans un moment fort de ma vie, à savoir l’excitation que la plus grosse houle pour le surf en 20 ans allait toucher les côtes indonésiennes, et l’observation du mythique crocodile par les pécheurs locaux dont la légende remonte jusqu’aux années cinquante.

A l’échelle de l’Archipel, mère de 17 000 îles et 500 langues, Lombok est une île de légende. Ses habitants, les Sasak, sont connus pour maitriser la magie noire, adorer les dieux du feu et de l’eau, pratiquer la guérison par la sorcellerie et les herbes médicinales, etc…. Dans le sud de Lombok, ils ont même le crocodile ; aucun surfeur n’a jamais été mangé ou mordu, mais tout le monde affirme l’avoir vu, si tant est que cela puisse être vrai.

Puis une série de tremblements de terre a frappé l’île et j’ai oublié mon crocodile. J’ai vu des gens extraordinaires faire moins que des choses ordinaires, et des gens normaux réaliser des exploits. Hors du drame médiatique, de la panique de la communauté locale et de l’engouement des médias sociaux, nous avons eu la chance d’avoir quelques personnes sensées autour de nous. Comprendre ce qu’il se passe devient très difficile lorsque vous êtes submergé par mère nature et votre propre esprit complexe.

Pour moi, quand j’ai rouvert les yeux, j’étais comme dans un demi-rêve, J’AVAIS VOYAGE DANS LE TEMPS: les choses avaient ralenti, les plages étaient vides, je surfais dans cette aventure quotidienne au milieu de la nature, souriant de partout; c’est le moment du crocodile, le temps où les premiers voyageurs et surfeurs de la région continuent de chérir, le temps où notre esprit peut errer tranquillement et refléter le caractère magnifique de l’endroit, en vivant son style de vie unique.

Ce n’est pas le meilleur moment pour les affaires mais c’est le meilleur moment pour découvrir de l’authentique à Lombok. Les affaires vont revenir ne vous inquiétez pas, rien ne peut arrêter le développement de nos jours. Pendant ce temps, VENEZ VIVRE LES VACANCES DE VOTRE VIE sur ce littoral reculé et voyez le crocodile par vous-même !!

May All Beings Be Happy And Free !

Jean-marc Raynier

Un poème envoyé par un de nos lecteurs

Aujourd’hui, j’ai composé ce poème en hexamètres (vers de 6 syllabes)  pour saluer la population de Lombok. Si vous pensez que cela peut intéresser vos lecteurs, et qu’il vous reste un peu de place dans le numéro de septembre, je vous laisse la liberté de le publier. D’avance merci pour eux.
Cordialement,
Laurent

Lombok est sous le choc et Bali est debout
Oui on a vu plus doux
Oui la terre a tremblé et tremblera encore
Occasionnant des morts.
Lombok a besoin d’aide
Qui n’est pas loin d’Amed
Et de médicaments
Sans parler d’aliments
Des tentes et des vivres
Sans cesse il faut poursuivre
En dépit des séismes
Fuyons le scepticisme
Et loin des égoïsmes
Affirmons l’humanisme.

Fuyons les polémiques
De certaines critiques
Des colons sans scrupules
Qui froidement calculent
De hargneux affairistes
Qui traquent les touristes
Cherchant sans fin leur proie
En donnant de leur voix
Rôdant aux alentours
Privés de tout amour
Ou des mafieux locaux
Des affamés crocos

Au lieu de raisonner
Il leur faut résonner
Les bourses sans donner
Ni vouloir chicaner
Les fêtards inconscients
Et qui voient tout en cyan
Ignorants du pays
En restant à Bali

Humains vous qui pouvez :
Sauvez des éprouvés !
Ils sont souvent dehors
Et livrés à leur sort…

Ils n’attendent que ça.
N’hésitez surtout pas.
Ne nous y trompons pas

Il leur faudra des mois
Pour reconstruire l’île
Pour le moment fragile
Retrouver le sourire
Et à nouveau chérir
Les plaisirs de la vie
D’un splendide pays
Accueillir les touristes
La plupart pacifistes

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