La prunelle des yeux de la tête

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Tout parent garde forcément un souvenir ému du 1er jour d’école de son enfant. On le regarde s’éloigner dans ses habits flambant neufs, partir seul à la rencontre de nouveaux camarades de jeu et d’un univers dont on ne fait déjà plus partie. La porte se referme et on repense à ces quelques années qui, aussi intenses furent-elles, n’auront pourtant duré qu’un instant. On a beau être prévenu, on a beau le savoir, on a beau essayé d’en profiter au maximum et de retenir chaque moment, rien n’y fait. Un jour on se dispute pour savoir de quel personnage de Game of Thrones on va choisir le prénom et le lendemain la petite Daenerys a un cartable sur le dos prête à conquérir le monde. C’est pareil partout, dans tous les pays et dans toutes les cultures.
Devant les entrées d’écoles du monde entier on trouve des parents les yeux dans le vague, avec parfois une larme ou deux qui leur glisse sur la joue. Mais ici, c’est peut-être encore un peu plus vrai qu’ailleurs. Car à Bali, quand un enfant rentre à l’école il n’y a pas que de lui dont il faut apprendre à se séparer. Il faut aussi savoir se détacher d’une partie non négligeable de ses économies. Alors si la 1ère larme coulera bien sur un chapitre de la petite enfance qui s’achève, la 2ème marquera elle le souvenir de toutes ces dizaines de millions de roupies partis trop tôt. Pour beaucoup, y compris parmi les plus aisés, le budget éducation sera
le 1er poste de dépense de la famille, surpassant bien souvent le loyer. Attendu que l’enseignement public indonésien, avec tout le respect qu’on lui doit a tout de même la spécificité d’être pour l’instant l’un des pires au monde, ceux qui auraient la possibilité légale d’y inscrire leurs enfants ne l’envisagent finalement qu’en dernier recours. Alors pour répondre à la demande des classes moyennes indonésiennes et des résidents étrangers, une offre pléthorique d’enseignement privé s’est développée dans tout le pays et notamment à Bali. On y trouve des écoles pour tous les budgets et toutes les sensibilités. Il y a celles qui coûtent une blinde et celles qui coutent un bras, celles qui sont Cambridge et celles qui reposent sur l’éducation sensorielle de l’enfant, il y a celles qui proposent un enseignement de classe mondiale et celles qui font leur propre compost… Il y a aussi à Umalas le Lycée Français de Bali. Homologué par le ministère de l’Education nationale, il enseigne les programmes scolaires français. Comme les autres établissements de l’AEFE,
le lycée est en grande partie financé par les familles. Une lourde charge répartie dans les frais d’écolage qui, bien qu’étant les moins élevés de toutes les écoles internationales de l’île, restent néanmoins complétement inaccessibles pour de nombreux parents. Pour y remédier,
la France finance un système de bourse d’études disponible sur demande. Des dossiers à déposer justement ce mois-ci pour la rentrée prochaine. Le genre de truc qui n’arrive qu’aux autres ?
Sans doute mais 100% des boursiers avaient tenté leur chance.

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