La foire aux monstres

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Chassés par les prêtres lors de la cérémonie appelée «Pengerupukan » les méchants monstres fuient de nuit l’île de Bali à tire d’aile…et le lendemain on célèbre avec soulagement Nyepi. Mais ce qui pour nous est un épisode de mythologie charmant, pour les Balinais c’est la réalité. En fait, en Indonésie pas grand monde n’oserait affirmer que les esprits n’existent pas ! Enfin une chose sur laquelle tous s’accordent – hindouistes, musulmans, bouddhistes et même chrétiens ! Malfaisantes, facétieuses ou inoffensives, ces entités affectionnent les endroits calmes, sombres et humides mais préfèrent Bali où les habitants les nourrissent gentiment chaque jour avec leurs offrandes.

Pour écrire cet article il m’a suffi d’appuyer le bouton « esprit » et les langues se sont déliées. Je ne m’attarderai pas sur les récits à faire dresser les cheveux sur la tête que j’ai entendus à propos du quartier du Paddy’s- Sari Club qui, de manière prévisible, est resté longtemps hanté suite aux bombes de 2002 au point que les logements des alentours, désertés, ne trouvaient plus preneurs. Les âmes errent pendant quarante jours sur Terre, paraît-il, période qui peut se prolonger dans le cas de vies fauchées brutalement.

Quelqu’un m’a parlé d’un homme sans visage qui, récemment, l’avait regardé un soir par sa fenêtre. Yoyok, mon chéri, a l’habitude. « Récemment j’étais avec une demi-douzaine de personnes vers minuit quand on a tous vu passer un personnage sans visage – un djinn quoi ».
Et puis il y a ce copain de Yoyok, Johnny, qui est mort percuté par un camion. Le lendemain de son enterrement un pote avec qui le défunt aimait jouer aux échecs le voit passer et lui propose une partie. Johnny le fixe d’un regard vide et passe son chemin. Comme la même scène se reproduit plusieurs fois le pote finit par interroger un ami commun qui manque de s’évanouir : Johnny ? Il est mort et enterré!!

On m’a aussi parlé d’un Balinais qui s’était installé près d’un cimetière et a reçu plusieurs visites d’une jeune fille qui demandait un café et…à regarder la télé ; une fois devant le poste elle disparaissait !
Sinon un chauffeur de taxi sumatrais, lui, me disait qu’il lui est arrivé de prendre des clients fantômes. Quand, les trouvant bien silencieux, il s’est retourné, il a réalisé qu’ils n’étaient plus là…ampoules déjà guéries?

Si vous voulez de temps à autre changer d’univers ou vous offrir une chair de poule, branchez vos amis indonésiens sur ce sujet inépuisable. Vous verrez, leurs récits décoiffent !

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