DES COUPLES NOUS PARLENT DE L’AMOUR A BALI

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L’amour à Bali est comme un jeu de hasard qui mélangerait sur un coup de dé un certain nombre de désirs et de sentiments hétéroclites, en regard de l’origine de ceux qui y succombent. Tomber sous la flèche de Cupidon ici donne quelquefois vie à des relations qui auraient été improbables ailleurs et qui font toute la richesse de l’expérience. Car s’aimer sur cette île cosmopolite, ce n’est pas comme s’aimer à Vesoul… Enflammé par cette soudaine passion tropicale, souvent fantasmée et bien loin des conventions qui ont cours à la maison, vivre une histoire d’amour à Bali se situe quelque part entre la découverte d’une liberté nouvelle mais aussi de contraintes insoupçonnées. Pourtant, à Bali, tout est possible ou presque, et en ce mois de la Saint-Valentin, nous avons essayé de dénouer l’écheveau de l’amour avec quelques témoignages de ceux qui l’ont rencontré sur cette île à nulle autre pareille…

Gerdy et Simon : à Bali, les barrières sociales et comportementales tombent
Gerdy Fazekas est venue une première fois en vacances à Bali il y a 6 ans. Elle a été séduite et attirée par l’île, ses vibrations et sa population cosmopolite. Quelque mois après son retour de vacances, lassée par l’extrême pression de l’environnement professionnel de Budapest, elle décide de faire ses valises pour venir à Bali.
« La course à l’argent et le rythme de vie à Budapest me semblaient devenus en partie vides de sens. J’ai trouvé un job dès mon arrivée, qui était plus en phase avec ce que je recherchais », explique-t-elle. Simon Paris quant à lui est arrivé il y a 8 ans à la suite d’autres expatriations en Asie et en Amérique du Sud. C’est lors d’une réunion dans un restaurant de Canggu qu’il rencontre Gerdy. « C’était une réunion professionnelle entre deux marketing managers, comme il s’en passe dans toutes les villes du monde. Mais nous étions à Bali, dans un petit bar-resto, le Plumbers Arms, et non pas dans un bureau avec un timing restreint au dixième étage d’une tour grise. Le contexte fait plus facilement tomber les barrières… et favorise les rencontres. Plus largement, les brainstormings à Bali sont bien souvent plus créatifs et dynamiques que partout ailleurs dans le monde. Ici, on est dans un bain multiculturel fantastique, les entraves sociales et comportementales sont moins fortes que dans les grandes villes occidentales, l’esprit fonctionne plus librement, les idées s’enrichissent des différentes approches culturelles. On discute tout d’une manière plus ouverte et enthousiaste », se rappelle-t-il. Le couple s’est formé au bout de quelques mois et attend à présent son deuxième enfant pour le mois de juillet. Gerdy reconnaît qu’on peut facilement tomber dans l’illusion à Bali, tout y invite. Même se demander si on aurait pu tomber amoureux de la même personne ailleurs. « Heureusement, nous étions tous les deux dans la vie active sur place et non plus dans l’illusion de liberté ou de facilité qui habite les voyageurs et les nouveaux arrivants. La majorité des couples et familles que nous fréquentons sont aussi issus de milieux culturels différents. Avoir des schémas de vie communs et des préoccupations similaires aide à consolider les amitiés. Beaucoup d’entre eux se sont d’ailleurs rencontrés à Bali, notamment vers Canggu. Le dynamisme de l’île et le bouillon des cultures favorisent les histoires d’amour interculturelles », résume-t-elle.

Nita et Laurent : à Bali, les gens se moquent de ce que vous faîtes, de qui vous êtes

Laurent et Nita se sont rencontrés à Bali et vivent ensemble depuis 1999. Lui, Français originaire du Centre et elle, Javanaise originaire de Malang, habitent à l’ouest de Denpasar. Ils ont 5 enfants, 5 garçons dont les deux plus âgés ont fini l’université alors que le petit dernier est encore au primaire. Pour eux, l’amour à Bali est unique. « A Bali, c’est génial, c’est différent des autres endroits d’Indonésie. Les gens se moquent de ce que vous faîtes, de qui vous êtes ici. Il y a le facteur liberté à Bali. De retour au kampung à Java, c’est une autre histoire, les gens là-bas, ont beaucoup de principes », commente Nita. « Pour moi, Bali, c’était l’exotisme que j’ai découvert, c’était loin, c’était léger, les gens sourient et c’était étonnant pour moi. J’avais envie de retenter une vie de couple. Nita était déjà mère, divorcée, moi veuf avec un enfant, nous étions faits pour nous rencontrer. Je suis tombé amoureux, c’était animal, j’avais envie de découvrir son univers, elle avait cette douceur. Moi, je suis romantique », confie de son côté Laurent. « Oui, Bali, c’est romantique. Impossible de connaître cela au kampung à Malang, surenchérit Nita à son tour. Bali est vraiment spéciale, c’est unique. La liberté que cela donne, c’est la liberté d’aimer. » Leur amour n’aurait-il donc pas été possible ailleurs qu’à Bali ? « A Java, la jalousie des autres, c’est lourd. Et puis, il y a ce formatage religieux qui rend les Javanais musulmans plus intolérants aujourd’hui. A Bali, on le sent moins même si les Balinais ne sont également plus aussi cools qu’auparavant », explique Nita. De son côté, Laurent fait le commentaire suivant : « Il y a deux choses… l’environnement et l’amour. Si je suis amoureux, je peux l’être partout, ce qu’il y a autour, ce n’est pas très important. » Nita surenchérit : « N’importe où, quand on aime, peu importe l’endroit. » L’amour transnational, c’est difficile ? « Nous faisons fi de nos différences culturelles aujourd’hui, nous avons appris à les connaitre et à les surmonter », affirme pour sa part Laurent. Leur amour résistera-t-il aussi au temps ? « Cela fait déjà 19 ans et j’espère bien que cela durera jusqu’à la fin de ma vie », affirme Nita. « Tant qu’on continuera à se désirer alors l’union fera la force », conclut Laurent avec certitude.

Eléonore et Nugra : à Canggu, beaucoup de couples mixtes du même âge se forment


Eléonore Adhityawan nous raconte comment elle a rencontré son mari javanais à Canggu. « Il y a une certaine magie à Bali, un peu cliché, on prend la moto, on se retrouve dans les rizières ou sur la plage, tout est propice à se laisser aller à la vie amoureuse ; la simplicité et la liberté de la vie à Bali font chavirer beaucoup de cœurs. A présent que je suis maman, je vois les choses un peu d’un autre œil, ça semble moins idyllique mais je me plais toujours ici avec mon mari Nugra qui est javanais. Nous nous sommes rencontrés en 2013. Il m’a séduit par sa joie de vivre et son côté positif. Très vite, nous avons vécu ensemble et c’est lui qui m’a aidée à me fixer ici parce que j’avais envie de rentrer en France au bout de trois ans passés ici. A Canggu, il y a beaucoup d’Indonésiens, non balinais, nous vivons sur un pied d’égalité, sortons dans les mêmes endroits, beaucoup de couples mixtes se forment du même âge contrairement à Seminyak où on est plus sur un schéma de l’homme occidental avec une jeune femme locale plus jeune. Tous les deux, nous nous sentions étrangers ici et on avait envie de démarrer quelque chose de nouveau ensemble. Bali nous a aidés, il fallait qu’on s’entraide sur un territoire presqu’inconnu, constituer nos réseaux, trouver une maison, s’installer vraiment à long terme. Ici, on a beaucoup de facilité, les amis et la famille viennent nous voir et il y a tellement de brassage que ni l’un ni l’autre n’étions coupés de nos racines totalement. La deuxième étape, ça a été de partir en France à la rencontre de ma famille et de mes amis pour voir s’il aimait mon pays et ma culture. C’était un vrai caméléon, tout le monde l’a adoré et ma grand-mère qui le trouvait très élégant disait : Nugra, il porte bien la toilette. Nous nous sommes mariés en septembre 2015 et notre fils est né un an plus tard exactement. Je ne me suis jamais imaginé vivre avec quelqu’un de ma propre culture. Je suis d’abord tombée amoureuse de la culture indonésienne à l’occasion de mon premier stage à l’âge de 22 ans, puis naturellement d’un homme indonésien avec qui j’ai fait un enfant. »

Nancy et Deni : l’avantage, c’est qu’on se heurte rarement


Notre contributrice Nancy Causse nous a ouvert son cœur sur ses amours indonésiennes : « Je suis venue il y a 18 ans en Indonésie en vacances à l’aventure. Avant d’envisager ce voyage, je dois avouer que je ne savais même pas que Java et Bali étaient deux îles qui faisaient partie de l’archipel indonésien ! La seule chose que j’avais dans un coin de la tête, c’était des amis qui étaient allés à Bali en 1980 et qui m’avaient parlé de la douceur des Indonésiens : « on dirait des anges », avaient-ils répété. Après un séjour d’un mois à Java, je suis arrivée à Bali et suis tombée amoureuse d’un Javanais brillant et très drôle. Jamais je n’avais eu une relation sentimentale aussi douce et sensuelle. Cette belle histoire a duré une dizaine d’années. Et puis, Deni, un autre Javanais, est arrivé à moi avec son grand sourire au moment où je pensais quitter Bali. Je le connaissais déjà et je vis avec lui depuis. A la différence des hommes occidentaux, Deni, tout comme mon ex, m’accepte avec mon côté fofolle, essaie peu de me changer d’ailleurs, et ne se focalise pas sur les détails. De plus, il fait tout pour donner l’impression que non seulement tout est possible mais que la vie est belle. Ils croient dans les relations, sont très fleur bleue, finalement assez classiques à la papa maman, jaloux si un autre homme me parle. Parfois, il me demande si je l’aime vraiment ou si c’est parce que je suis sous le charme de Bali ? L’avantage, c’est qu’on se heurte rarement, Deni est dans la recherche de l’harmonie à tout prix, et pas dans les principes rigides, comme ses compatriotes d’ailleurs. Ce que j’aime avec lui, c’est qu’il a ce petit décalage quand je me mets en colère, il est patient, ne s’énerve pas, me désarme avec un sourire, ça aide à résoudre les conflits. Et puis on a une femme de ménage, on ne pourrait pas s’en passer, j’ai d’ailleurs écrit dans le journal à ce propos, parce que mon Deni est bordélique et que je ne supporterais pas de faire son ménage. »

Socrate Georgiades et Eric Buvelot

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