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En route vers le Bali d’avant… avec Thomas dit « Lapis Tomas »

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Thomas dit « Lapis Tomas » du temps où chacun ici portait un surnom, nous raconte son Bali des années 80 avec beaucoup de distance et d’humour, nous renvoyant en préambule aux impressions de Miguel Covarrubias lors de son second séjour à Bali en 1933, déjà submergée par la civilisation et le tourisme de masse…

“Today almost everyone has heard of Bali. To some it means a smart place to go, one of the many ports in a round-the-world cruise; to other it brings mental images of brown girls with beautiful breasts, palm trees, rolling waves, and the romantic notions that go to make a South Sea Island paradise. “Isn’t Bali spoiled?” is invariably the question that greets the returning traveller from Bali – meaning, is the island overrun by tourists, and are the Balinese all wearing shirts? The questioners are visibly disappointed to hear of big hotels, fine roads, and motor-cars… Undoubtedly Bali will soon be “spoiled” for those fastidious travellers who abhor all that which they bring with them.”

Extrait de “Island of Bali” (1946), Miguel Covarrubias lors de son second voyage en 1933.

“Moi, j’étais le tout dernier à « découvrir » cette île et tout le monde me parlait du bon vieux temps avant que les Balinais n’inventent la roue. C’est vrai que Kuta et Sanur étaient infestés de touristes, Il était même question de vols directs depuis Singapour ! Alors, voulant éviter tout ce remue-ménage, je me suis installé loin de tout, à Seminyak. Kuta n’était après tout pas trop loin car ayant un peu plus d’argent que les Balinais, on avait des motos. Remarquez qu’on n’en avait pas beaucoup plus, on faisait des économies ailleurs (sur les maillots de bain par exemple). Eux tous en vélo, vous vous imaginez ! Le trafic était épouvantable car ils pédalaient à trois, quatre l’un à côté de l’autre.

Il n’y avait pratiquement pas de voitures. Comment auraient-elles pu circuler parmi tous ces vélos ? Si, il y en avait une qui nous apportait un morceau de glace 2 fois par semaine. Mais elle avait vite fondu et on buvait la bière tiède. Et pour la bouffe, c’était pas Michelin. Le plat principal consistait en un bol de riz blanc avec la consistance de porridge, mais sans sucre et quelques légumes étranges, heureusement qu’il y avait Made’s warung à Kuta, le seul endroit où on pouvait manger un morceau de fromage australien. Quel délice ! De temps en temps, nous allions en expédition à l’intérieur de l’île, mais quelle galère ! Il n’y avait pratiquement pas de routes et lorsqu’ on s’arrêtait pour demander notre chemin, personne ne comprenant un mot d’anglais, on se perdait. On roulait lentement sur des pistes poussiéreuses, pleines de trous, des chiens affamés nous courant après et il n’y avait rien, que des rizières à perte de vue, l’angoisse! Pas le moindre petit spa pour se détendre et lorsque nous arrivions dans un village on buvait de l’eau bouillie faute de Coca-Cola.

Epuisé, frigorifié, car il fait froid dans les montagne, je rêvais de rentrer à la maison, faire couler un bon bain chaud et me relaxer en regardant la télé. Seulement, la maison était une hutte en bambou avec un toit en paille sans eau chaude, ni baignoire, et certainement pas de TV faute d’électricité, juste une cuve et une louche. Ca me rappelle l’histoire des premiers Balinais dans une chambre d’hôtel en Europe remplissant la baignoire, ils se lavaient et se
rinçaient debout à côté de la baignoire ! Alors merde, quoi faire. Je voudrais bien appeler des copains mais il n’y a pas de téléphone. Dans le lointain j’entend « ding dong » et je ressors pour voir ce qui ce passe. Les Balinais avait bouclé la rue principale et faisaient la fête, tous déguisés portant des longues jupes et des trucs bizarres sur la tête. Les plus extravagants avaient des costumes de monstre et se couraient après avec de longs couteaux tordus. Moi j’aime pas la violence alors je rentre à la cabane et je bouquine Tintin au Congo à la lumière d’une misérable lampe à huile en me faisant bouffer par d’horribles insectes.»

 

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