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En route vers le Bali d’avant avec… Téo Barrault

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« Je suis né à Kasih Ibu sur Jl Teuku Umar à Denpasar. Mes premiers souvenirs à Bali ont pour cadre le Mesari [Ndlr. un ensemble de bungalows sur la plage de Seminyak] où ma mère vit depuis ses débuts à Bali, encore pour quelques mois. Pas d’hôtel autour de chez nous, une ambiance de jungle, moins de bruit aussi, il n’y avait pas encore la Plancha ! Quand j’étais petit, nous baignions dans une ambiance de vacances un peu roots qui a totalement disparu maintenant, ma mère avait à l’époque une Volkswagen Safari décapotable. […] J’ai été le 5ème élève à intégrer l’école française et j’y suis resté jusqu’au brevet à 14 ans. Au début de l’adolescence, je n’ai pas vraiment suivi comme beaucoup de copains de l’époque, la vie de la nuit. C’est vrai que la vie facile de Bali n’incite pas vraiment à persévérer dans les études, l’exemple aussi de certains parents fêtards et autodidactes, la conduite des bebek, tout cela a parfois emmené certains copains à plonger profond dans la vie de nuit et à se confronter à des situations graves. J’avoue que je me suis ennuyé à partir de 12-13 ans. Alors, ma mère m’a envoyé en Thaïlande, à Chiang Mai, dans un internat anglophone où nous étions d’ailleurs plusieurs jeunes Français de Bali. Il y avait beaucoup à faire dans cette école, nous étions 250 au lycée, il y avait plus d’émulation. Le seul bémol dans cette ville de Thailande, c’était le comportement des étrangers avec les locaux, je les ai trouvés beaucoup plus « colons » qu’ici, ils n’ont pas les relations amicales que nous entretenons avec notre grande famille indonésienne […] Après mon bac international, je suis parti étudier en France, c’est la première fois que j’y vis. On me considère comme un Indonésien francophone. J’ai été frappé par les méthodes d’enseignement en France, un peu datées à mon goût. On colle une pression aux étudiants qui les rend serviles, on ne les respecte pas assez, ça instaure une mauvaise ambiance entre eux, ça ne leur fait viser que l’obtention d’un diplôme mais aucun plaisir ni implication dans leurs études. J’ai aussi le sentiment qu’ils sont plus angoissés que nous par la recherche d’un boulot et qu’ils sont prêts à accepter n’importe quoi. Ce qui m’a frappé aussi, c’est leur vision du monde très restreinte, assez limitée aux frontières de l’hexagone. Par exemple, la révolution en Egypte ne les concernait pas du tout. Ce qui est sûr, c’est que je ne vivrai pas en France après mes études, ni à Bali d’ailleurs. Chaque fois que je rentre sur mon île, mon cœur se serre à cause de ce développement dans le chaos. J’essaie d’avoir un regard distancié et de réfléchir à des solutions positives pour l’environnement. Je suis en train de travailler à quelques projets pour la chaîne Alam TV Bali dédiée au développement durable et je viens de terminer un clip de présentation pour soutenir l’ONG Peduli Alam qui travaille sur la collecte des déchets. »

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