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En route vers le Bali d’avant… avec Makiko Radom Iskandar

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« Avant de vivre à Bali, j’ai d’abord séjourné à Jakarta. J’avais rencontré mon mari indonésien à Tokyo des années plus tôt, il était étudiant et pensait passer sa vie au Japon, c’est d’ailleurs à cette seule condition que mes parents avaient accepté notre mariage. Et puis un jour, il a eu une opportunité de travailler à Jakarta et je l’ai suivie en 1971. J’ai détesté d’emblée cette ville pleine de moustiques et sans transports publics, au bout d’un mois je me suis rendu au comptoir de la Japan Airlines pour prendre un billet de retour au pays. Le responsable de l’agence pensait que je cherchais du travail, il m’a conseillé d’être patiente et je suis rentrée chez moi entourée de mes domestiques et de mes livres. Quelque temps plus tard, j’ai trouvé un travail grâce à Warwick Purser de l’agence Pacto, je devais m’occuper des touristes japonais pendant leur transit de 5 heures à Jakarta avec force oshibori (serviettes froides) et onigiri (boulettes de riz), je leur faisais visiter dare dare le musée national.

En 1978, nous nous sommes rendus en voiture à Bali avec mon mari et au bout d’une semaine, nous avions formé le projet de nous y installer. Nous avons rapidement monté une société de transports de touristes (Mari Transport) dont le nom est forgé à partir de mes initiales. Une conférence de ministres et un premier groupe de 100 touristes ont rapidement lancé notre aventure et développé la venue des touristes japonais à Bali, ce fut longtemps la première communauté touristique à Bali avant d’être supplantée par les Australiens. Il y eut jusqu’à 29 vols hebdomadaires directs depuis le Japon, le nombre a été divisé par deux depuis la faillite de la Japan Airlines. […]

En 1978, la by pass Nusa Dua n’existait pas encore, la route était si étroite qu’il fallait s’arrêter pour laisser passer les autres voitures, elle n’a été élargie qu’en 1982. Il n’y avait d’air conditionné nulle part et tout était poussiéreux, c’est sans doute ce qui incitait les touristes à se rendre en priorité à Kintamani et à assister au kecak d’Uluwatu. Nous n’étions que 4 Japonais à Bali à mon arrivée, à présent nous sommes plus de 2000 résidents dont 500 à 600 femmes japonaises mariées à des Balinais, la première communauté étrangère de Bali et on compte plus de 40 restaurants qui servent notre cuisine, la plupart d’entre nous vivent à Sanur […] J’aime tout à Bali, et les Balinais en premier lieu, ils sont pleins de cœur même s’ils ont aussi leurs défauts. L’hindouisme est très proche du bouddhisme japonais que je pratique, c’est aussi sans doute ce qui m’aide à bien comprendre leur mode de pensée. La seule réserve que j’émettrai concerne la pollution, il faudra prendre rapidement des décisions en matière de transports publics.»

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