Accueil En route vers le Bali d'avant

En route vers le Bali d’avant… avec Laurine Lavergne

PARTAGER SUR

De son enfance à Bali, Laurine Lavergne se remémore pour nous toute la richesse des relations humaines et sa complicité avec ses amis balinais. Le manque d’infrastructures scolaires de l’époque ne l’a pas empêché de poursuivre des études de droit en France et d’avoir passé récemment le barreau, la porte d’entrée pour devenir avocate.

« Je suis née en France mais mes premiers souvenirs ont pour cadre Bali, j’y suis arrivée un peu avant de fêter mon troisième anniversaire en 1990. Avec mes parents, nous avons toujours vécu à Sanur dans un environnement où ne séjournaient jamais plus de deux ou trois ans des managers d’hôtels avec leur famille, des gens de passage pour la plupart. Difficile dans ce cas de nouer des relations durables. Les vrais permanents, c’était nos nounous, nos voisins balinais, nos copains de la plage, c’était eux qui constituaient ma grande famille avec laquelle j’ai beaucoup passé de temps et échangé, je parlais couramment balinais à l’époque. Quand on vit si loin de sa famille d’origine, c’est important de se recréer une famille ! C’étaient eux tous qui nous offraient aussi une échappatoire par rapport à l’école quand il y avait des frictions parmi les enfants étrangers que nous fréquentions à la Bali International School. Auparavant, j’ai fait partie des groupes scolaires francophones (animés entre autres par ma mère) qui ont préexisté à l’école française mais je suis partie à la BIS avant que l’école française ne se crée. Difficile de mesurer combien je serais différente si j’avais étudié à l’école française. Il y avait une grande ouverture d’esprit à la BIS, beaucoup de nationalités représentées, une vraie fenêtre sur le monde et la langue anglaise pour nos échanges ! […]

C’est sans doute grâce à ma forte cellule familiale que j’ai traversé l’adolescence sans trop de dommages et aussi parce que j’étais une bonne élève qui avait envie de réussir. J’ai eu une période raves et fêtes à l’âge de 13-14 ans et finalement, c’est passé assez vite, après on se remet à travailler ! A Bali, c’est vrai qu’il y a moins d’encadrement et plus de liberté, certains se sont brûlés les ailes. D’autres sont ensuite tombés dans le piège de petits boulots à droite et à gauche et ont à moitié abandonné leurs études. Non pas que ça ne soit pas le cas ailleurs, mais à Bali, les tentations semblent plus nombreuses et y céder certainement plus facile […]

A présent, j’étudie en France et j’observe ces Français de France et je me dis qu’on pourrait instituer, en remplacement du service militaire disparu, une sorte de stage à l’étranger pour les jeunes gens et jeunes filles. Leur discours est très fermé, les jeunes ont peur, ils sont encore lycéens mais manifestent déjà pour leurs retraites ! Dès qu’ils peuvent, ils investissent dans une voiture, un appartement, sans doute pour se rassurer quant à leur avenir. Je ne me reconnais pas vraiment dans leurs préoccupations, c’est ce qui fait que je me suis fait plus facilement des relations parmi les étrangers que parmi mes concitoyens. Je me pose bien sûr souvent la question de mon identité, suis-je plus balinaise que française ? Je ne suis pas capable d’y répondre mais ce dont je suis sûre, c’est que Bali est un lieu unique pour s’ouvrir au monde, grandir et devenir une adulte responsable. »

PARTAGER SUR

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here