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En route vers le Bali d’avant… avec Daniel Chieppa

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« Quand je suis arrivé sur l’île en 1989, nous descendions encore à pied de l’avion. C’était magique, les frangipaniers, les sculptures, les sourires, l’hospitalité et la gentillesse des Balinais m’ont touché et jusqu’à présent d’ailleurs. A Bali j’ai découvert la signification du mot « jodoh », c’est-à-dire ta moitié, ta partenaire pour la vie. Mes débuts ici ont été pittoresques : une Française du nom de Chantal m’avait embauché pour l’aider à gérer ses productions de confection, alors que ce n’était pas du tout mon métier. J’étais guide touristique pour circuits d’aventures et sportifs, toutefois la proposition était alléchante : elle m’avait payé le billet A/R, promis 20 000 FR/mois (dans les 3 000 euros), voiture, chauffeur, maison à Jimbaran où se trouve à présent le Four Seasons. J’ai tout eu, sauf le salaire, elle est partie en Angleterre en me laissant tout, y compris de nombreuses dettes ! Finalement j’ai été expulsé de cette belle maison, à la rue sans un sou. J’étais entre-temps tombé amoureux de Bali et de ma belle Balinaise, Yatna qui est ma femme depuis 21 ans. Nous avons traversé ensemble ces obstacles dans l’amour et la joie, parfois difficile car l’Ouest et l’Est ont du mal à se comprendre (heureusement, avec patience et méditation, on y arrive). Nous avons redémarré à zéro grâce aux quelques économies de ma belle (qui était docteur en archéologie) et qui travaillait au cargo Alpha Sigma. Nous avons commencé par habiter des kost, 6 chambres à 30 000 Rp/mois, Jalan Gunung Sari à Denpasar, que nous avons cédés à l’école française en 1992 lorsque Krishna mon fils est né dans la première maison que nous avions construite à 3 mn de Kuta, c’était d’ailleurs la première maison à étage de ce village.

Il n’y avait pas encore de route goudronnée, les cochons en liberté, les cocotiers, les cacaoyers. Sur place, nous avions aussi notre atelier de confection que nous avons agrandi petit à petit jusqu’à ce qu’il couvre 2 000 m². En 1996, notre fille Bambou est arrivée, le bonheur ! […] Bali, avec tous ces fruits et légumes, c’est le paradis (les durians, les jaques, les mangues, les ramboutans, les lychees.) Depuis 21 ans, jamais vu de docteur, pas un médicament pour nous quatre. Bien que très occupés, nous avons toujours pris le temps d’aller grimper les sommets, nettoyer les plages tous les mois avec parfois 200 personnes, planter des arbres avec les Japonais à Kintamani, faire du yoga et l’enseigner aux employés. C’est ce qu’on appelle ici karma pala, faire du bien et obtenir du bien. Il y a aussi cette notion de Tri Hita Karana propre à l’hindouisme balinais, le respect des hommes envers les dieux, les humains et la nature. Même si peu la comprennent et la pratiquent, libre à chacun de mettre de l’eau dans son vin. Comme disait Gandhi, « nous devons être actifs dans le changement que nous voulons voir dans ce monde. » D’ailleurs si le cœur vous en dit, grands et petits, pour quelques heures de marche ou des dons, rejoignez les « solemen » (et Bambou 15 ans)”

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