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Elsa Delaunay : pour vivre en Indonésie, il faut entrer dans le flux

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En Indonésie, il existe différents types d’expatriés. Elsa, 24 ans, étudiante en tourisme et originaire d’Angers, fait partie de ceux qui se fondent dans le pays et sa culture, ceux qui s’attachent à la population, au rythme de vie, décident de suivre le flot et profitent ainsi de l’Indonésie comme il se doit.

« S’adapter en Indonésie, c’est comme pour la valse des scooters, une fois que tu te glisses dans le flux, tu te rends compte que c’est très fluide et tu oublies pourquoi tu avais peur. » Elsa est ce qu’on peut appeler une bonne pâte. Si bien qu’elle n’a pas eu de mal à s’adapter à la culture indonésienne. Son histoire avec le pays commence l’an dernier quand elle part s’installer à Yogyakarta pour six mois. Là-bas, elle travaille en tant que stagiaire dans une petite agence de voyage, Exotika-Lands, et revoit tous ses préjugés sur le plus grand pays musulman du monde. Elle qui est arrivée couverte de la tête aux pieds à l’aéroport, découvre une ville pleine d’artistes « très free dans leur manière de vivre ». Il est facile et banal de retrouver musulmans, catholiques, bouddhistes, hindouistes autour d’une table dans un warung. « Notre étiquette n’est pas une barrière en soi et c’est là le début de la compréhension de ce pays multiculturel. Bien sûr, il y existe une certaine pression sociale. Tu te dois, par exemple, de respecter les règles de la communauté locale, et tu ne peux pas vivre avec un homme sans être mariée. Mais même si la population reste pudique, il est facile de rencontrer les locaux et de créer avec eux de réelles amitiés

A Yogyakarta, Elsa se sent tellement bien qu’elle décide de prolonger son stage. Elle qui devait partir mi-juillet reste finalement jusqu’en septembre avant de rentrer en France, fin d’études oblige. « J’ai voyagé autant que j’ai pu. Mes études m’ont permis de m’installer quelques mois en Finlande et à Toronto. Une pause le temps d’enfiler mon sac à dos et en avant pour l’Amérique du sud : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili. Mais l’Indonésie est le premier pays qui m’a donné envie de revenir pour approfondir cette expérience de vie.» Ça tombe bien, le cursus d’Elsa lui permet d’effectuer un nouveau stage. « Ça s’est fait très vite. En décembre j’ai trouvé une place chez un voyagiste de taille, Asian Trails Indonesia et la demande de Kitas s’est lancée dans la foulée. J’ai débarqué à Bali mi-mars. »

Sur l’île des dieux, Elsa n’est pas en terre inconnue puisqu’elle a déjà fait le tour de l’île à moto lors de son premier séjour en Indonésie. Et puis, elle y a déjà des amis, notamment à Sanur où elle s’est installée. Mais elle est contente d’avoir découvert Yogyakarta d’abord, et de se rendre compte que « Bali, ce n’est pas l’Indonésie. » L’île ne suffit pas à représenter le pays dans sa diversité. « Si les Balinais sont accessibles, une réelle mixité sociale me semble plus difficile. Il parait moins évident de créer un vrai lien et tu peux rapidement t’isoler dans ta bulle européenne. » Une distance qu’elle explique en partie par l’écart du niveau de vie entre les deux populations : « A Yogya, il n’y a pas autant de warung chics ou de repères d’expats !  » Du coup, si l’étudiante en tourisme a bel et bien l’intention de s’installer en Indonésie, elle se voit plutôt là-bas, au contact des artistes « qui ont du potentiel mais manquent de visibilité. » Et la France ? « Trouver un travail juste après les études, ce n’est pas impossible, mais un rebond difficile. Honnêtement, je ne suis pas attirée par l’idée de tenter le coup. Et puis, si ce n’est le vin rouge, je ne manque de rien ici…»

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