LES DOMMAGES ÉCOLOGIQUES RETENUS DANS LES AFFAIRES DE CORRUPTION

PARTAGER SUR

L’agence anti-corruption indonésienne (KPK) tente d’inclure les éventuels dommages écologiques des affaires de corruption qu’elle traite dans les charges retenues contre les accusés.

Cette nouvelle disposition pourrait dès lors accroitre les peines prononcées lorsque le délit de corruption a également des conséquences environnementales.

Cette annonce du KPK est en connection directe avec le procès de Nur Alam, le gouverneur de Sulawesi-Sud actuellement sur le banc des accusés et qui vient d’être suspendu.

Le gouverneur véreux est passible de 18 ans de prison pour avoir accordé illégalement des permis d’exploitations minières entre 2009 et 2014.

Parmi les bénéficiaires de ces autorisations, on trouve PT Anugrah Harisma Barakah (AHB), qui exploite donc illégalement le nickel dans cette région.

Febri Diansyah, le porte-parole du KPK, a expliqué que les pertes de l’état étaient « plutôt énormes ».

« Dans ce cas, nous essayons de lier le délit de corruption et l’impact causé sur l’environnement par la délivrance de ces permis illégaux », a-t-il expliqué à Kompas.

Le KPK espère ainsi faire jurisprudence avec l’affaire du gouverneur de Sulawesi et permettre ainsi aux futurs cas impliquant des dommages écologiques de retenir ce grief supplémentaire.

« Le moins que nous puissions faire est de le présenter devant les juges afin qu’ils le prennent en compte », a-t-il dit à Media Indonesia.

Le KPK explique par exemple que dans l’affaire d’extraction du nickel par PT Anugrah Harisma Barakah, les pertes de l’état seraient actuellement de 312 millions de dollars si on considérait également les 196 millions de dollars induits par les dommages sur l’environnement et les possibles réparations.

Afin de présenter ces chiffres, le KPK se base sur un calcul effectué par l’Institut d’agriculture de Bogor (IBP) en fonction des données du ministère de l’Environnement.

Sans doute grâce à cette nouvelle démarche de l’agence, la peine de 18 ans requise contre Nur Alam, dont le nom se traduit avec ironie par « Lumière de la Nature », est sans précédent dans les affaires de ce type.

Lire aussi :
LE SPECTRE DU PKI UTILISÉ POUR BRISER L’OPPOSITION A UNE MINE D’OR
L’INDONESIE CRIE VICTOIRE DANS SON CONFLIT AVEC FREEPORT

SOURCEMongabay
PARTAGER SUR

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE