Des revendications inédites pour la Journée internationale de la femme

PARTAGER SUR

A l’occasion de la Journée internationale de la femme, des centaines de personnes sont descendues dans la rue dimanche à Jakarta, pour demander au gouvernement de mettre fin à la violence systémique contre les femmes.

Le cortège a défilé du siège de l’Agence de supervision des élections jusqu’au palais de l’Etat. Parmi les messages brandis, on pouvait lire “Brisons l’hétéropatriarcat”, “Je déteste le patriarcat, pas les hommes”, ou encore “Adoptez la loi sur la violence sexuelle, rejetez la loi Omnibus sur la création d’emplois”.

Lini Zurlia, coordinatrice de l’Alliance du mouvement des femmes contre la violence (Gerak Perempuan), a déclaré devant la foule : “Aujourd’hui, nous ne célébrons pas seulement la Journée internationale de la femme. Aujourd’hui, nous demandons à l’État de respecter les droits des femmes qui ont été ignorés pendant trop longtemps”.

Elle a déclaré que la violence contre les femmes était enracinée dans les valeurs patriarcales ancrées dans le gouvernement et ses politiques. Elle accuse notamment l’État de légitimer la violence contre les femmes, par ses réglementations répressives, telles que le projet de loi sur la résilience de la famille et le projet de loi Omnibus sur la création d’emplois. Selon une des manifestantes, la loi Omnibus représente une menace particulière pour les travailleuses, et va de plus en plus aliéner les femmes.

Les revendications de Gerak Perempuan comprennent la mise en place d’un système de protection des femmes, l’adoption de lois favorables aux femmes, la révocation des réglementations discriminatoires, le rejet des projets de loi qui menacent les droits des femmes et la reconnaissance de la diversité des sexes.

A lire aussi : soirée de remise des prix en l’honneur des femmes indonésiennes qui se battent pour l’égalité des sexes et leurs droits

Un groupe d’activistes du mouvement de la Marche des femmes de Sumatra-Nord a organisé ce dimanche 8 mars un rassemblement afin de recueillir des soutiens pour l’adoption d’un projet de loi anti-violence sexuelle tant attendu.

Les délibérations sur ce projet de loi ont été interrompues pendant des années en raison des objections des groupes conservateurs musulmans. La Chambre des représentants a soumis à nouveau le projet de loi dans son programme législatif national cette année, à la suite des demandes des organisations de la société civile.

Lely Zailani, coordinatrice de la Marche des femmes de Sumatra-Nord, a déclaré que cette initiative permettrait de mettre fin à l’impunité des auteurs de violences sexuelles.

Dans le rapport annuel 2019 de la Commission nationale sur la violence contre les femmes (Komnas Perempuan), 406 178 cas de violence contre les femmes ont été signalés tout au long de l’année, soit une augmentation de 14 % par rapport à 2018. Environ 71 % des cas signalés en 2019 concernaient la violence domestique, 28 % le harcèlement public et 1 % divers types de violence, y compris le harcèlement en ligne.

“Nous demandons au gouvernement d’adopter immédiatement la loi contre la violence sexuelle”, a déclaré Mme Lely, ajoutant que les femmes avaient été victimes de violence à la maison, à l’école, dans les transports publics, sur leur lieu de travail et sur internet.

PARTAGER SUR

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE