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Décès du bijoutier Jean-François Fichot

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Jean-François Fichot (1948-2011), figure ancienne de Bali, célèbre pour ses bijoux et son jardin, vient de décéder dans un accident de la circulation à Cuba. Sa nièce lui rend hommage dans cet in memoriam…

« Jean-François Fichot nous a laissés, subitement, dans un tragique accident de voiture à Cuba, le 30 juin dernier. Il y a 35 ans environ, Jean-François arrivait pour la première fois à Bali et ce fut le coup de foudre. Au début des années 1970, il prit la route pour l’Orient, comme beaucoup à cette époque. Il resta à Katmandou puis à Goa avant de continuer vers la Thaïlande et la Malaisie ; Bali conquit son cœur en 1978. Il dira un jour : “Ce n’est que lorsque j’ai découvert les plages de Bali et sa jungle verte que j’ai véritablement trouvé ma maison spirituelle”. En quelques années, il transforma des champs de riz en un splendide jardin botanique incomparable sur l’île. Il a collecté des plantes aux quatre coins du monde durant ses voyages et les réunira harmonieusement à chaque retour, comme il faisait avec ses spectaculaires bijoux. Comme il l’a dit dans plusieurs interviews : “ Mon jardin c’est mon autre œuvre d’art .” Jean-François Fichot était réputé pour son esprit créatif et son regard d’artiste sur chaque chose, comme il aimait le dire, “ re-imaginer l’art ”. Il comprenait la matière, pierres précieuses, perles, verres antiques, etc. avec laquelle il travaillait et chaque bijou, bouddha, objet de décoration devenait unique une fois qu’il les avait pensés. L’année dernière, il ouvrit son magnifique magasin à Jalan Raya Pengosekan, où ses créations les plus diverses sont exposées dans une atmosphère respirant la tranquillité et la sérénité. Sa réputation inégalée d’artiste a grandi avec les années mais il était surtout connu pour sa générosité, un homme au grand cœur.

Un homme qui a aussi trouvé très difficile de voir notre île, son paradis, changer avec les années. La pollution croissante ainsi que le flot d’un tourisme massif était une douloureuse réalité qu’il avait du mal à accepter. Jean-François ne faisait aucun compromis quant à la norme élevée de sa production artistique. Il a participé amplement à amener la qualité artisanale à un niveau sans précédent. Sa relation unique avec la nature et sa curiosité infinie sur les cultures anciennes et leurs arts étaient sa source d’inspiration. Il avait l’esprit ouvert sur toutes les cultures mais était particulièrement attiré par le bouddhisme et l’hindouisme qu’il a pratiqués à diverses occasions. Il a été incinéré à Cuba. Ses cendres ont été envoyées à Bali où elles ont fait l’objet de rites nécessaires pour qu’il devienne hindou balinais et ensuite avoir une vraie crémation balinaise, symbolique certes car sans corps, au Krematorium Ceko Maria Penatih. Cette cérémonie a été suivie par la libération des cendres dans la rivière de Penatih, puis d’une purification de son âme à la maison du pendeta, que nous avons après relâchée dans la mer à Sanur. Ensuite, nous avons réinvité son âme à nous rejoindre chez lui où nous l’avons installée dans un autel. Depuis, il reçoit des offrandes tous les jours. La maison a aussi été purifiée selon les coutumes balinaises. Jean-François nous a quittés soudainement et beaucoup trop tôt. Il a grandement contribué à la beauté de Bali à travers son travail, son talent. Son entreprise est à présent perpétuée par moi, sa nièce. Il manquera encore longtemps à beaucoup d’entre nous. »

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