CANGGU ET UBUD, ICONES MONDIALES POUR LES NOMADES DIGITAUX

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Un nomade digital, c’est une appellation qui désigne un type nouveau de travailleur relié à son employeur ou ses clients par son ordinateur et une bonne connexion à Internet. Qu’ils soient freelances, entrepreneurs ou télétravailleurs, les nomades digitaux sont si nombreux à Bali que nous avons décidé d’y consacrer un dossier pour ouvrir cette année 2019 en disséquant ce phénomène de société et les raisons de leur attirance pour Bali. A travers certains sites spécialisés, nous nous sommes même rendu compte que Canggu et Ubud faisait partie des 15 endroits au monde les plus côtés par les nomades digitaux selon une trentaine de critères qui s’étendent bien sûr de la qualité de la connexion en passant par le coût du logement, la pollution de l’air, la sécurité pour les femmes, la tolérance vis-à-vis des communautés LGBT, la vie nocturne, la facilité à se déplacer… Galerie de portraits de gens qui vivent leurs rêves.

SANDRINE LANDRIX, AUTO-ENTREPRENEURE, BUSINESS COACH
« Je suis française et j’ai 36 ans, je suis venue pour la première fois à Bali il y a 4 ans, pour des vacances. A cette période j’étais avocate d’entreprise à Paris, j’avais envie de changement mais j’avais du mal à identifier ce que je voulais faire exactement, ces vacances d’un mois m’ont permis de prendre le large, de ralentir et de réfléchir. A mon retour à Paris, j’ai décidé d’explorer cette question de la transition de carrière. Je me suis rendu compte que nous étions nombreux à nous poser les mêmes questions sans vraiment savoir vers qui se tourner. Après quelques mois à Paris, je me suis aperçue que j’avais besoin d’explorer d’autres façons de vivre, j’avais envie de créativité. Je connaissais déjà les espaces de coworking et je savais que Bali attirait des personnes à la recherche d’un mode de vie différent et qu’il existait une communauté de créatifs, d’entrepreneurs et freelances. Je me suis dit pourquoi ne pas exercer mon travail d’avocat en étant à l’étranger et continuer d’explorer mon nouveau projet en parallèle ? Dans un premier temps je suis donc devenue avocate nomade, je continuais à aider des startups créatives, en les accompagnant dans leurs projets et stratégies juridiques. Après quelque temps et plusieurs destinations dont Bali, j’ai décidé de poser mes valises ici et d’en faire ma base “nomade”, tout en continuant à explorer d’autres endroits pour rencontrer des personnes et des projets qui m’inspirent : Vietnam, Thaïlande, Laos, Cambodge, Europe… J’ai écrit un premier programme, « Smile », qui se déroule sur 4 semaines, afin d’aider les gens à prendre du recul, faire le bilan, redéfinir ce que succès veut dire pour eux, dessiner la vie et le travail qui leur donnerait le sourire en se levant chaque matin. L’idée de « Smile » est directement inspirée par Bali et la joie de vivre communicative des Balinais. J’ai finalement petit à petit arrêté mon métier d’avocate et je me suis vraiment consacrée à ce projet. Je me suis aperçue que ma clientèle c’était surtout des personnes avec de nombreux intérêts, qui veulent créer leur propre activité. Je les accompagne à explorer ces aspects, à trouver un projet en lien avec leurs talents et aspirations, tout en les guidant pas à pas dans leur aventure entrepreneuriale. A côté de ça, je continue de développer ma propre créativité, d’explorer, de collaborer à d’autres projets. J’ai par exemple redécouvert récemment ma passion pour la photo et le storytelling, cela est désormais dans mes offres car avoir les bons visuels et savoir se raconter est un énorme pas quand on se lance. J’ai créé mon activité avec ce qui fait sens pour moi, qui me permet de créer, enseigner, en travaillant de n’importe où puisque les accompagnements se font via emails, Skype et workbooks. C’est tellement génial de voir quelqu’un révéler peu à peu son projet, retrouver l’enthousiasme, gagner en confiance et se lancer dans l’aventure. Mes clients sont de partout dans le monde, j’adore cette diversité : New York, Rome, Paris, Berlin… Ce sont des gens voulant changer de carrière, mais j’ai aussi de plus en plus de jeunes attirés par une autre définition du succès, intrigués par le nomadisme, et inspirés par l’envie de créer leur propre parcours. Le mouvement nomade a permis d’ouvrir les esprits, en montrant qu’il est possible de créer un parcours qui nous ressemble. Je trouve génial que l’on ait accès aujourd’hui à d’autres façons de travailler et de vivre, et que de nouveaux modèles émergent. Personnellement je ne sais pas encore combien de temps je serai nomade, tout ce que je sais c’est que rien n’est permanent et c’est aussi ce qui rend la vie si intéressante… »
http://thesmileroad.com

LUANA SANGALLI, TELETRAVAILLEUSE EN MARKETING
« Je suis milanaise, j’ai 33 ans, nomade digitale depuis 2 ans. J’ai quitté l’Italie il y a 8 ans pour l’Australie puis Paris et Londres. Là-bas, je travaillais pour un groupe de mode, et j’y ai rencontré ma boss avec qui je travaille aujourd’hui. Mon parcours de nomade a donc commencé à Londres, puis je suis retournée à Paris, et après peu de temps j’ai voulu tenter l’expérience : venir à Bali seule ! Au début, je pensais y rester 2 ou
3 mois, et puis finalement… j’y suis depuis 1 an ! C’est vrai qu’ici, ça a vraiment été le coup de cœur, et l’avantage de mon travail c’est que je peux le faire d’où je veux, alors je suis là pour l’instant. Je suis salariée pour The Happiness Planner, un site qui vend des agendas et plannings motivationnels. Je suis coordinatrice marketing, je m’occupe aussi des réseaux sociaux et du service client. Je vis avec mes copines dans une villa et je travaille à Dojo à Canggu comme la plupart des nomades ici. Là-bas on y trouve une communauté, des rencontres, des évènements tous les jours, diners et apéros… c’est à mon premier repas de noël à Dojo que j’ai d’ailleurs rencontré ma meilleure amie de Bali. Je trouve que les tarifs sont peut-être un peu chers, vraiment à destination d’une clientèle occidentale, mais je ne regarde pas trop ça puisque mon entreprise me paie l’espace de coworking. L’avantage aussi de mon travail c’est que je suis en visa business, ce qui est plus simple à gérer avec l’immigration. J’ai déjà pensé à bouger car beaucoup de pays me tentent, mais à Bali j’ai trouvé ma stabilité, je me sens à la maison.
Je voyage quand même beaucoup pour mes vacances, comme cet été à Lisbonne, Barcelone et Paris, mais rien n’est comme ici… Dans mon entreprise on est 4 à plein temps, et personne n’a de bureau fixe : ma boss est en Thaïlande, une autre en Inde, à Londres… On fait aussi appel à des freelances qui sont partout dans le monde. J’ai une vie d’expatrié bien équilibrée, entre yoga et surf, et à Canggu on ne peut pas avoir le manque de la culture occidentale… On est entouré de gens comme nous, on a les mêmes références et ça crée un certain confort. S’agissant de la vie personnelle, je pense que c’est faisable d’être avec quelqu’un à condition d’avoir le même mode de vie pour que ce soit compatible.
Et à Bali c’est possible de trouver ce type de personne… Pour moi cette situation peut durer, l’entreprise pour qui je travaille fonctionne bien, et si je change ça sera peut-être pour créer ma propre activité. Mais ma liberté de choisir c’est vraiment le plus important pour moi, et pour l’instant je choisis de rester à Bali car je peux combiner mon travail avec tout le reste. Je pense aussi que mon emploi de salarié est beaucoup moins stressant que certains nomades freelances qui sont eux plus dans l’incertitude. Le plus dur dans ce style de vie je pense, c’est de se créer une stabilité, car bouger tout le temps, s’adapter au pays, c’est compliqué… Bien sûr c’est aussi ça qui est intéressant et stimulant, l’adaptation on aime ça quand on est nomade, mais c’est aussi un vrai challenge d’être loin. »

KRISTINA BIKARE, FREELANCE EN STRATEGIE PINTEREST
« Je suis originaire de Lettonie, la seule dans mon entourage à avoir franchi le pas de quitter mon pays. Avec ma formation en marketing et innovation, j’ai trouvé un job en Australie où j’ai passé deux ans. J’avais le rêve secret de réussir à vivre d’une activité sur internet et de ne plus être astreinte à travailler dans un lieu donné. En novembre 2017, j’ai trouvé une annonce sur Facebook émanant de deux femmes basées à Bali qui donnaient des cours en ligne pour apprendre à concevoir des sites web, du management de blog, etc, la formation ne coûtait que 200 USD et a duré deux mois. Cette formation était intéressante mais ne me donnait pas les clés pour faire ma promotion et me lancer. Ensuite, j’ai trouvé une formation grâce à Instagram qui promettait de devenir nomade digitale pour 700 USD/mois pendant 4 mois. C’était un vrai programme personnalisé qui m’a aidé à créer mon propre site web et à vendre mes compétences. De fil en aiguille, j’ai rencontré un client qui avait de vrais besoins en matière de Pinterest et j’en ai fait rapidement ma spécialité. J’aide mes clients à placer leurs épingles de manière très organique afin de générer du trafic vers leurs sites. Je passe environ la moitié de ma journée entre des espaces de coworking à Canggu et à Ubud et le reste du temps dans la villa que je partage avec trois autres personnes. Je m’astreins à travailler de 9h à 17h et souvent je suis aussi devant mon ordinateur pendant le week-end. Les espaces de coworking apportent beaucoup à Bali, ils sont très actifs sur les évènements et ça permet de continuer à se former et à faire du networking. Il y a un vrai esprit de communauté ici, peut-être inspiré par celui des banjar, on rencontre vraiment plein de gens intéressants, tous animés par la même aspiration. Si je devais mentionner deux points négatifs à Bali, c’est le manque de transport public, mais on se met rapidement au scooter et puis le prix de certains produits d’import qui sont bien plus chers qu’en Australie, mais pour le reste, Bali est selon moi le meilleur endroit au monde pour les nomades digitaux, j’en vois beaucoup qui ont tenté l’expérience ailleurs et qui reviennent ici et en font leur base. »
http://www.pinterest.com/KristinaDay_/

GIANPAOLO FACCINI, ENTREPRENEUR EN MARKETING DIGITAL
« J’ai 40 ans, originaire d’Italie du Nord, ça fait maintenant 4 ans que je suis principalement basé à Bali mais je continue à voyager, en Thaïlande et en Europe… En Italie j’étais ingénieur en construction. Aujourd’hui je suis un nomade : j’ai un site web et je propose des services de marketing digital. Le manager et la communication de la boite, c’est moi ! J’ai ouvert cette entreprise à Singapour avec un partenaire, et maintenant on travaille avec 10 personnes en télétravail qui sont partout dans le monde. On communique sur nos projets grâce à une plateforme où on met notre travail en commun, et pour trouver nos clients on est aidé par nos réseaux puisque l’on fait aussi participer nos partenaires en s’offrant des services complémentaires. Mon installation à Bali, c’est pour le style de vie et profiter d’une villa avec piscine par exemple ! En étant ici je travaille dans l’espace de coworking Hubud, c’est l’idéal. Il y a une vraie communauté, des événements, on peut vraiment se créer de bons contacts. Par exemple pour mon site, si j’ai besoin d’un freelance pour une mission, je sais que je peux le trouver ici à côté de moi ! Je me rends compte que je suis plus âgé que la moyenne d’âge qui est plutôt entre 25 et 35 ans, mais pour mon futur je me vois bien continuer comme ça, peut-être à Bali ou pas, ça dépend si je trouve un meilleur endroit pour m’installer… Mon nomadisme a une influence sur ma vie privée, j’ai bien conscience que je ne pourrai pas fonder de famille tant que je ne me serai pas posé mais ce n’est pas à l’ordre du jour ! Pour moi ce type de travail c’est vraiment un équilibre, j’ai mon salaire, ma créativité qui est stimulée en permanence et ça me permet de rester jeune, l’esprit ouvert, et le business mind actif, c’est important. » https://bemowgli.com/

NICOLETTA HROUZEK, FREELANCE EN TRADUCTION/REDACTION
« J’ai 26 ans et je suis allemande, nouvellement nomade puisque ça fait seulement un an. Après mon Bachelor en publicité et communication à Vienne en Autriche, j’ai fait des stages en marketing puis je suis partie en France pour apprendre la langue. Là- bas, j’ai travaillé pour Ventes Privées voyages et je me suis rendu compte que tout le travail vraiment intéressant qui me plaisait était donné à des freelances qui voyageaient dans le monde entier alors que moi j’étais coincée derrière mon bureau…Ca a vraiment été le déclic ! J’ai donc débuté ma carrière de nomade digitale en France, en tant que freelance dans plusieurs activités : j’écris des articles pour des blogs (en ce moment par exemple sur la crypto-monnaie), je fais de la traduction anglais, français et allemand, et enfin je fais de l’optimisation pour des moteurs de recherche. J’essaie de me concentrer sur cette dernière activité qui m’intéresse et me propulse vers des projets plus importants et intéressants. Mes missions, je les propose sur Upwork, une plateforme qui permet aux entreprises de trouver le freelancer qui leur convient en leur indiquant tous les profils selon leur type de recherche. Après la France, j’ai fait des petits voyages comme l’Espagne ou le Maroc. Mais ma première grande destination en tant que nomade digitale c’est ici, à Bali ! Ca fait 3 semaines que je suis là et je compte y rester 2 mois, ensuite j’envisage d’aller en Thaïlande, ou aux Philippines… J’ai vraiment envie de visiter l’Asie du Sud-Est. Je pense que j’ai choisi Bali car c’est vraiment the place to be en ce moment pour beaucoup de nomades. Alors comme première grande destination j’ai trouvé que c’était bien, commencer par un beau voyage et avoir une bonne ambiance de travail. Le plus important pour moi en étant nomade c’est la liberté des horaires, de faire mes vacances, mon emploi du temps, choisir mon bureau…Je vois de moins en moins de contraintes, le risque de ne pas avoir de salaire fixe est moins présent puisque je commence à avoir mes références et contacts, du coup mon revenu se stabilise. Je pense quand même qu’au début il est primordial d’avoir de l’argent de côté. Cela fait maintenant 5 ans que j’ai quitté l’Allemagne, et je pense que je vais continuer comme ça un certain temps ! Je n’ai pas trouvé ma place quelque part, mais en même temps je ne la cherche pas… Ce type de voyage me permet de faire des rencontres quand je le souhaite, en coworking ou en partageant une villa, mais aussi de voyager seule et c’est ce dont j’ai envie pour l’instant. A Canggu je travaille à Dojo puisque c’est vraiment l’endroit que l’on m’a conseillé pour rencontrer d’autres nomades. J’adore assister aux évènements, on va y apprendre par exemple comme gérer la distance avec nos clients, apprendre de nouvelles techniques sur nos ordinateurs etc. Personnellement j’ai un forfait de 100h/mois pour 1.85 million de roupies, je trouve ça un peu cher mais l’ambiance de travail est vraiment bonne. A Canggu il y a une vraie communauté, et pour moi c’est une étape parfaite pour une première expérience en tant que nomade, autant pour le travail que pour le voyage. »

ANNA PAOLA FRANCHI, COACH POUR NOMADES DIGITAUX
« J’ai 29 ans et je suis italienne, j’ai commencé ma carrière en tant que chargée des relations publiques pour des galeries et musées d’art contemporain, à Londres et New York. Mais à un moment je ne me retrouvais plus dans mon travail, c’était très stressant le monde de l’art haut de gamme et je pense que ça ne me correspondait plus, j’ai évité le burnout en arrêtant ! J’ai rejoint des amis au Chili qui avaient une start-up, une plateforme reliant les architectes aux producteurs de matériaux. J’y suis restée pendant 6 mois, et ça a été vraiment une bonne expérience car j’ai beaucoup appris, ça m’a donné de nouveaux points de vue pour ma vie future. Puis je suis venue à Bali, cette fois-ci en tant que freelance spécialiste en digital marketing, ma première étape de nomade digitale. Ici j’ai rencontré d’autres personnes comme moi, et souvent ils me demandaient conseil sur comment j’avais fait, puisque j’avais des expériences de voyage mais aussi de start-up au Chili. Je me suis rendu compte que je pouvais vraiment les aider, notamment avec ma formation en marketing digital. J’avais donc de vraies connaissances à partager, alors j’ai lancé mon projet : devenir coach pour futurs nomades digitaux. C’était il y a pratiquement un an que j’ai fondé « taste you dream », et je propose un coaching sous forme de 6 séances via Skype, 2 par mois pendant 3 mois d’une durée chacune de 90 minutes, pour un coût de 600€ (avec la possibilité de payer en plusieurs fois). Il y a un contact par mail illimité bien sûr, et après les 3 mois il est possible de prolonger. Avec la personne nous réalisons un gros travail personnel et professionnel ; nous allons déterminer le projet, trouver une stratégie marketing et dépasser ses limites. La relation qui s’établit via Skype marche très bien, j’ai l’impression qu’ils ont moins peur de me parler depuis leur ordinateur, ils s’ouvrent plus à moi. Le décalage horaire ne dérange jamais puisque je travaille d’où je veux quand je veux, même en pleine nuit ! Pour moi le plus important en étant nomade digitale, c’est de garder sa liberté, elle nous permet d’explorer toutes les possibilités. Pour cette nouvelle année je pars à San Francisco, pour suivre un master en psychologie humaine, qui mêle des notions spirituelles qu’on retrouve notamment à Bali… c’est un peu un « master Ubud » ! Je pense que ça m’aidera énormément dans le futur pour mon travail de coach. Après ça, je ne sais pas encore si je vais revenir à Bali, mais ce qui est sûr, c’est que j’ai envie de me poser quelque part. Je trouve que Bali pour les nomades c’est vraiment adapté, tout est réuni : de bons services, une connexion internet, des expatriés, des endroits magnifiques, Singapour à proximité… C’est tellement idéal que j’organise des retraites pour les futurs nomades à Bali, pour qu’ils aient une première approche positive de cette expérience, qu’ils puissent affiner leur projet et découvrir la dynamique des espaces de coworking. »
tasteyourdream.com

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