Candidasa – modeste porte de l’est va vous emporter !

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A l’est de Bali, l’ancien village de pêcheurs de Sengkidu. Dans les années 70, sa plage a partiellement été atrophiée pour en récupérer les coraux servant à la fabrication du ciment et autres matériaux de construction. Puis, opération marketing : Sengkidu devient Candidasa, appellation paraît-il plus sexy aux yeux des touristes.

Cette petite station balnéaire aligne à présent des hôtels aux (petites mais charmantes) piscines à débordement, avec vue sur des brise-vagues quelque peu verdis par les algues. Au loin, on aperçoit des cargos et navires de marchandises. Ici, au coeur de Candidasa, on nage pas mal dans la piscine, beaucoup dans les méandres de son esprit -oisiveté oblige- mais on ne fait pas du tout trempette à la plage…un tantinet trop bétonnée. De cette plage, on peut garder peut- être une photo souvenir – pour les plus “fleur bleue” sur fond de « I love Candidasa » – au moment d’une balade sur la jetée centrale de la ville, pendant le coucher du soleil.

Les vagues et la journée passent. Et c’est en fait à peu près tout.

On ne sait pas comment, mais cette ode à la lenteur n’est en fait pas déplaisante. Enfin, un jour ou deux, le temps de lire quelques chapitres d’un bon roman.

Car à Candi, pas de tables gastronomiques incroyablement créatives, ni de folles nuits dans une rue de la soif ou de dancefloor jusqu’au bout de la nuit. Encore moins de lèche-vitrines dans un mall pour les dandies.  “Mais que diable viennent-ils donc tous faire dans cette galère?” penseront les plus urbains ou branchés.

Il faut en fait voir Candidasa comme une apaisante cité cocon, aux agréables embruns marins, dans laquelle on s’assoupit et se revigore, puis depuis laquelle on s’éveille pour sillonner les alentours – à travers les routes terrestres et maritimes – et découvrir de petits joyaux. Voici une porte ouverte sur le voyage dont nous vous narrons quelques étapes possibles.

Après un peu de léthargie à observer le bleu du ciel se fondre dans celui du ressac , grimpez vite sur votre scooter pour entrer un peu plus dans l’arrière-pays. Au passage, halte incontournable devant le Lotus Lagoon. Si vous le pouvez, allez-y deux fois : d’abord le matin pour voir les fleurs éclore et ensuite à votre retour d’escapade, pour le coucher du soleil. Des enfants s’y baignent, parfois dans des bouées, semblant ainsi imiter les fleurs de lotus qui dansent à la surface du lagon. Ils s’amusent à s’asperger d’eau alors que leurs mères shampouinent leurs longues chevelures dans un petit bras de mer attenant. Cette survivance de la nature au coeur de la ville est surprenante et rafraîchissante.

Puis foncez sur l’autoroute de la culture, vers l’un des deux Palais d’eau de la région, construits par le dernier roi de Karangasem. Tirta Gangga n’étant plus qu’une longue file d’attente pour Instagramers, je vous recommande d’aller au Taman Ujung datant de 1919. Ujung signifiant “extrême”, cette escapade est donc bien une porte ouverte sur la pointe orientale de Bali.

Amateurs d’histoire, de botanique, d’architecture ou de jolies photos : vous serez tous servis ! Le site est grand, donc même les jours de haute fréquentation, vous ne sentirez pas un effet de foule. Au passage, vous y croiserez certainement de jeunes mariés venus profiter de la photogénie des lieux.

«On dirait un peu le Taj Mahal, ou un mini-Versailles », voilà ce que mes oreilles ont glané et traduit pour vous, lors de ma visite. Oui, le touriste aime la comparaison…quitte à la faire rimer avec anachronisme ou amalgame architectural. Mais mais mais, il faut avouer que cette déambulation (attention très caniculaire. Casquette et crème solaire indispensables) dans des jardins très verdoyants et fleuris, ainsi que ce pavillon semblant flotter sur l’eau… appellent quelque peu à la comparaison expérimentale.

Le site de 10 hectares est composé de jardins, structurés autour de trois bassins d’eau. Et au milieu du bassin principal, se trouve l’étonnant pavillon Gili Bale dans lequel séjournait la famille royale. Il est relié à la terre ferme par un pont très élégant.

La famille royale de Karangasem a démarré la construction -autour d’un bassin préexistant et  construit par le monarque précédent-  en 1909 à l’initiative du roi I Gusti Bagus Jelantik.

A noter que le plan d’eau initial Kolam Dirah ne servait pas à la baignade mais à punir les personnes accusées de sorcellerie ou magie noire dites pangiwa ou leak.

Deux architectes étaient aux commandes du Taman Ujug : le néerlandais van Den Hentz et le chinois Loto Ang, d’où peut-être cette impression d’un univers architectural “fusion” .  Le chantier prend fin en 1921. Mais l’éruption du Mont Agung en 1963 ainsi que le séisme de 1975 causent d’importants dégâts, nécessitant reconstruction et rénovation. De palais, le complexe est devenu ensuite un lieu de retraite puis d’accueil de hauts dignitaires.

Au nord du site, la montagne et au sud-ouest, la mer. Et différents pavillons disséminés sur le site permettant d’observer la vue sous différents angles. Le parc surplombe la mer et dispose d’un panorama quasi à 360°, si vous prenez la peine de grimper les marches jusqu’en haut du Bale Lunjuk, depuis lequel le Roi donnait les ordres à ses hommes. Vous apprécierez aussi le Bale Bundar, une petite rotonde dans laquelle le roi pratiquait la méditation. Puis le Bale Kapalde (carré et flanqué de colonnes) ancien guet pour surveiller la mer : de là, on peut en effet voir Lombok. Vous pourrez même finir la balade,comme les locaux, par un petit pique-nique sur certaines pelouses périphériques.

Il est à présent temps de mettre fin aux flâneries romantiques et de changer d’univers.

Car voici venu le moment d’épouvante : Goa Lawah, à 10km de Candidasa,  une caverne aux chauves-souris. Ce temple du 11è siècle sert de chambre à coucher pour une centaine d’entre elles. Le lieu est censé protéger l’île des mauvais esprits venant de la mer. Profitez-en pour manger dans l’excellent Warung lesehan pesinggahan conseillé par Socrate dans une précédente édition.

Avant de quitter la ville, allez passer quelques heures de farniente idyllique. Pour n’en citer que deux : Pasir Putih (entre les villages de Bugbug et de Perasi,) ou Blue Lagoon Beach. Peut-être était-ce de la chance mais nul déchet ni mafia du parking ni foule le jour de notre dernière visite dominicale. Pour résumer : petite crique, sable fin, eaux transparentes, snorkeling et quelques transats et warungs pour touristes … en temps calme un régal mais à éviter les jours de météo plus agitée car les courants et rochers peuvent y être impitoyables pour les néophytes du masque et tuba  !

Gili Tepekong et Gili Biaha sont  également de jolies excursions plongées à faire depuis Candidasa, mais attention, plutôt réservées aux plongeurs expérimentés.

Point emportée par la foule donc, mais transportée par la sous-estimée Candidasa, porte de l’Est.

Candidasa : 2H30 de route depuis l’aéroport. 1h15 depuis Ubud

Lotus Lagoon (gratuit) / Jl. Raya Candidasa Desa Adat Bugbug, Sengkidu

Taman Ujung : 50 000 rp / Jl. Taman Ujung, Tumbu

Goa Lawah : 15 000 rp  /Jl. Raya Goa Lawah, Pesinggahan,

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