Campuhan Ridge Walk Ubud…une ville dans la nature ou la nature dans la ville ?

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Ubud et ses bouchons : plusieurs kilomètres avant même l’entrée de la ville. Au centre, ça continue. Klaxons. Émissions de pots d’échappement. Difficile de croire qu’il s’agit-là de la Mecque de la spiritualité et du calme.
Et puis, après avoir inhalé une certaine quantité de CO2, évité bon nombre de rétroviseurs et repéré quelques tongs égarées pendant la bataille de l’asphalte… une ruelle perpendiculaire à la frénétique Jl. Raya Ubud recèle un joyaux caché : le Campuhan Ridge Walk.

Ce sentier c’est un peu l’origine d’Ubud. Campuhan signifie confluent, ici celui de la rivière Wos. Une balade juchée sur la colline qui domine le Campuhan et depuis laquelle on peut admirer l’union de deux cours d’eau : les Tukad Yeh Wos Kiwa et Tukad Yeh Wos Tengen.

« Boom boom. Tchak Tchak. Yeaaah » : un joggeur passe tout schuss, son casque audio éructant de la musique de boîte. Puis le bruit d’un frottement sec mais
régulier : une faucille à l’ouvrage. Semblant totalement ignorer les promeneurs du dimanche, ce paysan récolte de hautes herbes sèches. Une touriste s’arrête pour le prendre en photo se délectant d’un moment d’authenticité furtivement volé. J’en fais de même. Un bout de Bali la véritable, Bali la rurale, Bali d’antan…autant de promesses et d’espoirs posés sur les fines mais fortes épaules de ce fermier.

La balade originelle se déroule sur un chemin pavé d’un mètre de large qui serpente sur deux kilomètres, culminant en haut de la colline. Mais pour les plus curieux, il est possible de rallonger de quelques kilomètres la promenade.

Du vert, à perte de vue. Ça et là, sur les côtés, des petites constructions en bois ou bambou. Et plus au loin – de l’autre côté des cours d’eau – se dessinent les hôtels et villas avec leur piscine à débordement et leur vue sur la jungle. C’est beau et c’est laid. On se prend presque à envier la vue qu’ils doivent avoir sur le Campuhan Ridge Walk depuis leur piscine.

Deux kilomètres dans une nature émeraude, des dégradés de vert et de bleu (en fonction de la clémence du ciel) qui donnent le tournis aux Instagramers et autres spécialistes des filtres en tous genres. Le clou du spectacle : à deux reprises sur le parcours, un cocotier élancé qui chatouille les nuages, et parfaitement positionné dans un serpentin du sentier. C’est La photo que personne ne veut rater. Comme si cet arbre esseulé devenait le vestige d’une nature progressivement grignotée par la ville.

Car la ville est là, au bout des 2 km. Le sentier continue mais la nature semble comme «agencée», les fleurs et arbres sont presque irréels tant la disposition des couleurs et formes frôlent la perfection. Et puis, des villas, hôtels et restaurants commencent à poindre. Tout est coquet et beau, trop beau pour être vrai ? Le bitume chasse les herbes folles.

Des cafés ça et là dans les rizières comme les désormais célèbres Kafe Karsi et Yoga cafe. Et il est vrai qu’on meurt d’envie de s’y attabler, pour laisser son esprit vagabonder sur les miroirs d’eau des rizières. On est loin des clameurs de la ville qui pourtant se rappelle à nous avec cette fin de sentier en mode « resort ».

Au retour, la spiritualité s’invite dans la balade. L’étonnant temple Pura Gunung Lebah nous invite à faire marche arrière, jusqu’au 8è siècle (date de sa construction) et à laisser notre esprit imaginer ce à quoi pouvait ressembler les lieux autrefois. On le doit aux périples du prêtre hindou Rsi Markandeya, à l’origine des plus beaux temples de l’île.
Le temple est composé de 3 cours dont la première est généralement accessible au public. Les deux autres sont réservées aux cérémonies.

Après un enivrement dû aux effluves d’encens, dégringolade d’escalier, pour une petite visite rafraichissante, les pieds dans l’eau en-dessous du pont.

Vrombissement. Klaxons. Au-dessus de ma tête, le défilé de scooters me rappelle à la réalité. Il est temps de se replonger dans la jungle… urbaine.

Campuhan Ridge Walk (Ubud)
Une parenthèse dans la nature gratuite (oui c’est de plus en plus rare donc nous ne manquons pas de le souligner).

Meryam El Yousfi

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