Bourdes à Bali

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Les Indonésiens ne sont pas un peuple qui juge ni se formalise facilement; ils ne sont pas bourrés de principes et ne nous tiendront pas longtemps rigueur pour nos gaffes. Ici on essaie de trouver des circonstances atténuantes à ses interlocuteurs – l’essentiel étant de préserver l’harmonie générale et d’éviter l’effrayante éventualité d’un conflit. De plus, ils savent évacuer rapidement leurs émotions négatives. Du coup, la vengeance n’est pas un plat qui se mange froid, voire surgelé, comme chez nous.

De plus, les Indonésiens (on peut, heureusement, à peu près généraliser à tout l’archipel) ne semblent jamais perdre de vue que nous avons des coutumes différentes des leurs et, même si on les choque parfois, ils n’attendent pas de nous un comportement semblable au leur. On devrait en prendre de la graine !

Sinon, moi qui suis une gauchère parfois contrariante (comme dirait Desproges) et qui avais vécu jusqu’ici sans prêter beaucoup attention à cette particularité, je tends machinalement les objets aux locaux avec la main dite « impure » mais comme ces derniers ne font jamais de grimaces ni même de remarques j’en oublie sans cesse que je commets des impairs !

A part ça, même si je me débrouille bien en bahasa indonesia, on reconnaît vite l’étrangère au fait que lorsque je remercie quelqu’un je me contente de « terima kasih ! ». Or, pour bien faire, il faudrait ajouter
« Pak », « Ibu » (monsieur/madame),
« mas », « mba » (personne de notre âge ou plus jeune) ou, en balinais,
« bli » (au masculin) ou « gek » (au féminin) pour la caste des gens ordinaires…
et saupoudrer la conversation tout au long de ces appellations polies !

En français je ne suis pas une adepte des « Monsieur/Madame » à tous les coins de phrase, alors ici je manque de réflexes mais, là non plus, personne ne s’en formalise. De nos jours les Anglo-Saxons non plus, a fortiori les Australiens, ne donnent plus du « Madam/Sir » sauf dans le monde du costard-cravate. Mais entendre « appelle-moi juste Tracy ! » laisse les Indonésiens dubitatifs car trop familier pour eux.

En fait, ceux qui ne sont pas habitués aux étrangers ne savent pas trop comment s’adresser à eux. Pour les hommes ce sera « misteeer », c’est pratique, mais les femmes ils les appellent « mama »,
« mami » ou bien « hibou » (ibu)… j’aurais trouvé
« chouette » plus chouette.

Pédalons joyeusement tous ensemble dans le gado-gado ! Mais une chose est sûre, avec les Balinais on aura du mal à gagner le concours de la tolérance !

Nancy Causse

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