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Atlantis : le club de plongée “eco guardian”

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Jérôme Perrussel, 44 ans, est à la tête d’Atlantis, un des clubs de plongée les plus réputés de Bali. Si nous avions déjà brossé un portrait de cette entreprise francophone pour en décrire les qualités professionnelles (cf. La Gazette de Bali n°3 – août 2005), nous n’avions pas encore relaté les actions qu’elle entreprend au niveau de l’écologie. Signe des temps oblige, revue de détail d’une activité d’entreprise liée intimement à son action environnementale…

Faire de la plongée à Bali est le rêve de beaucoup. De loin, on imagine sans doute tout un tas de merveilles des profondeurs dans un environnement idyllique. Cela reste vrai dans l’ensemble mais le développement de l’île étant ce qu’il est devenu en ce début de 21
siècle, les fonds marins sont, comme les biotopes terrestres, victimes de stress de plus en plus importants. Une réalité préjudiciable à l’activité même qui est la raison d’être d’Atlantis. Plutôt que de se convaincre que tout va bien, façon méthode Coué des instances officielles, ou d’investir dans la com à grand renfort de labels « verts » pour montrer qu’on sait nager avec le courant, le club de plongée Atlantis a décidé de prendre le problème à bras le corps. Et sérieusement. « Nous devons montrer l’exemple, protéger notre environnement et inciter nos plongeurs à respecter la mer », explique cet entrepreneur français originaire de la banlieue parisienne qui plonge depuis l’âge de huit ans.

Atlantis est donc depuis 2007 un centre ECO, une certification délivrée par l ’ association Project Aware qui place cette entreprise dans une famille d’acteurs environnementaux au pédigrée irréprochable, aux côtés de Go Eco, Green Fin, Longitude 181, Reef Check Indonesia (cf. La gazette de Bali n°15 – août 2006) ou encore LINI. Jérôme Perrussel, qui plonge dans les eaux balinaises depuis une vingtaine d’années ne se veut cependant pas alarmiste. Il fait un constat mesuré. « Si on compare hier et aujourd’hui, du côté de la flore, ça va beaucoup mieux. Le tourisme et l’intérêt pour les fonds marins ont permis de supprimer la pêche au cyanure ou à la dynamite, explique-t-il. Par contre, côté faune, ça ne va pas, il y a de moins en moins de gros poissons, il n’y a plus de poissons, il n’y a plus de requins, plus de tortues et les petits poissons prospèrent, sans doute parce qu’ils n’ont plus de prédateurs ou alors qu’ils résistent mieux à la pollution. »

<emb2650|left> A Atlantis, on sait de quoi on parle puisque cette société a lancé différents programmes de surveillance des milieux marins qui permettent d’établir des statistiques précises. Coordonnés par Marie Chau, l ’assistante de direction, toute une série de relevés effectués par les plongeurs mai son attestent de l ’état préoccupant de la mer à Bali. Ils se décl inent comme suit : un programme de surveillance des coraux en partenariat avec Project Aware, un programme d’ observation et d’analyse des raies Manta à Nusa Penida, un autre semblable pour les mola mola au même endroit. En partenariat, un programme de transplantation de coraux (coral farming) sur différents sites autour de l ’île, l a création de structures métalliques pour la réadaptation des coraux aux Gili, des restaurations d’ écosyst èmes en i mpl ant ant des structures adaptées aux poissons et au coraux à Gilimanuk et un programme d’ insstallation de poubelles avec l’association Peduli Alam (cf. La Gazette de Bali n°46 – mars 2009). Atlantis a également créé son propre label, Eco Guardian, afin de sensibiliser les plongeurs à ses actions.

<emb2651|right> Faire un constat documenté est un premier pas important, agir en est la suite logique. Et il faut d’abord commencer par faire le ménage chez soi. « Il est indéniable qu’il y a de plus en plus de déchets plastiques qui flottent par ici, constate Jérôme Perrussel, nous avons donc une charte de propreté que nous faisons signer par nos clients. Nous minimisons et collectons nos ordures que nous faisons traiter par Eco Bali (cf. La Gazette de Bali n°46 – mars 2009). » Concrètement, Atlantis préconise l’utilisation de bouée lors des mouillages, de vaisselle réutilisable pour les repas et la récupération des eaux usées. Ensuite, cette société organise des « clean up days » depuis quelques années déjà, quasiment tous les mois, que ce soit pour l’International Clean up Day ou pour n’importe quelles autres occasions (Dive for Earth Day, Ocean Day, Earth Day, Indonesian Clean up Day ou Balinese Clean up Day), officielles ou non. Enfin, comme Atlantis est aussi une école de plongée où on forme de futurs instructeurs, il est inclus dans la formation un volet où on apprend aux élèves à calculer leur volume de déchets en rapport à leurs activités marines.

« Je pense qu’on a lancé un mouvement, toutes les écoles de plongée responsables organisent des ramassages de déchets désormais. Tout le monde doit être écoresponsables si on veut avoir une chance de diminuer l’impact sur l’environnement marin », poursuit ce père de trois enfants. <emb2652|left> Volontaire, passionné, bourreau de travail, Jérôme Perrussel a su faire passer ses valeurs à tout le personnel de cette entreprise phare de la plongée à Bali, forte aujourd’hui de 35 personnes. Le temps où il faisait tout tout seul est donc bien révolu. En une quinzaine d’année, Atlantis est devenu une référence incontournable, sans doute le numéro un francophone et dans le top 5 des clubs de l’île. Une référence qui s’est aussi diversifiée avec la création en 2009 d’Amanaska, le pendant terrestre avec trekking et volcans. Et qui s’est adaptée au nouveau marché avec la création de « packages » du genre safari « plongée et visite » ou tout autre formule à la mode. Une réactivité qui ne met cependant jamais en doute l’intégrité de sa démarche. « Les mentalités changent », affirme-t-il avec confiance. Espérons-le avec lui, car il y a aussi des raisons d’en douter lorsqu’on voit la tournure « Disney Land » que prend Bali. Le « shark feeding » de Serangan par exemple, où des touristes plongeurs assistent au repas de ces prédateurs en voie de disparition, confinés dans un enclos. Sans parler des piscines où on nage avec les dauphins ou encore des centres d’élevage de tortues, si populaires auprès des autorités pour l’image positive de Bali qu’ils véhiculent mais qui revendent en sous-main des spécimens à sacrifier pour les cérémonies balinaises, faisant ainsi « d’une pierre deux coups ». Alors, ne soyons pas dupes et pour nos loisirs nautiques, faisons confiance à des professionnels responsables. Contentons-nous avec eux d’admirer ces magnifiques mola mola, symboles majestueux des fonds marins de Bali et gardons notre sens critique.

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