La rubrique culinaire de janvier : Sangsaka et Forest Smoothie…

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Sangsaka : la cuisine indonésienne qui flirte avec la cuisine gastronomique

Sang saka merah putih, c’est le nom du drapeau indonésien, rouge et blanc. Sangsaka, c’est aussi le nom d’un restaurant indonésien haut-de-gamme, monté il y a trois ans, par un chef australien qui n’est autre que le chef attitré du restaurant Merah Putih sur Jl.Petitenget. Les deux enseignes revisitent quelques grandes spécialités indonésiennes pour le plus grand plaisir des palais les plus fins. La décoration de Merah Putih est un peu, voire carrément, enfin comment dire, vraiment clinquante dans le style prisé à Jakarta tandis que celle de Sangsaka est beaucoup plus intime, la lumière est très tamisée, l’ambiance est classe, sans être outrageusement luxueuse et grandiloquente. Si vous êtes un vrai amateur de cuisine indonésienne, que vous suivez cette rubrique culinaire depuis 15 ans, qu’aucun bon warung digne de ce nom n’a de secret pour vous à Bali, allez vous dépayser les papilles un soir à Sangsaka, vous serez sans doute éblouis comme nous l’avons été à chacun de nos passages dans ce restaurant.

La première surprise, qui donne le ton comme dans les meilleurs restaurants, c’est l’amuse-gueule servi avant les entrées. Les bouchées aux foies de volailles et la boulette de bœuf rendang mettent les convives dans les meilleures dispositions. Et c’est avec les otak otak que le festival commence vraiment ! Ces fishcakes roulés dans des feuilles de bananiers et grillés trainent d’ordinaire sur le coin de la table au warung. Ici, ils sont servis dans une enveloppe d’un petit épi de maïs, à parfaite température. Pour suivre, dans un ballet parfaitement orchestré par du personnel très attentif, un mie udang exceptionnel. Les pâtes sont faites maison, teintées à l’encre de seiche et c’est un vrai régal très parfumé. Est arrivé ensuite sur la table un soerabi jamur, les petites crêpes de Bandung accompagnées de légumes, parfaitement croquants. En plat, nous avons opté pour un poisson grillé à la mode d’Aceh et chose très rare en Indonésie, le poisson était accompagné d’un assortiment d’herbes fraîches mêlant kemangi et cresson avec un petit sambal pas trop pimenté de derrière les fagots… Et en dessert, je vous laisse découvrir le kue putu, ce petit dessert qu’on mange dans la rue auprès des vendeurs ambulants, teintés à la feuille de pandan et cuit dans du bambou, la version du Sangsaka est renversante.

Sangsaka, Jl. Pangkung Sari n°100 Kerobokan

Ouvert de 18h à 23h. http://sangsakabali.com

Socrate Georgiades

Buvez un coup pour la planète ! 

L’association “Forest Smoothie” a trouvé la solution pour prendre soin de la planète et de son corps en un geste simple, à la portée de tous : boire un coup ! 

« Bonjour, je voudrais un green smoothie s’il vous plait ! Et voilà votre boisson et un arbre de replanté en commande ! »

Si cette conversation vous surprend, c’est que vous n’avez pas encore été dans l’un des cafés partenaires de « Forest Smoothie ».  Pour l’achat d’un smoothie (environ 60 000 rp), l’association Forest Smoothie s’engage à planter un arbre, ou protéger une acre (soit 4 046 m2 ) de forêt tropicale.

Une idée qui coulait de source pour son fondateur, Philip Dickenson. Originaire d’Angleterre, ce végétarien de longue date, fait partie de cette génération d’auto-entrepreneur nomade animée par l’envie de participer à un monde meilleur. Fervent défenseur des forêts et amoureux des populations indigènes, il avait besoin de mettre sa patte à la protection de l’environnement. « L’envie de créer Forest Smoothie vient d’abord du constat d’un échec. J’en avais marre de faire des dons mensuels à des associations sans constater un changement de mes yeux. En tant que donateur, je souhaitais avoir un rôle plus actif, et je ne pense pas être le seul. C’est la promesse que je fais à chaque contributeur : vous achetez un smoothie, vous plantez un arbre. Les gens n’envoient pas un chèque par la poste, ils font partie de l’action.» 

Le système est simple à mettre en place. L’enseigne partenaire doit simplement ajouter un smoothie sur leur carte et reverser à l’association 2$ sur chaque vente, le prix de la boisson avoisinant en moyenne 4$. 

« Tout le monde est gagnant ! Le café partenaire attire des clients, séduits par l’idée de se sentir utiles en savourant un jus de fruit. Le consommateur a bonne conscience en agissant pour la planète, et avec ces dons, nous, on agit sur le terrain. »

Passionné, Philip a appris l’écologie sur le terrain : « j’ai passé beaucoup de temps au Kenya et en Tanzanie avec les tribus indigènes Massai et Samburu mais aussi dans les forêts indonésiennes. Chacune de ces populations indigènes, possède une harmonie unique avec la nature, ils ont tellement à nous apprendre. »

Une start-up écolo qui n’est pas près de boire la tasse

Au delà des rizières balinaises, l’initiative a séduit plus largement l’Asie du Sud-Est. Des établissements situés en Malaisie, au Cambodge, à Hong Kong et en Thaïlande ont ajouté à leur carte ces jus  qui rendent le monde plus vert que vert. Cette success story ne s’arrête pas là. Depuis peu, Philip s’enthousiasme de l’ouverture d’un nouveau marché : l’Europe. « Un café au Portugal a découvert l’initiative et a souhaité faire partie de l’aventure. J’ai également était contacté par des partenaires en Espagne et très récemment au Danemark. » Des débuts prometteurs pour l’association.

Depuis son lancement en mars 2019, Forest Smoothie a levé 45 millions de roupies. Une cagnotte dédiée à la plantation et la protection des forêts tropicales et reversée à trois

associations : Borneo Nature Fondation, l’école Sekolah Adat Arus Kualan et The Orangutan Project Bukit. Ces organisations patrouillent dans les forêts, plantent, et sensibilisent les enfants indigènes à la reforestation de leur habitat – trop souvent détruits par l’industrie. Et pendant ce temps-là, vous pouvez tranquillement siroter votre smoothie.

La reforestation est l’une des solutions éficaces pour lutter contre les émissions de CO2. La terre disposerait de l’espace nécessaire pour planter 1,2 trillion d’arbres. On parle d’un chiffre à dix-huit zéro. De quoi donner le vertige, non ? Une telle reforestation pourrait absorber dix ans d’émissions de CO2, selon une récente étude de l’université de Zurich.

Pour vous rendre dans l’un des cafés partenaires de Forest Smoothie à Bali : https://www.forestsmoothie.com/cafe-partner 

Jeanne Dauthy

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