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Adventure and Spirit: du canyoning et des projets en cascade

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On connaissait Mika Denissot, le fondateur de l’école de Kite Surf de Sanur (cf. La Gazette n°59 – avril 2010), il faudra maintenant associer son nom au premier centre de canyoning d’Indonésie. Un retour aux sources de sa passion première : les canyons. Il faut dire qu’il est tombé dedans quand il était petit : « Le canyoning, l’escalade, la spéléologie, c’est un héritage sportif de mon père. » Petite précision de taille, son père était secouriste spéléologue dans les gorges du Verdon. Depuis son arrivée à Bali, l’envie d’explorer et de descendre des canyons a toujours été présente. Jusqu’au jour où il se résout à en faire son activité principale, bien décidé à propager sa passion dans l’archipel indonésien. L’idée germe en juillet 2010, mais il faudra attendre avril 2011 pour récolter les premiers fruits, avec l’ouverture officielle de sa PMA : Adventure and Spirit. Il faut dire qu’avant d’ouvrir ce centre, il a fallu former guides et assistants à des règles de sécurité indispensablement très strictes.

En effet, la formation et la sécurité sont au cœur du canyoning. « Il n’y a pas plus sauvage que le canyon, c’est imprévisible, d’un jour à l’autre tout peut changer », nous rappelle ce passionné de sports extrêmes. Car oui, descendre en rappel des cascades de 15 à 130 mètres, où l’on est uniquement retenu à la vie par une corde c’est extrême mais pas suicidaire, la preuve, l’équipe de la Gazette, malgré son inexpérience, en est ressortie indemne. Il faut dire que le fondateur d’Adventure and Spirit ne lésine pas sur la qualité du matériel, en important toutes les meilleures marques françaises (Petzl, Vade Retro, Resurgence, Beal …) et mettant en place un suivi rigoureux de l’état d’usure de son matériel, matériel d’ailleurs soumis aux normes EPI (Equipement de Protection Individuelle), selon les standards des normes européennes en la matière. Pour info, harnais, cordes et mousquetons résistent à un poids de plus de 2 tonnes. Les techniques de l’équipement moderne des canyons sont également de mise, à savoir deux points d’ancrage pour chaque prise et des sorties de secours quand les canyons le permettent. Les guides, en capitaines du canyon, sont tous formés aux premiers secours et accompagnés d’un sac de 10 kg, renfermant le matériel nécessaire en cas de problèmes. Toutes ces mesures font dire à Mika qu’« au niveau de la sécurité, on est hors norme. »

La mise en place de cette sécurité optimale a demandé beaucoup d’investissement en terme de temps et d’argent. Par son réseau, Mika a pu rencontrer Laurent Poublan en janvier 2010 à Bali. Ex-président de la Fédération Française de Spéléologie (qui inclut le canyoning), Laurent Poublan est « la référence mondiale en matière de spéléo et de canyons » affirme Mika. Il est maintenant responsable des formations canyon au sein de l’EFC (Ecole Française de Canyon). Devenus amis et affiliés, ils ont planché sur l’élaboration de formations rigoureuses mais adaptées au contexte local. Mais la véritable entreprise concerne l’équipement d’un canyon. D’abord le dénicher puis l’explorer de fonds en comble presque à l’aveugle. « Quand on rentre dans un canyon, on ne sait jamais quand on va en sortir, donc l’objectif, c’est de sortir rapidement », dixit Mika, quitte à prendre quelques risques… Une fois la topographie relevée, trouver le meilleur point d’entrée et de sortie, puis retourner l’équiper en plantant à la perceuse les prises d’amarrages. Enfin, tester la descente dans différentes conditions météorologiques et avec différentes personnes. Un canyon par mois, tel est le rythme minimum d’ouverture.
En plus d’un investissement en temps conséquent, l’investissement financier s’est rapidement élevé à 2 milliards de roupies. Une tenue complète de guide, coûte 10 millions, 5 à 6 millions pour un client et un simple mousqueton 300 000 Rp. Ajouter à cela, les locaux, les frais d’enregistrement, de personnel ou d’équipement divers… La qualité coûte cher dit-on. Mais cet investissement lourd est nécessaire, dans l’idée de s’inscrire sur le long terme pour « développer un marché local et faire du canyoning un sport indépendant et populaire. » Ce pari semble bien engagé avec une petite équipe dynamique de
10 personnes réparties entre le bureau
et les canyons.

Et la bonne surprise du chef : déjà 40 clients par mois, moitié d’Indonésiens moitié d’étrangers, deux mois seulement après l’ouverture. Notre entrepreneur aventurier songe déjà à ouvrir des canyons sur les îles voisines, à condition de former assez de guides compétents. Mis en contact avec des membres de la FINSPAC (la fédération indonésienne de spéléologie), plusieurs sont intéressés par son projet. Mika table sur l’ouverture de nouveaux canyons non seulement à Bali, mais également à Lombok, à Java (dans le Kawa Ijen notamment), et surtout à Florès. L’île aux fleurs abrite un des canyons les plus aventureux, nécessitant 3 heures d’approche, pour deux jours de descente et s’achevant par une cascade de 130 mètres. Ouverture prévue entre juillet et septembre. Mais le rêve secret que caresse Mika, c’est d’aller taquiner les neiges éternelles du côté de l’Irian Jaya avec ses sommets de plus de 4000 mètres, mais ceci est une autre histoire, que La Gazette vous contera en temps voulu.

Adventure and Spirit
Jl Raya Mas N°62 80 571 Mas – Ubud
Tél : +62 361 971 288
www.adventureandspirit.com

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