A BALI, LE PLASTIQUE N’EST PLUS FANTASTIQUE !

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Jusqu’à la fin 2018, il n’y avait que les activistes de l’environnement qui se démenaient pour essayer de sensibiliser
les consciences et agir face au problème aigu posé par la pollution plastique à Bali. Avec son programme « Bali clean and green », le précédent gouverneur avait beaucoup communiqué et surfé sur la conscience écologique pour se faire réélire mais rien n’avait vraiment avancé. La volonté politique s’est enfin manifestée avec le nouveau gouverneur Koster qui a pris un arrêté pour interdire l’utilisation des sacs plastiques, des pailles et du polystyrène. Force est de constater que depuis janvier, la plupart des magasins et cafés ont manifestement pris la chose au sérieux et proposé des solutions alternatives, et surtout qu’il semble y avoir un changement dans les mentalités à Bali. Tour d’horizon des actions dans les villages, d’opérations menées par des ONG et des mouvements pour se débarrasser petit à petit de ce cancer du plastique qui attente à l’image du paradis touristique de Bali et compromet surtout la survie des générations futures.

ANDRE DENANJAYA ET KOPERNIK, « TROUVER CE QUI FONCTIONNE »

Avant de rejoindre Kopernik, Andre était plus ou moins conscient du problème plastique en Indonésie. C’était quelque chose de vague, dont il ne comprenait réellement ni les tenants, ni les aboutissants. C’est en rejoignant l’ONG en 2017 que le jeune homme spécialisé dans la production vidéo prend réellement conscience des faits. C’est comme pour tout dit-il, « il faut s’éduquer aux choses pour les voir, les comprendre ». Depuis, lui aussi s’est engagé en faveur de la lutte contre le plastique. Une lutte que le spécialiste en communication a décidé d’orienter vers la recherche des alternatives plutôt que le « blaming et le shaming ». À croire que le slogan de Kopernik l’ait convaincu à lui seul : Finding what works (trouver ce qui fonctionne). Une ligne de conduite qui mène désormais à un homme : Gede Robi. Le chanteur de Navicula est devenu récemment l’image emblématique de Kopernik en prêtant son visage au documentaire coproduit par l’ONG, « Pulau Plastik ».

Initialement prévu pour être réalisé sous forme d’une série de 8 épisodes, l’ambition est aujourd’hui d’en faire un documentaire long-métrage avec le groupe de production Visinema Pictures basé à Jakarta. L’objectif de ce documentaire réalisé par Dandhy Laksono, est de viser les populations locales en les confrontant aux réalités du problème plastique et ce, à travers la présence elliptique de Gede Robi. Pour Andre Dananjaya, en charge de la communication autour du documentaire, le poids de Robi est l’argument principal du documentaire. « Il parle à la jeunesse » et c’est à elle que cherche à s’adresser impérativement Pulau Plastik. C’est elle qui tient l’avenir de Bali entre ses mains. Un premier épisode de 24 minutes, sorti en janvier, est le seul disponible actuellement. Il est possible pour tout groupe ou communauté de se le procurer pour le diffuser en contactant Kopernik par email. Le documentaire, basé sur une approche culturelle et sociale cherche à maintenir un fil rouge tout au long des épisodes : le rôle des acteurs traditionnels et spirituels, des gouvernements et de l’art dans la gestion du problème plastique. Si Andre est confiant et peut témoigner de l’évolution des mentalités autour de lui, les avancées sont encore trop timides à son goût. La raison principale demeure à ses yeux politique, il n’y a pas assez de contraintes pesant sur les décisionnaires pour faire avancer les choses « pourtant, s’ils le voulaient, ils le pourraient » ajoute-t-il avant de conclure, « Si vous pouvez plonger Bali dans le sommeil pendant 24 heures (voir la brève sur Nyepi dans l’agenda culturel, ndlr), vous pouvez faire quelque chose pour le plastique».
http://pulauplastik.org

DIDI DARMATOLOGI, UN ARTISTE DU PLASTIQUE AU SEIN DE SON BANJAR
Vivant dans le banjar Ked entre les villages de Tegalalang et de Taro, I Wayan Didi Darmadi a développé une démarche artistique engagée contre le plastique à travers les cérémonies et les événements qui rythment le calendrier hindou. Ayant suivi à plusieurs reprises les classes de « plasticologie » de l’artiste Made Bayak, il a commencé lui aussi à intégrer à la fois le déchet plastique dans ses œuvres et un discours pour en diminuer l’usage. « Mon nom d’artiste, Didi Darmatologi, darma c’est le bien en balinais et logi pour le spécialiste, j’essaie de faire le bien en incitant les gens à réfléchir sur notre mode de vie et les ordures qu’il génère », nous explique-t-il dans un grand sourire. « En vivant dans les hauteurs de Bali, j’ai bien conscience que nos ordures se retrouvent en contrebas dans la mer, charriées par les rivières. On a beau souvent ne pas vouloir regarder par-delà l’horizon de notre banjar, pourtant les ordures continuent leur chemin. » Il réalise en ce moment avec les copains de son banjar un ogoh ogoh dont le concept est que les ordures que nous jetons à nos pieds se transforment en monstre dans notre dos « et c’est la première année que le styrofoam utilisé d’ordinaire pour réaliser nos monstres est enfin interdit dans notre banjar, une bonne chose », souligne-t-il. Tous les 7 mois, à l’occasion des fêtes du temple, il intègre dans le drama gong des éléments pour sensibiliser l’assistance à la pollution par le plastique. « Depuis l’année dernière, il y a enfin la séparation des ordures dans notre village, ajoute-t-il, et une banque d’ordures. Le nouveau chef de village a une bonne vision pour l’avenir, il organise aussi des séances de sensibilisation tous les deux mois pour faire comprendre aux gens tous ces enjeux. On voit bien d’ailleurs que les jeunes sont quand même plus sensibles que les anciens aux problèmes de pollution, et ceux qui vivent en ville plus encore que ceux qui sont restés au village, ils ont plus facilement le réflexe du sac de toile pour faire leurs courses. »

JULIEN GOALABRE, UN FESTIVAL POUR « FAIRE VOIR » LE PLASTIQUE
C’est à l’occasion d’un contrat de volontariat de l’Union Européenne que Julien arrive à Bali en 2014. De la confrontation de ce jeune homme avec le problème plastique va naître le festival «Trashstock Musik Artistik Plastik », un festival mis sur pied pour une raison bien particulière, une raison qui a priori semble anodine : « faire voir le plastique ». Tout simplement. Parce que, comme le martèle Julien, lorsque le plastique est un déchet, on passe au-dessus sans le voir, mais lorsqu’il est tourné en œuvre d’art, il attire le regard. De cette ambition première découle le véritable message, faire prendre conscience de la valeur du plastique. Montrer comme s’il fallait tendre un fil rouge à travers toutes nos interviews qu’un déchet peut avoir une seconde vie, et parfois plus belle encore que la première. C’est ainsi que le festival réunit chaque année à la fin de l’été une demi- douzaine de milliers de personnes autour de thématiques artistiques liées au plastique. Entre les nombreux concerts s’enchaînent les speechs d’information et de sensibilisation, comme une alternance subtile entre les messages implicites de l’art et ceux, plus explicites des orateurs. Des expositions également font voir au public ce qu’un bout de plastique peut devenir avec de la volonté, du talent, et forcément un peu de recyclage. Enfin des ateliers initient à l’art – et c’est le cas de le dire – de la récupération, de la transformation. Julien nous raconte à ce propos une anecdote amusante. « Lors de la dernière édition, un atelier montrait comment faire un panier en sachet de café recyclé, et en fin de soirée ce jour-là, une femme de l’autre côté de la rue arrive avec un panier qu’elle avait tissé elle-même en nous regardant ». L’artisanat, comme l’art est communicatif, le message passe en premier lieu à travers les mains et s’il ne monte pas toujours directement vers les consciences, il demeure quelque part entre les deux. « C’est un travail à long- terme, nous répète Julien fréquemment, un jour tout s’alignera et ça fera tilt ». Pour l’édition de cette année, le créateur de Trashstock pense à quelque chose de nouveau. Un projet en association avec Robi, chanteur du groupe de rock Navicula, est en cours de route. L’idée serait d’embarquer dans un bus un groupe de musique et une exposition ambulante et faire le tour de l’île dans les villages les plus reculés. Un moyen pour Julien et son équipe de toucher un nombre plus large de personnes. Après tout, le problème du plastique, comme l’art, devrait parler à tous.
Plus d’informations sur trashstockbali@gmail.com ou sur Instagram : trashstockbali.

duakala recycle – bali gazette

DUAKALA RECYCLE, L’ENTREPRISE QUI DONNE UNE DEUXIEME VIE AU PLASTIQUE
Dans le local où elles nous reçoivent, Nurvitria et Olivia, les deux Balinaises à l’origine du projet sont assises face à une machine peu commune : une déchiqueteuse à plastique. Depuis juin 2018, date à laquelle Dani, un ami des deux femmes, l’a fabriquée sur le modèle des « precious plastic machines » de Hekkens, cette dernière marche à plein régime. Et pour cause, le plastique ne manque pas sur l’île. En lui donnant une seconde vie (dua kala en indonésien signifie deux moments), Nurvitria et Olivia entendent faire passer un message encore peu évident à Bali : « le plastique a une valeur ». Pour Olivia, qui s’occupe principalement de la partie commerciale, c’est d’ailleurs la prise de conscience de cette valeur économique plus que de la menace écologique qui a fait évoluer les mentalités : « quand ils ont compris qu’ils pouvaient se faire de l’argent, alors ils ont commencé à trier et se sont mis à jeter un peu moins de plastique » avant de conclure « mais si ça peut faire avancer la cause… ». Cette cause, celle sur laquelle repose DuaKala Recycle a pris forme en avril 2018. Nurvitria, en charge de la partie pré-production est alors ingénieure industrielle et jeune maman. Elle se rend compte avec son bébé que sa contribution au problème du plastique est énorme et commence à se demander comment changer les choses. C’est la découverte d’une machine qui déchiquette le pastique et de sa sœur jumelle qui le fait fondre, qui provoque le déclic. Elle s’associe à Olivia et DuaKala Recycle voit le jour. Depuis, ce sont quelques 40 kilos de bouchons en plastiques qui ont été réutilisés. Et de ce processus, les maïeuticiennes du plastique en ont extrait des porte-cartes (produit phare de la compagnie), des dessous de verre ou encore des bijoux… Et parmi les moyens de production les plus insolites, au milieu de l’atelier se trouve… un four de cuisine, que les deux femmes utilisent pour faire fondre les bouts de plastique déchiquetés et fabriquer des feuilles de plastique. C’est avec celles-ci que sont réalisés les boucles d’oreilles, bagues et autres colliers en vente. Si la compagnie est parfois limitée par un manque de moyen évident, le rapport qualité-prix reste le maître mot de la maison qui se veut, selon les propos d’Olivia « mi-business, mi-social ». Une aventure que les deux créatrices de Duakala Recycle entendent partager en collaborant notamment avec des artistes, bijoutiers et autres designers. Objets en vente en ligne sur zerowaste.id ou dans les magasins pasar pasaran à Uma Seminyak, Toko konsep à Ruma Sanur ou encore Upcycle shop à Ubud.
Retrouvez plus d’informations sur la page Instagram : duakala.recycle ou directement à l’atelier, situé à Kesiman, Denpasar.

REFILLMYBOTTLE, LE REMPLISSAGE DE BOUTEILLE QUI ESSAIME DANS LE MONDE
Christine Go ne s’était pas de suite destinée à lier sa profession à ses valeurs. Indonésienne de Java, elle a d’abord travaillé 3 ans au sein d’une banque à Surabaya avant de reprendre ses études et orienter totalement sa vie vers ce qui n’était alors que du volontariat irrégulier : agir pour l’environnement en Indonésie. Si le master qu’elle a suivi en Angleterre concernait de façon générale le changement climatique, son cheval de Troie est bel et bien le plastique, et en particulier, les bouteilles. C’est son mémoire de maîtrise qui est à la base de tout ceci. En travaillant sur les différences de comportement face au plastique, entre un indonésien qui vit en Occident et un autre en Indonésie, elle se rend compte que le problème n’est pas seulement culturel ou intrinsèque aux habitants de l’archipel mais social et matériel. Lorsqu’il vit au sein d’une société sensibilisée et où les solutions existent, un Indonésien n’est pas différent d’un Anglais. Pour Christine Go, le problème vient de là « de l’absence d’alternatives, et bien sûr d’éducation ». C’est pourquoi, dès son retour en Indonésie, elle trouve auprès de RefillMyBottle (dont nous avons parlé dans notre dernière édition) l’opportunité de coupler définitivement son métier à une action utile. Et qui plus est, dans un domaine dont elle est spécialiste. Depuis maintenant plus d’un an, son action auprès du projet communautaire a débouché sur une extension des services à plus de 9 pays différents et à la création de quelques 900 stations de remplissage de bouteille. Mais de son propre aveu, l’ambition est de s’étendre à tous les pays de l’Asie du Sud-Est et trouver des ambassadeurs partout dans le monde. Si le nombre est encore trop petit pour parler de véritable implantation, il faut tout de même préciser que quelques stations sont déjà présentes sur le continent sud-américain, notamment au Brésil. Pour Christine Go la lutte contre le plastique est une mission chevillée au corps. Et comme souvent lorsque l’on donne de sa personne, son effort est communicatif. Elle nous raconte : « l’impact que j’ai ne se limite pas à mon job. Mes amis, ma famille, les personnes que je côtoie ont changées. Quand ils vous voient refuser les pailles dans les restaurants, apporter vos propres boîtes pour les restes et trier vos déchets, à la longue, leurs consciences s’en empreignent». Une prise de conscience dont l’influence ne se limite plus à sa présence mais se nourrit désormais également des discours gouvernementaux et des efforts de la collectivité. « C’est indéniable conclut-elle, des efforts ont été faits ».
https://refillmybottle.com

ANIEK, LE COLIBRI DE KLECUNG
« Je suis née il y a 40 ans à Bali, dans le village de Klecung, non loin de Tabanan. J’ai grandi entre les rizières, l’océan et les volcans, dans un écrin de nature tranquille. A mes 18 ans, je suis partie à Java pour l’université. Je m’y suis mariée et ayant trouvé un boulot de professeur d’anglais, j’y suis restée 25 ans. C’est en 2012, alors que j’étais de passage à Klecung pour visiter ma famille que j’ai réalisé l’ampleur des dégâts que le tourisme causait sur mon île. Ça a été un crève-coeur et, de retour à Java, je me suis prise de passion pour l’éco-tourisme et l’écologie. J’ai commencé par développer à distance un programme de tourisme chez l’habitant dans mon village, c’était pour moi la seule solution pour que les villageois ne vendent pas leurs terres aux promoteurs immobiliers qui lorgnaient dessus. C’était en 2014. Je faisais l’aller-retour chaque semaine, pour aider au développement.

Ça a duré 4 ans et en 2018, je suis définitivement retournée dans le village de mon enfance. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’intéresser à la question du plastique. Ça part d’une idée assez bête mais qui a marché pour que les villageois prennent conscience de la valeur de leurs terres, il fallait qu’ils les trouvent belles. Plus que les liasses de roupies que leur faisaient miroiter les promoteurs qui voulaient construire de grands resorts sur la côte. Alors on a commencé à nettoyer les plages, les rues, les rizières. Et petit à petit, les effets de la propreté, couplés aux revenus des « homestays » chez l’habitant ont satisfait les villageois. Mais s’il y avait du mieux, c’était loin d’être parfait. Les gens de recyclent pas, ne trient pas leur déchets. Heureusement, j’avais une arme pour les convaincre, une arme d’un gramme et demi : une pépite d’or pur acquise grâce à l’argent des bank sampah (banque de déchets). Dès lors qu’ils ont compris qu’il y avait de l’argent à se faire, ils se sont tous mis à trier leurs ordures. Un vrai miracle. Pour les aider, on a construit des poubelles de tri portatives. Avec un sac pour les matières organiques et un autre pour le plastique. L’avantage principal, c’est qu’on peut maintenant les apporter devant les temples lors des grosses cérémonies, et à la fin de la journée, le sol ne ressemble plus à une poubelle à ciel ouvert, tout est propre, et tout est trié. Et puis il y a également les pailles en bambou et notre partenariat naissant avec RefillMyBottle pour devenir une station de remplissage. Le plus dur était de faire changer le village de point de vue, maintenant, j’ai bon espoir que les changements ne s’arrêteront pas là. »

PLASTIK DETOX, INCITER LES PETITES ENTREPRISES A REDUIRE LEUR USAGE DU PLASTIQUE
C’est à Sanur que cette initiative a commencé en 2012 avec l’idée d’aider les warung, les restaurants et les bars à réduire l’usage des pailles et des sacs plastiques et du polystyrène, nous raconte la coordinatrice de ce mouvement, Luh de Dwi Jayanthi, une Balinaise de 25 ans. Cette jeune activiste, qui s’est formée à la chimie tout en rêvant de devenir journaliste, a été recrutée en 2016 pour coordonner les actions et aider les 21 membres de ce mouvement à améliorer leurs pratiques. « Depuis le début, on a proposé aux entreprises qui voulaient adhérer à notre mouvement Plastik Detox de sensibiliser leur personnel », explique-t-elle, « comment par exemple faire face à des clients qui exigent une paille pour leur boisson. Dans un deuxième temps, on leur fournit tous les éléments graphiques pour faire la promotion de leur action, les cartes de visite, leurs menus, etc. Et le troisième volet de notre action, c’est bien sûr le consulting en éco-alternatives, par quoi remplacer les pailles si elles sont vraiment indispensables… » Plastik Detox a été invité comme nombre d’associations écologiques par le gouverneur en 2018 à participer à des tables rondes pour réduire l’usage du plastique à Bali et le mouvement a eu la belle surprise de voir que depuis le 1er janvier 2019, le gouverneur a emboité le pas de leur action en incitant les commerces de Bali à bannir les pailles, les sacs et le polystyrène (styrofoam). Depuis l’an dernier, Plastik Detox mène un autre combat auprès des commerçants et des clients qui fréquentent le marché du dimanche de Sanur qui se tient tous les 4èmes dimanches du mois. « On a convaincu les gens de ne plus vendre d’Aqua en bouteille, on fournit de l’eau avec des galons à filtre Nazava  et les clients paient par donation. Pour éviter d’utiliser des couverts, des assiettes et des verres jetables comme ça se faisait jusqu’à présent, on prête moyennant une caution de 10 000 roupies, un set en inox que les clients nous restituent à la fin. On a appelé ce service de prêt de vaisselle en inox Taksu (inspiration divine en balinais) pour Take, Use and Return, on compte le proposer moyennant une participation minimale pour tous les événements de Bali où il y a du catering, ça sera peut-être une bonne idée aussi pour financer notre mouvement et le rendre indépendant de ses généreux donateurs. »
Plastikdetox.com

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