18 MOIS DE PRISON POUR S’ETRE PLAINTE DU VOLUME SONORE DE LA MOSQUEE

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La Cour suprême d’Indonésie a confirmé un verdict de blasphème contre une femme bouddhiste condamnée pour s’être plainte du volume de l’adhan (appel à la prière).

Le cas de Meiliana remonte à 2016 lorsqu’elle aurait dit qu’un adhan était « trop fort » et lui « blessait » les oreilles. Elle est la première personne à être condamnée à la prison pour s’être plainte du volume des haut-parleurs d’une mosquée.

Elle a demandé à une voisine de baisser le volume des haut-parleurs, mais son commentaire privé est devenu public. Des rumeurs se sont rapidement répandues selon lesquelles une femme d’origine chinoise voulait « interdire l’adhan ». L’effet boule de neige a déclenché une émeute, plusieurs temples bouddhistes ont été brûlés et détruits.

Dans une décision datée du 27 mars et affichée sur le site de la Cour lundi, l’appel de Meiliana, une femme d’origine chinoise résidant à Tanjung Balai, Sumatra-Nord, a été rejeté. Sa peine de prison de 18 mois a été confirmée.

Le porte-parole de la Cour suprême, Abdullah, a soutenu la décision de la Cour, bien qu’il ait déclaré qu’il ne connaissait pas encore les considérations des juges dans cette affaire.

Il a ajouté que la procédure n’était pas encore terminée.

L’avocat de Meiliana, Ranto Sibarani, s’est dit surpris par la décision du tribunal. « Nous ne comprenons pas le raisonnement », a déclaré Ranto au Jakarta Post lundi, affirmant qu’il n’y avait aucune preuve qu’elle avait commis un blasphème ou tenté d’interdire l’appel à la prière. 

Le directeur exécutif d’Amnesty International Indonésie, Usman Hamid, a déclaré que la décision était décevante, mais qu’il avait anticipé le résultat, car aucune personne accusée de blasphème en Indonésie n’a jamais été acquittée. « Nous voyons toujours dans une affaire de blasphème en Indonésie, comme dans le cas de Meiliana, que la pression des masses détermine le cours du jugement », a dit M. Usman.

L’une des victimes les plus en vue de cette loi draconienne à ce jour est l’ancien gouverneur de Jakarta, Basuki Tjahaja Purnama, chrétien d’origine chinoise, condamné à la prison pour blasphème à la suite d’une série de rassemblements sectaires organisés par des conservateurs musulmans.

1 COMMENTAIRE

  1. Blasphème ou non, ces lois ancestrales régis par des fanatiques ne vont pas de paire avec la soit-disant démocratie de la République Indonésienne.
    Malheureusement, il n’existe pas de loi contre ces memes fanatiques qui assassinent des fidèles, brûlent et détruisent des églises de religion catholique.
    On trouve celà tout à fait normal.

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