Une perle rare d’entreprise marine et ecolo

PARTAGER SUR

La passion de la mer, trois ans d’étude de biologie marine et un tour de table d’investisseurs, voilà tout ce dont a eu besoin David Schonell pour démarrer une ferme perlière aux modes de production exemplaires sur la côte ouest de Bali. « J’ai choisi ce site à cause de la qualité de l’eau, de son plancton d’excellente qualité et de la population d’huîtres autochtones », explique ce biologiste originaire de Perth. Localisée sur un site marin de 200 hectares en bordure du parc national de Bali, la ferme perlière de David emploie plus de 60 personnes. Géré à l’australienne, l’espace de 5000 m2, parfaitement autonome avec ses logements et sa cantine, est d’une propreté remarquable. On y trie les déchets et, malgré quelques fumeurs parmi le personnel, on ne voit traîner aucun mégot. Les premières pluies de la mousson apportent bien des détritus chaque année mais « le milieu est ici encore assez bien conservé », confirme David.

Pour ce biologiste marin diplômé en aquaculture, pas question de faire de l’argent au détriment de l’environnement. S’il a choisi Bali pour travailler et vivre avec son épouse et ses deux enfants, c’est à condition d’en respecter la nature extraordinaire. Une préoccupation qui se fait rare aujourd’hui parmi les entrepreneurs, où, entre les marchands de meubles, les promoteurs de villas et les exploitants de terrains de golf, on semble n’avoir que faire de l’impact de son activité sur l’environnement pourvu que l’argent rentre dans les caisses. Et pourtant, la ferme perlière PT Ocean Blue Mutiara est une société hautement profitable. « L’investissement est de 10 à 15 dollars par perle et en rapporte jusqu’à 60 », explique David qui vend l’essentiel de sa production par l’intermédiaire d’un agent à Sydney. Avec une production annuelle qui a déjà atteint les 25 000 exemplaires, et qui pourrait quadrupler rapidement, le calcul est vite fait. L’entreprise de David Schonell, lié à l’univers du luxe, est très lucrative.

Démarrée il y a seulement trois ans, la ferme regroupe sur place toutes les activités nécessaires à la production, même si, comme le précise David, « une nurserie existe à Amed et bientôt une autre à Sumbawa ». Il explique le processus : des larves sont sélectionnées et surveillées dans un laboratoire pendant 35 jours avant d’être immergées dans le parc marin à une profondeur variant jusqu’à 5 mètres. Les huîtres, accrochées à des racks, vont y rester 18 mois, pendant lesquels, régulièrement lavées et sélectionnées en fonction de leur croissance et de leur forme, elles vont attendre la période propice à la greffe. L’opération se déroule dans un local spécial où huit techniciens insèrent à longueur de journée un petit noyau calcaire doublé d’un morceau de coquille qui déterminera la couleur. Les mollusques vont ensuite retourner en mer pour une autre période de 18 mois avant la récolte, pendant laquelle on surveille la croissance de la protubérance au rayon X à intervalles réguliers.

Chaque perle est unique. « Une belle perle est comme un miroir, on se voit dedans, la surface est propre et la forme parfaitement ronde », explique le patron de PT Ocean Blue Mutiara. Les dorées sont les plus prisées, avant les blanches qui sont les plus répandues, représentant l’essentiel du marché dans le monde, mais des perles nuancées de vert, de bleu, de noir ou de rose ont également leur place sur les présentoirs. Conscient que le marché local peut servir de vitrine à sa production, David Schonell vient de lancer sa propre ligne de bijoux sous la marque Aurora South Sea Pearls, que l’on trouve déjà à Nusa Dua et à Jakarta. Un simple exercice pour l’instant mais il espère s’y consacrer plus sérieusement à partir de 2009. On le voit, la passion, une bonne dose de savoir et une éthique irréprochable sont les qualités qui ont prévalu à la croissance ultra rapide de cette entreprise positionnée sur le marché du luxe. De quoi faire réfléchir tous ceux qui sont aujourd’hui à Bali à la recherche d’un « retour rapide sur investissement » et sur les moyens d’y parvenir…

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE