Luna Maya et Cut Tari : deux façons de demander pardon

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Le grand scandale soigneusement orchestré de la première vidéo porno de célébrités depuis que la nouvelle loi anti- porno est passée n’en finit plus d’en finir. Au risque même de lasser le public avide de sensationnel pour qui ce grand
show semble organisé depuis le début. On ne sait plus très bien s’il s’agit avant tout de satisfaire le lobby conservateur, essentiellement les organisations musulmanes qui ont poussé très fort pour cette loi ou bien de donner du spectaculaire au peuple à travers les magazines « pipole » et de faire ainsi de l’audience… et de l’argent. Reste que les deux protagonistes féminines de l’histoire, Luna Maya et Cut Tari, sont passées aux excuses publiques, chacune flanquée de son avocat-vedette, en récitant devant les caméras un texte quasi similaire.

Les deux jeunes femmes se sont toutefois livrées à cet exercice de façon bien différente. Si Cut Tari, originaire de la province d’Aceh où la loi islamique est en vigueur, a donné un show médiatique larmoyant à souhait, l’« Indo » Luna Maya (à moitié autrichienne pour être précis) a récité son texte avec un ton relevé et provocateur, bien loin des convenances en vigueur ici. Alors que Cut Tari, qui a délaissé ses tenues ultra moulantes depuis le début du scandale, retrouvant même l’usage du « kerudung », demandait pardon entre deux sanglots « au gouvernement indonésien pour avoir semé l’embarras au sein de la société », l’autre prononçait la même phrase avec un détachement impoli et un regard effronté. Cela n’a pas échappé au téléspectateur de l’émission « Suara Anda » sur Métro TV (cf. La Gazette de Bali n° 49 – juin 2009) invité à commenter l’événement. « On remarque que Cut Tari est sincère dans ses excuses, par contre Luna Maya, son ton ne va pas », a-t-il tranché. Sans doute rôdé au jeu d’acteur ô combien subtil des stars de sinetron, le téléspectateur lambda est donc prêt à pardonner à la pécheresse qui en fait des tonnes, mais pas à celle qui doute ouvertement de cette grande farce à l’indonésienne. Car enfin, à la question de savoir si c’est au gouvernement de légiférer sur ce qui se passe dans les chambres à coucher du pays, ce débat mort-né, la réponse semble acquise aujourd’hui : c’est oui, sans l’ombre d’un doute. Dans cette démocratie indonésienne, les ligues bien pensantes sont déjà dans votre lit.

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